Ce petit lexique est destiné à nourrir votre réflexion spirituelle.
Les thèmes sont classés alphabétiquement.
Gardez-vous de toute âpreté au gain Lc 12, 15
Dans certain pays d’Asie on applique une curieuse méthode pour attraper des singes. Quand on veut attraper un singe, on prend une noix de coco, on y pratique un trou, tout juste assez grand pour qu’un singe puisse y passer la main. On la vide de son lait, puis on y dépose un peu de riz. Ensuite on suspend la noix à un arbre. Attiré par le riz qui se trouve à l’intérieur, le singe passe sa main par l’ouverture pour s’en emparer. Mais ce faisant le volume de sa main augmente et il ne peut plus la retirer. Mais ne voulant pas lâcher sa prise, il se trouve piégé et on peut l’attraper sans peine.Il y a bien longtemps aussi Jésus
disait : Gardez-vous de toute âpreté au gain; car la vie
d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend
pas de ses richesses.
Et pour se faire mieux comprendre,
Jésus a raconté la parabole d’un riche
insensé.
Cet homme n’a qu’un souci : accumuler
des biens, tout faire pour se mettre à l’abri du besoin, et jouir de la vie...
égoïstement. Il pense que les greniers
débordants vont lui permettre de mener la « dolce vita ».
Manger, boire, dormir... voilà en quoi
consiste pour lui une vie heureuse. On pourrait allonger la liste, elle ne
dépasserait pas cet horizon borné.
Malheureusement, de larges couches de notre société en sont là. Bien sûr, personne ne voudrait l’avouer. Mais quand on regarde vivre nos contemporains, on est bien obligé de constater que les seules choses qui semblent les intéresser, c’est l’argent, le confort, et les formes multiples du plaisir et de la sensualité.
Tout n’est pas à mépriser. Mais un être humain digne de ce nom devrait avoir d’autres soucis, car il n’est pas seulement une bête de jouissance. La satisfaction des exigences de son corps ne lui apportera jamais le bonheur véritable, car l’homme n’est pas seulement un corps. Il a aussi un coeur. Il est aussi esprit. Il a vocation d’éternité.
Et du point de vue de l’éternité, la
perspective change totalement. Ce qui paraît si important ici-bas devient alors
tout-à-fait secondaire et relatif... Ce que nous sommes tentés de négliger
devient alors primordial, essentiel.
Te
voilà avec des richesses en abondance, se disait le riche
insensé de la parabole. Mais Dieu lui dit: tu es fou ! Cette
nuit même, on te redemande ta vie ! Et
cette mort soudaine démontre la vanité et le vide de son
existence.
Quand on est jeune, la vie semble être un long fleuve sans fin. Il est vrai, l’espérance de vie est de plus en plus grande. Mais, centenaire ou pas, un jour ou une nuit on te redemandera ta vie. Même si cette perspective ne doit pas devenir une obsession, il est tout de même raisonnable et sage d’en tenir compte, car alors d’autres richesses prendront de l’importance.
Il y a 1500 ans, saint Augustin écrivait : Tu as acquis une fortune, ta vie remplie de soucis n’a pas été stérile, et cependant elle n’a pas de sens. La vie, en effet, n’a de sens que si elle est riche en vue de Dieu, comme dit Jésus.
Méfions-nous donc de « toute âpreté au gain », de la tentation de l’avoir. Car l’âpreté au gain peut se révéler un piège dont on n’arrive plus à se défaire. Séduit par Mammon, l’homme oublie que ce qui fait sa valeur, ce n’est pas ce qu’il possède mais ce qu’il est.
Nous le savons, personne ne pourra rien emporter quand il quittera ce monde. Mais chacun de nous, tant qu’il est de ce monde, a la possibilité d’envoyer des provisions en avant de lui, dans l’autre monde. Comment ? Jésus nous le dit dans un autre passage de l’évangile : Faites-vous des amis avec l’argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles (Lc 16, 9).
(Les « amis » dont parle Jésus, ce sont les pauvres et tous les laissés-pour-compte de notre société)
Voilà une conception vraiment révolutionnaire sur l’argent: en faire un instrument, non pas de domination et de jouissance égoïste, mais de partage et d’amitié.
P. Charles Stierer
Quelle est la leçon de la parabole que nous venons d’entendre?
Jésus veut-il nous dire que si nous voulons être exaucés par Dieu il faut prier avec insistance ?Veut-il dire que c’est à force de persévérance que l’ on finira bien par lui arracher la faveur demandée?
Absolument pas ! C’est exactement le contraire que Jésus nous enseigne.
Cette parabole, on pourrait la résumer ainsi : L’ami humain, il faut drôlement insister pour le faire bouger ! Il aime sa tranquillité, et il ne sait quoi inventer pour la préserver. Il faut vraiment insister pour que, de guerre lasse, il consente à se déranger...
Avec Dieu, nous dit Jésus, il en va tout autrement !
