Méditation
Edmar de Cantorbury.
Marie pleine de grâce
La conception de Marie fut comme le fondement où a germé la
cité
, demeure du souverain Bien ;
en elle se préparaient la maison de la
lumière éternelle
et le temple où habiterait corporellement L’Esprit incorporel
et sans limite
qui crée tous les êtres en même temps qu’il les vivifie.
Au moment où cette Vierge, digne d’enfanter un tel Fils,
fut
conçue dans le sein de sa mère
comment pourrait-on croire que la sagesse
divine,
qui déploie sa force d’un bout à
l’autre de l’univers ( Sg 8,1),
qui remplit tout et gouverne tout ,
n’a pas
inondé le ciel, la terre et tout ce qu’ils contiennent d’une joie nouvelle et ineffable ?
Si l’ange qui est venu annoncer la naissance de Jean
Baptiste dit qu’il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère( Lc
1,15),
qui oserait dire que la
Vierge,
arche d’alliance de tous les siècles et très doux
berceau du Fils unique de Dieu tout puissant,
fut privée,
à l’instant même de
sa conception, de la grâce et de la lumière du Saint Esprit ?
Selon le vrai témoignage de l’Ecriture,
là où est l’Esprit
de Dieu, là aussi est la liberté (2Co3,17).
Elle fut donc libre de l’esclavage
de tout péché,
celle qui,
par la présence
et l’action du Saint Esprit,
devenait le palais
où le Christ en personne allait
assumer la nature humaine.