Témoignage de Vie / Merci Sœur Marie-Aloysia pour votre vie

soeur Aloysia
Née Albertine Hoerner à Pontpierre, le 25 mai 1914, Sœur Marie-Aloysia avait un frère et deux sœurs. Elle est toujours restée très attachée à sa famille, qui le lui rendait bien. Ayant connu les Sœurs de Sainte-Chrétienne à Saint-Avold, Albertine entre à 16 ans au scolasticat du Sablon qui est alors une Ecole Normale. Elle y obtient le brevet supérieur, mais au cours de ses études, elle connaît l’épreuve de perdre ses parents.

Entrée au noviciat, elle fait profession le 8 septembre 1937, et part à l’Université de Nancy. En 1939, elle obtient la licence de sciences physiques et chimie. Bientôt, la guerre éclate ; c’est l’Evacuation. Après un cours séjour à Ainay-le-Vieil, Sœur Marie-Aloysia arrive à Lectoure, dans le Gers, où elle enseigne jusqu’en 1948.

Elle est ensuite envoyée à Sarreguemines où elle enseigne et assure la direction du Pensionnat qui est alors dans un triste état après les sévices de la guerre. La remise en état lui incombe et elle s’en tire fort bien. D’ailleurs toutes ses anciennes élèves et enseignantes gardent d’elle un souvenir ému pour sa compétence et son rayonnement. C’est au cours d’une grande retraite, en 1958, qu’elle notait : « Il n’y a pas de plus grande joie ici-bas que d’être choisie par Notre-Seigneur pour coopérer avec lui à l’œuvre du salut. »

En 1968, elle quitte Sarreguemines, où elle aura passé vingt années des plus fructueuses, et elle se voit confier la direction du Pensionnat Saint-Vincent à Metz. Puis, en 1974, elle sera maîtresse de l’internat de Saint-Gengoulf (dont les locaux sont au Sablon), tout en enseignant à Saint-Gengoulf (au centre-ville, près de l’Evêché).

Vient le moment de prendre sa retraite professionnelle. Elle est nommée Supérieure à Rémilly, jusqu’au transfert de cette maison à Metz. A la Maison-Mère, elle assure alors des travaux de secrétariat… avant de repartir à Sarreguemines où elle s’efforce de rendre tous les services dont elle se sent encore capable. En 1995, elle entre définitivement à la Maison de Retraite du Sablon.

Tout au long de son itinéraire, à travers des situations bien diverses, Sœur Marie-Aloysia a toujours été une religieuse qui a marqué son entourage par sa douceur, sa bonté, son grand cœur et sa ténacité. Son beau visage reflétait sa bonté naturelle. Sa personnalité était très marquée, mais ses réactions vives étaient toujours suivies d’un beau sourire. Elle avait beaucoup d’humour, était un tantinet filou et douée d’un vrai talent pour raconter des histoires drôles.

Sœur Marie-Aloysia était très cultivée, elle lisait beaucoup. Quoique très instruite, elle n’en faisait point étalage. Ses Sœurs appréciaient aussi sa discrétion, son attention aux autres. Elle savait valoriser ses élèves, ses consoeurs, apporter un soutien discret et affectueux lorsqu’elle devinait une souffrance.

Sœur Marie-Aloysia était une femme de prière à laquelle elle accordait une grande place. Sa foi était profonde, et elle la voulait éclairée. Elle n’a jamais cessé de l’approfondir. La lecture spirituelle tenait une place importante dans sa vie.

En 2007, lorsqu’elle a fêté ses 70 ans de vie religieuse, Sœur Marie-Aloysia a eu la joie d’être très entourée par ses Sœurs, ses amis, sa famille et tout le personnel de la maison du Sablon. L’âge avançant, sa santé se mit à décliner. Hémiplégique, privée de parole, il lui arrivait pourtant d’avoir un beau sourire et regarder intensément ses visiteurs. Elle s’est éteinte très paisiblement le samedi 20 septembre 2008.

Prière de Sœur Marie-Aloysia  

JE VEUX TE DIRE MERCI
 
Seigneur, à la fin de ma vie, je veux te dire encore merci.
Oui, merci pour tes bontés sans nombre,
 pour ton indulgence sans limites,
pour ton amour sans pareil.
 
Je te rends grâces de m’avoir donné
dans l’épreuve et la souffrance
ta force et ton appui.
Et ta présence rassurante, au jour le jour,
m’a permis d’espérer,
et de ne jamais t’oublier.
 
La vie est le plus grand don de tes biens,
et je sais que c’est de Toi qu’elle vient.
Je la tenais tout entière au creux de ma main,
alors que, doucement, elle est partie vers sa fin.

Comme une coupe je lève mes mains vers Toi,
pour te l’offrir, cette vie
que tu m’as donnée,
avec ce qu’elle a eu de bon et de moins bon,
avec ses élans de générosité,
ses moments de faiblesse,
et ses déceptions aussi.

Je te remercie surtout de la paix et de l’amitié
qu’avec moi tu veux bien partager.
 
Merci aussi de la joyeuse espérance
que j’ai toujours eue, de te voir un jour.
A présent, c’est chose faite,
tu m’as dit : »Viens, je t’attends ! »
Et nous ne sommes plus qu’un
dans cette nouvelle vie qui n’aura pas de fin.
 
Seigneur, c’est avec joie
que j’accueille cette nouveauté et le bonheur
que tu me donnes à présent,
dans la grande fête de l’éternité.

Photo et texte Joseph Klein

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