Demandez et vous obtiendrez, frappez et la porte sera ouverte. Avec lui, pas besoin d’insister!... Déjà dans le Sermon sur la Montagne, Jésus avait dit : Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles, ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas. Car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que l’ayez demandé (Mt 6, 7-8).
Autrement dit, nous n’avons pas besoin de nous évertuer pour attirer les faveurs de Dieu. Prier pour s’attirer la bienveillance de Dieu, ce serait comme si on demandait à la pluie de mouiller la mer et les rivières.
Mais cela ne contredit-il pas notre expérience ? Je pense que tous, un jour ou l’autre, nous avons demandé au Seigneur, et parfois instamment, de nous épargner telle ou telle épreuve, de nous accorder ceci ou cela. Et pourtant, selon toutes les apparences, nous n’avons pas été exaucés. Alors comment comprendre les paroles de Jésus ?
Et bien, il faut d’abord commencer par bien écouter ce qu’il dit !
En effet, Jésus n’a pas dit que, en réponse à notre prière, Dieu nous accordera automatiquement tout et n’importe quoi. Si c’est cela que nous avons compris, c’est que nous avons mal écouté !En effet, d’après les dires de Jésus, qu’est-ce que le Père des cieux nous donne en réponse à notre prière? ... L’Esprit-Saint.
Mais voilà ! On espérait une guérison, on demandait du pain, le succès lors d’un examen, du travail... Et qu’est-ce que Dieu nous donne en réponse à notre prière? L’Esprit-Saint !
En entendant cette promesse, nous sommes peut-être déçus.
Regardons donc comment Jésus lui-même a prié et comment il a été exaucé. Regardons le à Gethsémani. Comme tout être humain en proie à une grande détresse, il crie vers Dieu son Père ; il le supplie de le délivrer de la terrible épreuve qui l’attend. Et nous savons que sa supplication n’a rien empêché. Il sera bel et bien arrêté, torturé et crucifié.
Pourtant, d’une manière surprenante, l’épître aux Hébreux (5, 7) affirme : Pendant les jours de sa vie mortelle, le Christ a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et (écoutez bien !) parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé.
Oui, il a été exaucé ! Mais comment Dieu son Père, l’a-t-il exaucé ?
Il lui a envoyé un ange pour le réconforter (Lc 22, 43). Cela veut dire que Dieu le Père a répondu à la prière de Jésus en lui donnant la force intérieure qui l’a rendu capable de dire : Père, non pas comme je veux, mais comme tu veux.
C’est grâce à cet abandon entre les
mains de son Père, à cette adhésion de tout son
être à sa volonté, que Jésus est parvenu,
à travers la Passion et la mort, à la gloire de la
Résurrection.
C’est
la Résurrection qui a été la suprême
réponse de Dieu à la prière de Jésus.
Comme le Christ face à la Passion, comme tout être humain gémissant sous le poids des épreuves, le chrétien éprouvé criera lui aussi vers le ciel et suppliera Dieu de le délivrer de sa croix.
Mais il saura aussi que la réponse de Dieu à sa prière, ce sera l’Esprit-Saint, c’est-à-dire cette force intérieure qui l’aidera à assumer son épreuve dans l’abandon de tout son être entre les mains de Dieu.
Vous le voyez : la prière n’a pas pour
but de convertir Dieu à nos désirs, de l’amener
à faire notre volonté. La prière a essentiellement
pour but de nous faire
« épouser » la volonté de Dieu.
Et disons-nous bien que cette volonté
qui est toujours une volonté de salut, de libération de
tout mal et de la mort. C’est pourquoi Jésus nous a appris
à
dire, dans le Notre Père : Père, que ton nom soit
sanctifié... que ton règne vienne...
que ta volonté soit faite...
Voilà ce qu’est la prière selon Jésus.
Avouons-le, nous en sommes souvent très
loin. Nous ne savons pas prier comme il
faut (Rm 8, 26). Voilà pourquoi,
comme les apôtres voyant prier Jésus, faisons nôtre
leur demande : Seigneur,
apprends-nous à prier.Voyez-vous, frères et
sœurs :
quand par un beau matin d’été j’ouvre les
volets de ma chambre, je me dis bien
des fois : Prier, c’est cela, ouvrir les
volets.
Il est évident que le fait d’ouvrir les volets ne fait pas briller le soleil, mais en le faisant je l’accueille chez moi, je lui ouvre un espace à éclairer et à réchauffer.
Prier, c’est cela.
Prier, c’est ouvrir les volets de notre cœur ;
c’est exposer notre monde intérieur au soleil de Dieu pour que son Esprit Saint l’éclaire et le réchauffe.
Et de ce point de vue la persévérance dans la prière est d’une grande importance. Non pas pour que Dieu finisse par se convertir à nos désirs, mais pour que, peu à peu et progressivement, nous fassions nôtre le désir, la volonté de Dieu.
