Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

lexique > Zachée



Hommes ou femmes, nous sommes des êtres humains, et cette simple appellation, cette catégorie que nous formons dans le monde de la création, nous parle de ce que nous sommes : des personnes ayant besoin de nos vis-à-vis pour vivre. C’est ce que nous apprend notamment l’Histoire de notre famille humaine à travers laquelle le vivre en société se lit comme un fil rouge, de nos ancêtres jusqu’à nous : en tribus, clans, peuples, villages, empires, royaumes, confréries, corps de métiers, religions, nations, républiques… l’Homme a toujours ressenti ce besoin de naître et mourir, de vivre et s’épanouir avec ses frères et sœurs en humanité.

 

Dans tous ces hommes, ç’en est un seul qui est mis en lumière dans l’Evangile de ce 31° dimanche du Temps ordinaire : Zachée ! Qui est-il ? St Luc nous rapporte qu’il était chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il a une position dominante en son temps mais il souffre d’un handicap lié à son physique, et qui gâche un peu son pouvoir et son influence dans la société : il était petit de taille.

Frères et sœurs, je parlai à l’instant des relations, des rapports dont nous avons besoin pour vivre. Zachée a dû entendre parler de Jésus, mais il cherche à le voir, à le connaître, afin de vérifier par lui-même si ce qu’on raconte est vrai. C’est donc la curiosité qui motive Zachée. D’ailleurs, pourquoi Zachée veut-il voir Jésus ? Il possède pourtant des richesses qui le mettent à l’abri du besoin, il a une influence et un pouvoir certains… et pourtant il doit être bien seul ! Zachée doit être vide du trop de choses qu’il possède, comme le sont les enfants dont la chambre déborde de jouets et qui en finissent de se lasser par une telle profusion. Oui, Zachée éprouve le vide dans tous ces objets qu’il a accumulé de manière juste ou injuste. Ils dissimulent le vide et le désespoir devant le non-sens de sa vie. Ses richesses matérielles l’étouffent et l’emprisonnent.

Et là tout bascule, tout recommence : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi ! Les rôles sont inversés, tandis que Zachée voulait voir Jésus, c’est ce dernier qui veut, qui doit aller, aujourd’hui même, visiter et entrer en relation avec ce Zachée mal vu par la société de l’époque. Et Jésus offre le trésor qui manquait encore à Zachée : le salut !

 

Mes chers amis, nous le savons toutes et tous, Dieu veut entrer en relation avec nous, ses créatures, car il nous aime ; c’est l’enseignement de la première lecture tirée du livre de la Sagesse.

Et nous, que faisons-nous ? Est-ce que nous nous contentons de nos propres suffisances, de nos richesses ou de nos savoirs, nous rendant ainsi hermétiques à Dieu… ! Où au contraire sommes-nous aussi des Zachée qui cherchons à connaître Jésus, pour finalement lui faire une place de choix dans nos vies en acceptant de nous convertir ?

Oui, voilà l’enseignement de ce dimanche : la conversion. Et se convertir comme Zachée ne signifie pas changer de vie de manière volontariste, mais se laisser, avant tout, trouver par Jésus, qui lui désire habiter nos cœurs. C’est aussi ce que St Paul nous dit dans sa seconde lettre aux Thessaloniciens, quand il nous apprend que c’est encore Dieu qui le premier nous adresse un appel.

 

Comme à l’époque pour la ville de Jéricho, Jésus traverse aujourd’hui encore nos villes, nos villages, nos lieux vies afin d’habiter chez nous. Les signes de cette traversée ne manquent pas, ils sont évidents et beaux.

Alors, saurons-nous les reconnaître et donner la place de choix au Christ ?

Allez, encore un petit effort, et je suis sûr que nous y arriverons.

 

Amen.

Matthieu Baltzer