Historique de l'église du Sacré Coeur

Dès la fin du 19ème siècle, l’expansion des Faïenceries de Sarreguemines engendra la prospérité et de fait une augmentation conséquente de la population sarregueminoise. De même la vie religieuse connut un grand épanouissement et la fréquentation des fidèles dans l’unique église paroissiale existante (St Nicolas) alerta dès 1865 Monseigneur Paul Georges Marie Dupont des Loges, Evêque de Metz. Il souhaitait dès lors, la construction d’une deuxième église et la création d’une deuxième paroisse catholique sur la rive droite de la Sarre.

L’église St Nicolas devenant trop petite, il fallut attendre plus de 30 ans avant que le Premier Magistrat de la commune J.G. Von Loeper n’évoque en 1899 la vraie nécessité d’édifier une deuxième église catholique.

L’influence de la Première guerre mondiale, les choix non aboutis de l’emplacement de l’édifice, les projets architecturaux et leurs financements firent somnoler le projet jusqu’au 13 octobre 1922, date à laquelle le Conseil Municipal approuva officiellement la construction.

Pour faire aboutir le projet de construction, Monseigneur Jean-Baptiste Pelt nomma en 1924 Monsieur l’Abbé Louis Pirus originaire de Kemplich à la cure de Sarreguemines comme Archiprêtre. Le 15 novembre 1924 fut signée la convention entre la ville et la paroisse Saint-Nicolas. La ville cédait au Conseil de Fabrique la jouissance pleine et entière de l’hôtel des archives (ex-casino des Officiers Allemands de la garnisons des Chevaux Légers) ainsi que du terrain y attenant.

Monsieur le Curé Archiprêtre Pirus fit installer dans la salle des fêtes -de l’ancien hôtel, une chapelle, qui fût ouverte au culte par arrêté gouvernemental le 27 juin 1925. Le 30 juin 1925, son Excellence Monseigneur Pelt bénit cette chapelle auxiliaire publique dédiée au Sacré-Cœur de Jésus et le 1er juillet y fut célébrée la première messe.

Projet de construction période 1926 – 1929

A l’instigation de Monsieur le Curé Archiprêtre, les architectes Jules Criqui et Henri Schmitt exécutèrent entre 1925 et 1929 plusieurs avant-projets de construction.

Eglise Sacré Coeur

Le 12 octobre 1928, l’architecte Criqui proposa au Conseil Municipal un avant-projet qualifié de très simple, composé d’une nef de 30 m de long, d’un transept de 33 m de large et de 23 m de haut.Les deux tours seraient élevées sur les premières travées des bas côtés. Il fût rejeté par le Conseil Municipal.

Après l’avoir soumis au Préfet qui approuva cette esquisse avec quelques remarques ; l’architecte proposa un projet plus élaboré qui reçu l’accord de la Municipalité. Le 14 novembre 1930 fût déposé le plan définitif de la première tranche de la nouvelle église de style néogothique. Le 1er septembre 1931, le Préfet de la Moselle accepta définitivement le projet de construction.

Début des travaux de construction

Les travaux de fondation exécutés par l’entreprise Nicolas Dietsch débutèrent le 19 décembre 1932. Son Excellence Monseigneur Jean-Baptiste Pelt, Evêque de Metz, posa la première pierre le 7 mai 1933. Dans la première pierre fut enfermé le parchemin traditionnel de fondation dessiné par l’historien Jacques Touba, curé de Zetting et signé par Monseigneur Pelt, Jules Criqui architecte de Nancy, Henri Schmitt architecte de la ville et Monsieur Alfred Dietsch entrepreneur.

Eglise Sacré Coeur

« L’an mil neuf cent trente trois, le sept mai, a été solennellement bénie cette pierre angulaire de l’église à dédier au Sacré-Cœur de Jésus par l’Illustrissime et Révérendissime Père dans le Christ Monseigneur Jean Baptiste Pelt, évêque de Metz, en présence d’un nombreux clergé et de peuple parmi lesquels ces honorables Messieurs soussignés : Henri Nominé, maire de la ville de Sarreguemines. Louis Pirus, chanoine honoraire, curé de l’église Saint Nicolas. Eugène Muller, président du conseil de fabrique de cette église. Louis Hahn, trésorier de ladite fabrique. Jules Criqui et Henri Schmitt, architectes. Alfred Dietsch, entrepreneur. Cette nouvelle maison de Dieu est construite avec les fonds de la Commune, les subsides de la fabrique d’église, le don gracieux et remarquable du chanoine Alexandre Gangloff, et l’aide de la grâce du Tout-Puissant. »

La nouvelle église de style néogothique fut édifiée sur fondations de moellons de pays hourdés au ciment de laitier ; les murs en élévation également du niveau du sol à l’arasement des toitures et à la corniche extérieure. Les arcs, douelles et sommiers portant départ de plusieurs arcs sont réalisées en grès gris de Saverne ainsi que les appuis, jambages, les lancers, les arcs et les meneaux. Les crépis intérieurs sont exécutés au mortier de chaux, le dallage est en mosaïque poli semi-granitaux et marbre.