P. Charles Stierer
retour en haut de pageAvant est ce que grammaticalement on appelle un adverbe marquant le temps ou une préposition marquant la priorité, l'antériorité . On sent tout de suite un petit air de hiérarchie qui se pointe, on voit déjà celui qui cherche à passer avant tout le monde etc..( racine latine :ante)
avent ne partage pas du tout la même racine puisqu'il vient de adventus signifiant arrivée, venue.
Nous attendons la venue de Jésus dans le monde.à Noël
et même en contre sens en choisissant la racine aveo vous êtes tout bon puisque cela signifie désirer ardemment et que pouvons nous désirer plus ardemment que la venue de notre Sauveur
A
quels signes peut-on reconnaître « un bon chrétien
» ? Selon les tempéraments et l’éducation
reçue, les réponses à ce genre de question sont
diverses.
Pour les uns, un bon chrétien est celui qui observe
fidèlement les commandements de Dieu et de
l’Église. Saint Jean semble leur donner raison,
puisqu’il écrit (1 Jn 2, 4): Celui qui dit : « Je le
connais », et qui ne garde pas ses commandements est un menteur,
la vérité n’est pas en lui.
Seulement,
à mettre trop l’accent sur l’observation des
commandements on court le risque de ne plus voir en Dieu que le
Législateur suprême qui, par ses lois et ses
commandements, se fait la gardien et le gendarme du bon ordre
moral, de la « bonne moralité ».
Et par voie
de conséquence, on sera porté à voir en lui avant
tout le Juge souverain dont la sentence dépendra de la
façon dont nous aurons observé ses commandements.
Et on risque de passer à côté de ce qui est au cœur de la foi chrétienne.
Pour
d’autres la foi est avant tout une adhésion à des
concepts, des idées et des théories, des dogmes. Ils ne
sont pas loin de voir dans la foi une espèce de philosophie ou
même d’idéologie. Eux aussi risquent de passer
à côté de ce qui fait le cœur de la foi
chrétienne.
Dans l’évangile de ce dimanche
Jésus nous dit comment il conçoit la foi et quel genre de
relations il voudrait que nous ayons avec lui.
Et d’emblée il rejette l’image d’un Dieu gendarme et censeurs de nos agissements
Je
suis le bon Berger, dit-il, le bon Pasteur, le vrai berger qui donne sa
vie pour ses brebis. Normalement, c’est le contraire qui se
passe. On élève des brebis en vue de la consommation
humaine. Ce sont les brebis qui « donnent leur vie »
pour nous. Aucun éleveur ne songerait à pratiquer
l’élevage dans l’unique but de rendre les
bêtes heureuses. Il pense rentabilité, et pour lui les
brebis ne sont qu’un moyen pour vivre ou même faire du
profit.
Jésus, en se comparant au bon berger renverse les
rôles. Ce berger-là n’a qu’un souci : le
bien et le bonheur de ses brebis. Et, s’il le faut, il ira
jusqu’à sacrifier sa propre vie pour elles. Et nous savons
qu’il l’a fait.
C’est une révolution
dans la conception de la religion. Les païens
n’hésitaient pas à offrir à leurs dieux des
sacrifices humains afin d’attirer leur bienveillance.
Aujourd’hui encore certains fanatiques n’hésitent
pas à sacrifier l’homme sur l’autel de Dieu, du dieu
de leur conception. Emportés par leur fanatisme ils
n’hésitent pas tuer au nom de Dieu et de la religion.
C’est une perversion. En se comparant au Bon Berger qui donne sa
vie pour ses brebis, Jésus nous fait comprendre que ce
n’est pas l’homme qui doit être sacrifié
sur l’autel de Dieu, mais que c’est Dieu qui se sacrifie
pour l’homme. Le chrétien, plein d’admiration et de
reconnaissance, se redit sans cesse avec saint Paul: Le Seigneur
m’a aimé et s’est livré pour moi (Ga 2, 20
Et
la parabole ne nous dit pas seulement que le Bon Pasteur aime ses
brebis au point de donner sa vie pour elles. Elle décrit aussi
la qualité, la nature de cet amour : Je connais mes
brebis, dit Jésus.
Qu’est-ce qu’il veut
dire par là ? Quand nous disons que nous « connaissons
» quelqu’un, nous voulons dire que nous savons qui il est,
que nous connaissons son nom, son caractère, sa profession...
Nous ne voulons pas forcément dire que nous l’aimons.
Souvent même nous voulons dire le contraire. Quand nous disons de
quelqu’un : « Celui-là, je le connais »,
nous laissons entendre que nous avons
repéré ses défauts, les failles de son
caractère ou même ses intentions malveillantes... Et
que pour cette raison nous ne l’aimons pas.
