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lexique > Zachée
Hommes ou femmes, nous
sommes des êtres humains, et cette simple appellation, cette catégorie que nous
formons dans le monde de la création, nous parle de ce que nous sommes :
des personnes ayant besoin de nos vis-à-vis pour vivre. C’est ce que nous
apprend notamment l’Histoire de notre famille humaine à travers laquelle le
vivre en société se lit comme un fil rouge, de nos ancêtres jusqu’à nous :
en tribus, clans, peuples, villages, empires, royaumes, confréries, corps de
métiers, religions, nations, républiques… l’Homme a toujours ressenti ce besoin
de naître et mourir, de vivre et s’épanouir avec ses frères et sœurs en
humanité.
Dans tous ces hommes, ç’en
est un seul qui est mis en lumière dans l’Evangile de ce 31° dimanche du Temps
ordinaire : Zachée ! Qui est-il ? St Luc nous rapporte qu’il
était chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il a une
position dominante en son temps mais il souffre d’un handicap lié à son
physique, et qui gâche un peu son pouvoir et son influence dans la
société : il était petit de taille.
Frères et sœurs, je parlai à
l’instant des relations, des rapports dont nous avons besoin pour vivre. Zachée
a dû entendre parler de Jésus, mais il cherche à le voir, à le connaître, afin
de vérifier par lui-même si ce qu’on raconte est vrai. C’est donc la curiosité
qui motive Zachée. D’ailleurs, pourquoi Zachée veut-il voir Jésus ? Il possède
pourtant des richesses qui le mettent à l’abri du besoin, il a une influence et
un pouvoir certains… et pourtant il doit être bien seul ! Zachée doit être
vide du trop de choses qu’il possède, comme le sont les enfants dont la chambre
déborde de jouets et qui en finissent de se lasser par une telle profusion.
Oui, Zachée éprouve le vide dans tous ces objets qu’il a accumulé de manière
juste ou injuste. Ils dissimulent le vide et le désespoir devant le non-sens de
sa vie. Ses richesses matérielles l’étouffent et l’emprisonnent.
Et là tout bascule, tout
recommence : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille
demeurer chez toi ! Les rôles sont inversés, tandis que Zachée voulait
voir Jésus, c’est ce dernier qui veut, qui doit aller, aujourd’hui même,
visiter et entrer en relation avec ce Zachée mal vu par la société de l’époque.
Et Jésus offre le trésor qui manquait encore à Zachée : le salut !
Mes chers amis, nous le
savons toutes et tous, Dieu veut entrer en relation avec nous, ses créatures,
car il nous aime ; c’est l’enseignement de la première lecture tirée du
livre de la Sagesse.
Et nous, que
faisons-nous ? Est-ce que nous nous contentons de nos propres suffisances,
de nos richesses ou de nos savoirs, nous rendant ainsi hermétiques à
Dieu… ! Où au contraire sommes-nous aussi des Zachée qui cherchons à
connaître Jésus, pour finalement lui faire une place de choix dans nos vies en
acceptant de nous convertir ?
Oui, voilà l’enseignement de
ce dimanche : la conversion. Et se convertir comme Zachée ne signifie pas
changer de vie de manière volontariste, mais se laisser, avant tout, trouver
par Jésus, qui lui désire habiter nos cœurs. C’est aussi ce que St Paul nous
dit dans sa seconde lettre aux Thessaloniciens, quand il nous apprend que c’est
encore Dieu qui le premier nous adresse un appel.
Comme à l’époque pour la
ville de Jéricho, Jésus traverse aujourd’hui encore nos villes, nos villages,
nos lieux vies afin d’habiter chez nous. Les signes de cette traversée ne
manquent pas, ils sont évidents et beaux.
Alors, saurons-nous les
reconnaître et donner la place de choix au Christ ?
Allez, encore un petit
effort, et je suis sûr que nous y arriverons.
Amen.
Matthieu Baltzer
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