Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

parole offerte > recollection  être chrétien aujourd'hui  

Recollection  du 28 octobre 2006-10-30 au couvent du Blauberg à l’intention de la communauté de paroisses de Sarreguemines

Cette journée de retraite, journée pour Dieu et pour l’Eglise est vécue en compagnie de notre père évêque Monseigneur  Pierre Raffin dans le cadre de sa visite pastorale.

L’articulation de la journée se fait entre un  temps d’enseignement, un temps de méditation et celui du partage, le tout clôturé par la  célébration de l’Eucharistie à l’église Saint Nicolas.

 

« Etre chrétien aujourd’hui » Enseignement donné par Monseigneur Pierre Raffin

1) Qu’est- ce qu’un chrétien ? C’est un croyant, donc quelqu’un qui a la foi, cela est d’ailleurs la première question que l’Eglise pose au catéchumène « Que demandez – vous ? la foi . Pourquoi ? - pour avoir la vie éternelle.
D’ailleurs on retrouve chez Paul cette même affirmation « je sais en qui j’ai mis la foi.. »
Alors la foi ?  est une adhésion personnelle à Dieu , un assentiment libre et intelligent que Dieu a révélé et qui a pris visage humain en Jésus.
Croire à Dieu est lié à croire à son fils qui nous le fait connaître. Et enfin on ne peut pas croire sans croire à l’Esprit Saint.
Jésus personnage historique est bien différent de Jésus, seigneur de nos vies.



2) Quelles sont les caractéristiques de la foi ?

  Elle est don de Dieu, elle est une vertu surnaturelle infusée par Dieu. Nul ne peut la donner. On peut préparer le terrain  mais on ne peut pas contraindre à la foi. 

 Croire est un acte authentiquement humain, l’homme collabore volontairement et librement. 

Ce qui me pousse à cet acte de croire n’est pas seulement une déduction rationnelle mais une action  de Dieu. L’Esprit Saint me révèle des signes certains , des motifs de crédibilité mais ce ne sont pas  les preuves qui me font croire mais bien l’autorité de Dieu. 

La foi cherche à comprendre. Elle est en recherche d’intelligence. Le désir de mieux connaître grandit la foi. Une foi plus grande s’embrase d’amour et c’est l’Esprit Saint qui rend la foi plus grande. 

Foi et Raison ? Il n’y a pas de vrai désaccord entre les deux. Dieu ne peut se nier lui-même. Les deux notions s’épaulent l’une l’autre. Jean Paul II les compare à deux ailes qui soutiennent le vol. Alors n’ayons pas peur de faire travailler notre raison par peur de déstabiliser notre foi

La liberté de la foi. Volontaire et libre personne ne doit être contraint. Dans ce domaine l’Eglise il faut le reconnaître n’a pas toujours été impeccable .Je ne pense pas seulement
à  la contrainte brutale et délibérée  mais il existe une contrainte plus perverse surtout liée à l’avantage d’un statut social plus haut. 

La foi est nécessaire pour avoir le salut ; c’est la voie normale mais tout homme qui suit sa conscience, par la miséricorde de Dieu peut atteindre le salut.
 

La foi peut se perdre, elle s’étiole si nous ne la nourrissons pas par la Parole et les sacrements. Je m’inscris en faux  lorsqu’on dit «  je suis croyant mais non pratiquant » c’est un sophisme d’affirmer cela. Mais il faut aussi prendre conscience que Dieu agit et pourvoit lorsque la situation n’est plus normale.
La foi est le début de la vie éternelle, sa joie et sa lumière sont béatifiques



3) Nous croyons
 

On ne peut pas croire seul. Nul ne s’est donné la foi comme personne ne se donne la vie.
Chacun est un maillon. Lorsque je dis « je crois » je porte la foi des autres et je suis porté par celle des autres et de toute l’Eglise. Par conséquent l’Eglise nous porte, elle devient donc notre mère et éducatrice de notre foi.