Dans le
langage de l’Évangile, comme dans toute la Bible, le sens
est tout différent. Quand la Bible, et Jésus en
particulier, parle de connaissance, il s’agit d’une
connaissance qui naît d’une relation de vie et
d’intimité avec quelqu’un, une connaissance qui
naît de l’amour et de la tendresse. C’est une «
connaissance » semblable à la connaissance qu’une
maman et un papa aimants peuvent avoir de leur enfant. C’est une
connaissance faite d’inclination, de bienveillance, C’est
une connaissance qui naît de l’amour et qui rejaillit en
amour. C’est « un cœur à cœur »
entre deux êtres.
Voilà comment Jésus nous
connaît ! Voilà comment Dieu nous connaît !
Voilà comment chacun de nous est connu !
Et les brebis,
« connaissent » leur Berger d’une manière
semblable, dit Jésus. Mes brebis me connaissent, dit-il.
Chez
elles, c’est également le cœur qui parle.
C’est par le coeur qu’elles connaissent leur bon Berger. Et
cette connaissance-là n’est pas le privilège des
gens instruits, des gens qui ont fait de hautes études de
théologie. Les « petits » y parviennent même
mieux très souvent que ceux qui se prennent pour des sages et
des savants. Saint Luc nous dit, qu’à la vue de la foi des
« petites gens », Jésus exulta de joie sous
l’action de l’Esprit Saint, et dit : « Père,
ce que as caché aux sages et aux savants, tu l’as
révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu
l’as voulu ainsi dans ta bonté. (Lc 10, 21s).
Nous
le voyons, la foi en Jésus Christ, c’est bien autre chose
qu’un ensemble de devoirs à accomplir. Elle est bien autre
chose qu’un ensemble de hautes et belles idées, bien plus
qu’un ensemble de concepts et de
théories.
Au fond, « un bon chrétien » est celui qui peut dire en toute sincérité avec saint Paul : Pour
moi, vivre c’est le Christ.
P. Charles Stierer
HOMELIE DU 4ème DIMANCHE DE PÂQUES A
« Le Seigneur est mon berger » Ce psaume est probablement le plus connu. Il exprime notre confiance en Dieu. Il est, pour cela, prié lors des funérailles. Mais ce premier verset est vrai ? Le Seigneur est-il le berger de ma vie ? Qu’est-ce qui me guide chaque jour ?
Jésus nous met tout de suite en garde : « celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. » « Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. » Il parlait de ceux qui se disaient être le messie annoncé et qui étaient nombreux à cette époque. Aujourd’hui encore, les faux prophètes, les faux bergers qui ne viennent que « pour voler, égorger et détruire » sont nombreux. Ils prennent l’apparence de bergers, s’autoproclament prêtres, se font appeler Père, abbé ou Monseigneur alors qu’ils n’ont pas de légitimité. Ils ne sont pas issus de la bergerie qu’est l’Eglise et trompent certaines brebis. Mais la majorité d’entre elles écoute le bon Berger et s’enfuie loin des imposteurs. « Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. »
Leurs noms peuvent paraîtres anodins : Alliance Rose Croix, Centre d'épanouissement et aide François de Sales, Centre de développement humain, Eglise Khristique de la Jérusalem Nouvelle, Fondation Saint-germain, Ermitage du Christ de la paix, Institut de recherches psychanalytiques, Les amis de Marie - Les pauvres de Marie, Ordre des chevaliers de France et de la Trinité Sainte, Amis de la croix glorieuse de Dozule, Arche de Marie, Association pour l'unification du christianisme mondial (Moon), Centre de documentation et d'information et de contact pour la prévention du cancer, Famille de Nazareth, Eglise du Saint Esprit de Jésus, La famille (ex-enfant de Dieu), Mission Timothée, Ordre monastique d'Avallon, Reine de la paix - Ordre du coeur immaculé de Marie et de Saint Louis de Montfort, Eglise évangélique de Pentecôte de Besançon, Eglise universelle de Dieu, Eglises du Christ international en France, Fraternité Notre Dame, La parole de foi - Evangélisation mondiale, Vie chrétienne en France - Centre de vie chrétienne, Communauté des petits frères et des petites soeurs du Sacré-coeur (contre réforme catholique), Eglise de scientologie de Paris, Eglise néo-apostolique de France, Eglise universelle du royaume de Dieu, Eglise ancienne, Eglise gallicane, Témoins de Jéhova, etc…
Le vrai berger, lui, n’emprunte pas des chemins détournés. Il est passé par le seul vrai chemin : celui de la croix par obéissance et amour de son Père. Et quant à nous, nous suivons ses traces. Nous n’y échapperons pas car le disciple n’est pas au-dessus de son maitre : « le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a jamais commis de péché ni proféré de mensonge.» Même si ce chemin de difficultés et d’épreuves nous répugne, c’est celui que notre Sauveur a emprunté et qui débouche sur la vie : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »
C’est ce qu’essayent de suivre les prêtres qu’il vous donne comme bergers « en second ».