Sacré Coeur

Les grands arcs ferme de transept, les semi-arêtiers, les contre-fiches et échasses de contreventement pour le pignon ainsi que les pannes sont en béton armé. La charpente est réalisée en bois de sapins et la couverture en ardoises d’Angers Trélazé N° 8. Les voûtes intérieures sont construites en briques creuses ravalées à l’intrados d’un enduit simili pierre appareillé avec joints incrustés. Elles furent réalisées par l’entreprise Paul Veau à Lamotte Beuvron, Loir et cher (surface 1131,5 m²).

Les arcs doubleaux, les nervures, les éperons de butés, les paillasses horizontales, les colonnes et pilastres et les chapiteaux sont construits en briques creuses avec ravalement simili pierre.

A l’origine toute la vitrerie était constituée de verre cathédrale posé sur châssis pour recevoir ultérieurement les vitraux.Toutes les portes et parties sont exécutés en bois de chêne. Les dimensions de cet édifice était à l’origine de 56m60 de long sur 36m40 de large et pouvait contenir environ 1000 fidèles.

Le devis des deux tours s’élevant à 1800000 F, le curé constructeur à son vif regret ne crut pouvoir faire édifier celles-ci alors que les travaux des fondations étaient engagés depuis le 13 janvier 1934. Il regretta son manque de hardiesse quelque temps plus tard. Pour cette raison, l’église du Sacré-Cœur restera définitivement inachevée.

Conséquences et dommages de la deuxième guerre mondiale et reconstruction

Du 2 septembre 1939 au 15 septembre 1940, ainsi que le reconnaît le décret de prise en charge des dommages de guerre 47-I.103 du 14 juin 1947, la population de Sarreguemines fut l’objet d’une mesure d’évacuation. Durant cette période on n’enregistre cependant que de faibles pillages, car l’essentiel des dommages résultent des bombardements qui ont touché l’église en 1944-45 et à la suite desquels les voûtes s’effondrèrent causant la destruction du mobilier demeuré en place, et en particulier le contenu de la nef. Préalablement à l’effondrement il faut noter que rien ne put être sauvé, car l’Eglise menaçait ruine, et il était strictement interdit d’y pénétrer.

En plus de l’effondrement des voûtes, le transept de droite fut complètement détruit laissant un trou béant ; la statue de St Joseph avait été à demi scalpé par un éclat d’obus. Les vitraux déjà installés et en particulier celui se trouvant derrière le Sacré-Cœur intitulé « Apparition du Sacré-Cœur à Ste Marguerite-Marie » jonchait le sol. La statue du Sacré-Cœur ne fut pas touchée par ces dégradations. Les deux ambons en marbre St Pierre et St Paul ainsi que le banc de communion ont également été notoirement endommagés. L’autel en marbre St Joseph était irrécupérable ainsi que deux harmoniums, tout le mobilier meublant ainsi que le chauffage.

Rosace

L’ensemble des travaux de reconstruction, d’étanchement, de réparation firent l’objet d’une réquisition de paiement d’un montant de 5413000 F au titre des dommages de guerre le 21 mars 1951. De plus, les dommages survenus aux éléments d’exploitation de la Fabrique de l’église furent estimés à 1264230 F, quelques années plus tard le 22 janvier 1957.La restauration de l’église permis sa réouverture au culte, le 12 septembre 1948. Le casino des officiers servant de lieu de culte provisoire jusqu’à cette date.

Les travaux de reconstruction, d’étanchement et de réparation furent entrepris dès le printemps 1945 ( facture Dietsch du 16 Avril 1945), de plus on note le remplacement du chauffage au charbon par une chaudière au mazout.Enfin, dernière phase de reconstruction, la réfection du sol en marbre s’échelonnera de 1960 à février 1964.


Cette cathédrale, 

ce grand massif large et long regardez bien, 

c’est un bateau. 

Quelle solidité ! 

Sur l’inspiration de quel charpentier a-t-il été mis en chantier ? 

Quel souffle puissant faut-il pour le faire avancer ? 

Ce qui est sûr : 

Avec une telle armature,

il ne craint pas les abîmes et aucun écueil ne saurait le fracasser. 

La proue est orientée vers le soleil qui se lève : ce vaisseau-là ne s’égarera pas ! 

Aucun brouillard, aucun fardeau ne l’engloutira et les eaux de la mort ne pourront l’atteindre ! 

Il est vigoureusement charpenté et si vaste. 

Il est bâti pour affronter les vagues et même les lames de fond !


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