4) Référons nous maintenant au comment la vivre et pour cela il faut se reporter à la première Eglise qui est la référence pour l’Eglise de tous les temps. Les textes fondateurs sont les textes des Actes des Apôtres.

Chapitre 2 versets 42 à 47

Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.
La crainte s'emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. 
Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. 
Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.
Ils étaient chaque jour tous ensembles assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur,
louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés.

Chapitre 4 versets 32 à 35
 

La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un coeur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux.
Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous.
Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, 
et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin.

 

Tous les renouveaux qui ont eu lieu dans l’Eglise se sont appuyés sur ces textes et ils gardent encore toute leur actualité. Cette dimension idéale dictée par l’Esprit Saint aux premières communautés  « un seul coeur, une seule âme » donne une dimension essentielle et fait souvent cruellement défaut aujourd’hui. La communauté chrétienne n’est pas une communauté de membres qui se choisissent eux mêmes ; il n’y a pas de cooptation. La mise en commun des biens matériels et spirituels implique le partage comme dimension de notre vie chrétienne






Les axes de la vie communautaire

L’assiduité à la communion fraternelle se rappelle dans l’encyclique Lumen gentium

« ...Tous les fidèles donc sont invités - et même tenus - à rechercher la sainteté et la
perfection de leur état. A cette fin, qu'ils s'efforcent d'orienter leurs tendances dans la voie droite, de peur que l'usage des choses de ce monde et un attachement aux richesses contraire à l'esprit de la pauvreté évangélique n'entravent chez eux la poursuite de la charité parfaite.... »
 

L’assiduité à rompre le pain donc de l’Eucharistie : geste utilisé par Jésus Christ la veille de sa passion, geste de reconnaissance des disciples d’Emmaüs et des premières communautés chrétiennes, élément constitutif de la vie chrétienne ; se pose alors le problème du nombre de prêtres et des formes de suppléance comme les Adap.
 

L’assiduité aux prières : il faut savoir que les premiers disciple sont d’origine juive , qu’ils allaient au Temple pour prier, la plupart du temps à la neuvième heure càd en milieu d’après midi. De là découle notre prière des Heures (vêpres, complies, laudes)

Il est regrettable que de nombreux chrétiens ne connaissent plus que l’Eucharistie. La liturgie des Heures peut nourrir la foi des chrétiens.
 

La mise en commun des biens matériels en faveur des personnes dans le besoin et l’organisation par les sept diacres montre que la générosité fait partie intégrante de la vie . Le chrétien se doit d’être généreux envers autrui et aussi au sein même de l’Eglise.  

La force du rayonnement trouve sa force dans la vie communautaire,la catéchèse rayonne de la présence du Seigneur.

 

 5) Proposer la foi à la société actuelle.

 Si nous rappelons la lettre des évêques de France de 1996 nous voyons que le texte n’a pas pris une seule ride.

Face à la déprime, il s’agit de dépasser la culpabilité ou les rêves d’antan, de comprendre la situation des catholiques qui s’inscrit dans un contexte plus large de mutation sociale rapide et d’une crise de transmission généralisée.

 

Quelle mission pour l’Eglise ?

 

a)     elle se doit d’être missionnaire, elle passe de l’héritage à la proposition. Comme le dit un de nos pères de l’Eglise Tertullien, on ne naît pas chrétien on le devient. Nous devons retrouver le geste simple de l’évangélisation. Introduire et conduire à l’initiation, avoir une pastorale de l’accueil mais aussi proposer la vie chrétienne et ses valeurs, par la catéchèse aller au coeur même de la foi

b)     avoir l’amour de l’évangile qui est Bonne Nouvelle : annoncer, proclamer

être présent au monde par la diaconie , être au service de l’humanité

prier et célébrer

     c ) se laisser surprendre par Dieu et par les exemples des saints et saintes.

 

            (Notes prises durant l’exposé de Monseigneur Pierre Raffin par Claude Houver)