Jésus nous montre l’exemple face à l’adversité. Ne pas répondre par le péché en obéissant à son propre intérêt, à ses propres idées mais par un veritable amour de charité. Ne répondons pas au mal par le mal. Saint Pierre nous dit :« Si l’on vous fait souffrir alors que vous avez bien agi, vous rendrez hommage à Dieu en tenant bon. »
Frères et sœurs, quand nous rencontrons des difficultés, ne rejetons pas la croix mais portons-la à l’image de Jésus. Car la mort a été vaincu par la vie. L’histoire ne s’arrète pas à la croix car le Seigneur est ressuscité.
Stéphane Brucker diacreIl est un fait constitutif de notre condition humaine : nous sommes, frères et sœurs, des êtres de relations ; le vivre-ensemble est inhérent à ce que nous sommes. Quels que soient nos âges, nos conditions sociales, nos niveaux d’études, nos conditions de vie en général, nous ne pouvons pas faire comme si nous étions seuls, coupés, séparés des autres.
Et ce qui est vrai dans la vie quotidienne l’est également pour notre vie de foi. Nous formons l’Eglise, l’ecclesia, la communauté, le rassemblement, l’assemblée de celles et ceux qui ont en commun la même foi, le même Evangile : Jésus le Christ mort sur la croix est ressuscité le troisième jour ! Tel est le message central qui nous unit.
Les lectures de ce 6è dimanche de Pâques nous révèlent ce que permet précisément cette foi en Jésus-Christ.
Dans les Actes de Apôtres, Philippe arrive en Samarie pour proclamer le Christ, les foules, d’un seul cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe…
Philippe est l’un des sept premiers
diacres, c’est un converti. Il annonce avec conviction sa foi
à la foule qui
cherche un repére, un Dieu dans lequel elle peut croire. Et
cette annonce porte
de tels fruits qu’il y eut dans cette ville une grande
joie !Dans sa première lettre, l’apôtre Pierre
lui aussi parle du conctact avec les autres, et de l’attitude
à adopter devant eux : frères vous devez toujours
être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui
vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en
vous…
Frères
et sœurs, c’est à nous aussi que s’adresse
cette demande de l’apôtre, de rendre compte, de temoigner
de notre foi envers ceux et celles qui forment notre oïkos,
c’est-à-dire notre maison, notre environnement direct,
constant et quotidien. Posons-nous alors la question de ce que nous en
faisons quand notre foi catholique ne nous autorise pas de nous taire.
Quand il nous est demandé d’affirmer notre
espérance en la vie éternelle, quitte à se faire
interpeller, voire moquer et dénigrer… !
Chers
amis, croire en Jésus-Christ n’est pas chose aisée,
facile,c’est vrai. Et croire ne va pas forcément de soi,
car nous sommes des êtres fragiles, pauvres. Le doute nous
assaille et peut nous déstabiliser. Notre propre manière
de vivre, en paroles et en actes, nous fait comprendre quasi
quotidiennement que nous ne sommes pas dignes de l’Evangile, pas
dignes du Christ. Nous avons besoin de l’aide de Dieu afin de
cheminer, de progresser dans notre vie de baptisés.
J’allais
dire que cela arrive à point nommé, puisque dans
l’Evangile de ce dimanche, il semble que Jésus
lui-même anticipe en quelque sorte nos manquements, nos
fragilités. En effet, avant de quitter ses disciples,
Jésus les rassure, les encourage a lui rester fidèles :
je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera toujours avec vous, c’est l’Esprit de
vérité. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens
vers vous.
Ces paroles de réconfort et
d’encouragement s’adressent à nous mes chers amis.
Ce défenseur qu’est l’Esprit-Saint nous
l’avons reçu à notre baptême, notre
confirmation, durant l’eucharistie… il est partout, il est
la présence discrète mais agissante de Dieu pour le
peuple que nous formons. Est-ce que nous en sommes véritablement
conscients !
C’est cet Esprit qui nous remet debout quand
nous tombons, qui nous soutient, nous fortifie et nous aide bien plus
que nous n’osons demander ou même imaginer.
Mes
chers amis, ayons confiance, mettons résolument nos pas à
la suite du Christ, disons-lui que nous l’aimons. Et sur ce
chemin-là nous ne serons jamais seuls, oh non jamais !
Wehr glaubt ist nie allein, pouvait-on lire dans les rue de Bavière quand Benoît XVI visita sa terre natale.
Oui, celui qui croit n’est jamais seul !
Homélie de Mattthieu Baltzer
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Les gens des agences de voyages et de
tourisme sont des gens prévoyants. Ils pensent très longtemps à l’avance à
nos congés annuels. Ils savent concocter
des prospectus et des catalogues d’une indiscutable séduction pour nos yeux.
Ces catalogues sont comme un avant-goût des vacances qui nous attendent l’été
prochain, alors que l’hiver est à nos portes.
C’est
à cela que me fait penser cette
fête de la Toussaint. Cette fête nous laisse entrevoir ce
qui nous attend au bout
de notre voyage terrestre, quand nous quitterons notre maison de la
terre. Nous
entrerons alors dans la Jérusalem céleste, nous ferons
partie de cette foule immense, évoquée dans la
première
lecture. Nous ferons partie de l’immense foule de ceux qui vivent
auprès de
Dieu dans une fête sans fin, dans un bonheur tellement intense
qu’il est
impossible de le décrire avec des paroles d’ici-bas.
« Nous serons semblables au Christ ressuscité en
gloire, nous
a dit saint Jean dans la 2e lecture. Bien
sûr, « cela n’apparaît pas encore
clairement. » Mais c’est cela que la fête de
tous les saints évoque à
nos yeux. Elle nous dit : Voilà ce qui vous attend au bout de
votre voyage sur
terre.
Mais
pour le moment nous sommes encore en route.
Le but du voyage est encore devant nous.
Il est donc important de suivre le bon itinéraire afin de ne pas nous égarer,
afin surtout d’éviter les impasses qui ne mènent nulle part.
Cet
itinéraire, Jésus nous l’a indiqué
dans l’Évangile. Il a planté des poteaux
indicateurs qui nous guident dans la
bonne direction. Cet itinéraire, ces poteaux indicateurs, ce
sont les Béatitudes. Ces Béatitudes nous disent
qui sont ceux et celles qui choisissent la bonne route pour parvenir au
but,
qui sont « heureux » si l’on se place du
point de vue de la réussite
de notre destinée. Le point de vue Christ est, de toute
évidence, à l’opposé de
la mentalité du monde qui est le nôtre.
Qu’est-ce qu’une vie réussie aux yeux
de la plupart de nos contemporains ?
Une vie où l’on gagne beaucoup d’argent.
Et c’est normal, car l’argent procure tout : il permet tous les plaisir, et
surtout, il donne, à ceux qui en possède beaucoup, pouvoir et puissance.
Comment y arriver ? Si vous voulez
réussir dans la vie, sachez vous battre et vous imposer ; pas de pitié pour les
faibles ; surtout ne vous occupez pas des autres et de leurs problèmes ; sachez
mettre des barrières, des frontières entre vous et ceux qui ne pensent pas
comme vous, qui ont des intérêts opposés aux vôtres... Et surtout, dites-vous,
que tous les moyens sont bons, que seul compte le résultat.
Malheureusement, une
telle conception de la vie transforme le monde en véritable jungle où
l’égoïsme, l’intérêt, l’ambition, la force, la violence et le mensonge font la
loi. Dans une telle société l’homme devient
tout simplement un loup pour l’homme.
Dans le Royaume de
Dieu, c’est tout l’inverse.
La valeur suprême,
c’est l’Amour ; l’amour dont Dieu nous comble et pour lequel il faut garder son
coeur disponible ; et l’amour pour son prochain, jusqu’au don de soi, à
l’exemple du Christ.
Voilà pourquoi Jésus
proclame heureux les pauvres de coeur,
ceux qui refusent de devenir esclaves de l’argent et de leurs biens, qui
gardent le coeur disponible pour les richesses que Dieu leur offre.
Bien plus, qui se sentent « pauvres »
spirituellement même, c’est-à-dire qui ont
conscience qu’ils ne sont rien devant Dieu, qui ne comptent pas
sur leurs
mérites pour se faire bien voir de Dieu ; ceux qui ont
conscience qu’ils
doivent tout à Dieu, et qui accueillent avec reconnaissance tout
ce que Dieu
leur offre dans son amour.
Heureux les doux, non pas les mièvres et les sans caractère, mais ceux qui refusent d’utiliser la force et la violence pour arriver à leurs fins, et qui, au contraire, font preuve de bonté et de compréhension.
Heureux ceux qui pleurent, ces préférés de Dieu qui, à travers les épreuves et les larmes, ont appris combien la vie d’ici-bas peut être fragile et décevante et qui sont devenus disponibles pour le salut que Dieu leur offre en Jésus Christ.
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, c’est-à-dire qui ont à coeur d’être « justes » aux yeux de Dieu, donc ceux qui cherchent à faire en tout sa volonté.
Heureux les miséricordieux, ceux qui ouvrent leur coeur aux malheureux, qui ne condamnent pas leur prochain, qui pardonnent.
Heureux les purs, c’est-à-dire heureux ceux qui se gardent purs de toute compromission avec le mal, quelle que soit ses formes.
Heureux les artisans de paix, ceux qui construisent des ponts entre individus, classes, nations, peuples, races et cultures.
Heureux ceux qui subissent calomnies et persécution, c’est-à-dire qui ont assez de force d’âme et de courage pour rester fidèles à Dieu, à leur foi, à l’Évangile, malgré l’hostilité de l’environnement.
Voilà quels sont ceux qui, aux yeux du Christ, réussissent pleinement leur vie. Voilà la sainteté à laquelle nous sommes tous appelés.
Mon frère, ma soeur, si tu veux réussir dans la vie, tu écouteras et tu appliqueras les principes et les théories de notre société dominée par le matérialisme, vidée et amputée de sa dimension spirituelle. Tu pourras avoir quelque temps l’illusion du bonheur.
Mais quelle déception quand tu paraîtras devant Dieu, et qu’à la lumière de Dieu tu prendras conscience que, tout en ayant peut-être réussi dans la vie, tu as tout de même raté ta vie, parce que tu auras raté ta destinée.
Mais si tu veux réussir ta vie, c’est-à-dire ta destinée, alors tu suivras la route tracée par le Christ dans les « Béatitudes », et sur laquelle il a marché le premier, sur laquelle il nous a précédés. Et celui qui suit le Christ ne sera jamais déçu.
Charles Stierer
retour en haut de pageCe mot est beaucoup employé. Il peut se décliner
sur différents registres : Communauté de communes ;
communauté de paroisses
;communauté d’intérêts, etc
Les chrétiens, le dimanche, se rassemblent en communauté
parce qu’on n’est pas chrétien tout seul.
La famille des chrétiens est une communauté de frères
où chacun doit trouver et prendre sa place.
Ils ont une maison (l’église) où ils se donnent rendez-vous le
dimanche pour célébrer le Seigneur Jésus.
Ils mangent à la même table : la table de la Parole et du Pain.
retour en haut de pageune réalité que le dictionnaire enferme dans la notion d'adhésion,ou plus largement " d'amener à " il s'agit en fait d'un processus de changement d'état, on part d'un état A pour arriver à un état B ; dans le domaine qui nous intéresse s'ajoute aussi la conscience individuelle et une part non négligeable de volonté d'accepter.
Encore nous n'avons pas considéré ce phénomène sous son aspect déclenchement avec la liberté qui s'y arttache et... et direz -vous l'aspect historique.....?
Du coup un mot peut occuper tout notre espace intérieur et
nos pensées. Bonnes cogitations!
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L’expérience unique de Pâques, frères et sœurs, et de celle qui ne peut laisser indifférents. En effet, la résurrection du Christ-Jésus nous questionne, nous bouleverse, nous bouscule.
Certains sont enthousiastes à l’idée de savoir que la mort n’a pas le dernier mot, et que une vie est bel et bien possible après. D’autres voudraient bien croire mais sont plus que réservés et distants devant cet événement qui va à contre courant de la science et de la médecine. D’autres encore refusent catégoriquement la résurrection en invoquant que cela n’a jamais existé, la reléguant au mieux à un conte pour enfants, au pire à une belle escroquerie inventée de toutes pièce par les Apôtres, et entretenue par l’Eglise.
L’évangile de ce 2° dimanche de Pâques et de ceux qui sont parmi les récits les plus connus. L’expérience de St Thomas a été très largement reprise dans le langage populaire, y compris par ceux qui ne croient en rien. Ne dit-on pas : moi je suis comme St Thomas, je ne crois que ce que je vois !
Intéressons-nous un instant à cette affirmation qui consiste à ne croire que ce que nous voyons. A longueur de journée, à longueur d’année, tout au long d’une vie, nous sommes pourtant amenés à croire, à adhérer à différentes nouvelles, événements, situations, sans que nous puissions être en mesure de pouvoir les vérifier par nous-mêmes.
Ainsi, ne nous viendrait-il pas à lidée de contester les différentes informations dont les media nous submergent à longueur de journée, et ce aussi bien par le net, la radio, la télévision la presse écrite : nous croyons facilement sans voir !
Il y quatre-cinq ans de cela la France entière pensait avoir découvert les fils et filles de Satan, là-bas à Outreau. Nous pensions ces hommes et ses femmes coupables des atrocités commises sur des enfants. Oui, nous avions cru, sans voir ! Et aujourd’hui nous savons bien ce qu’il en était réellement, les accusés sont devenus les acquittés d’Outreau.
En 2003, des millions de personnes à travers le monde étaient sincèrement convaincues que l’Irak de Saddam Hussein était un danger planétaire car détenant des armes de destructions massives (chimiques, bactériologiques, voir nucléaires). Aujourd’hui nous savons très bien qu’on a retrouvé en Irak autant d’armes de ce type que l’on peut compter de cheveux sur la tête d’un chauve. Là aussi, ils furent des légions à croire sans voir.
Et nous ici, dans notre rue, notre quartier, notre immeuble, à notre travail, ne sommes-nous pas toutes et tous plus où moins enclins à croire très facilement les ragots, les mauvaises langues, les dénigrements dont les autres sont victimes. Et ceci dans le but de leur faire une mauvaise réputation en remuant la merde qui d’ailleurs nous éclabousse nous-même ! Et là aussi nous croyons facilement toutes ces rumeurs sans les vérifier, sans les constater !
Vous aurez bien compris, frères et sœurs, à travers ces quelques exemples combien dans notre vie quotidienne nous croyons aisément sans pour autant vérifier et voir de nous-mêmes.
L’expérience de l’apôtre Thomas est de celles que je viens d’évoquer, à cette nuance près qu’elle recquiert l’adhésion du cœur, de la foi. Pour que la résurrection du Christ ait pu être proclamée, annoncée à travers le monde il fallait bien des témoins qui croient ce qu’ils voient : Jésus que l’on a vu mort sur la croix a été vu vivant le troisième jour après sa mort !
Nous avons les preuves des écrits, les évangiles, non pas un mais quatre, les lettres de St Paul, de St Pierre, de St Jean, les actes des apôtres de St Luc. Depuis 21 siècles des centaines de millions d’humains ont adhéré à la foi en Christ ressuscité : quelque chose qui est fondée sur le mensonge inventé de toute pièce par des hommes ne peut pas tenir pendant plus de 2000 ans ! Cela disparaitrait bien avant.
Dimanche après dimanche nous sommes plusieurs millions de chrétiens à travers le monde pour célébrer le Christ vivant au matin de Pâques. Quand un homme ou une femme décident de tout quitter pour le service de l’Evangile ceci est aussi une preuve concrête de la foi active en Jésus-Christ.
Mes chers amis, acceptons également de voir de façon sincère et sérieuse ces éléments-là : ils nous parlent tous de Dieu. Car ce qui paraissait impensable pour st Thomas devint pour lui réalité huit jours plus tard. Là il vit et il crut.
Nous pouvons croire en toute confiance que le Christ a détruit la mort, et qu’en étant ses disciples nous serons nous-mêmes habités par la vie et la lumière de Pâques quand notre heure sera venue.
Confiance ! ( Homélie prononcée par Matthieu Balzer )
La pauvreté est certainement la chose la mieux partagée dans le monde. Elle est le sort des trois quarts de l’humanité. Et même dans nos sociétés à niveau de vie élevé beaucoup connaissent la précarité, le dénuement, parfois même la misère. Cela laisse la plupart des nantis indifférents.
D’autres (souvent les moins nantis) émus par la misère de leurs frères humains voudraient aider, faire quelque chose, mais sont découragés par le peu de moyens dont ils disposent. Ils se disent : « C’est insignifiant, ce que je peux faire. C’est comme verser une goutte d’eau dans un océan.»
Découragés, ils baissent les bras. Si c’est notre cas, méditons l’évangile de ce dimanche.
Cet évangile commence par ces mots : Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l’écart… Jésus aussi éprouvait le besoin de souffler, de respirer, de se reposer un peu de temps en temps.
Mais impossible, la foule le traquait et le rattrapait à chaque fois.
Mais pourquoi les foules poursuivaient-elles Jésus de la
sorte ?
Qu’est-ce que les gens attendaient de lui ?
Des guérisons ? Certainement. Mais aussi « autre chose »… Jésus devait exercer une fascination extraordinaire sur les gens pour qu’ils restent là à l’écouter des journées entières au point d’oublier de manger.
Mais si « l’homme ne vit pas seulement de pain », il a tout de même besoin de pain pour subsister ! Alors, le soir venu, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Renvoie donc la foule, qu’ils aillent s’acheter à manger. »
Voilà un conseil parfaitement raisonnable ! Mais Jésus n’est pas d’accord. Ce serait trop facile : Donnez-leur vous-mêmes à manger ! dit-il aux apôtres.
Cet ordre a dû les laisser comme « deux ronds de flan ». Pensez donc ! Ils disposaient en tout et pour tout de cinq pains et de deux poissons ! C’était parfaitement dérisoire quand il s’agissait de donner à manger à cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.
Bien sûr, Jésus le savait. Mais pour lui c’était une excellente occasion pour donner à ses disciples « une leçon de choses ».
Et cette leçon de choses dit ceci : « Oui, c’est vrai, vos cinq pains et vos deux poissons, c’est trois fois rien, c’est vraiment dérisoire, mais si vous acceptez de les partager, alors là vous verrez un miracle s’accomplir. »
Et c’est parce quelques uns ont accepté de partager le peu qu’ils avaient que des milliers de personnes ont pu manger à leur faim, et même qu’il y a eu des restes.
Cette leçon de choses est bien évidemment valable pour nous aussi.
Par « la parabole en actes » de la multiplication des pains, Jésus nous dit en quelque sorte : « N’invoquez pas trop vite le manque de moyens pour refuser le partage. Faites le peu que vous pouvez faire, et vous verrez comme les choses changeront. »
Cependant, il y a différentes façons de donner.
En effet, donner, cela peut avoir pour effet d’asservir, de rendre l’assisté dépendant de notre générosité, sans vraiment l’aider à « s’en sortir ».
C’est ainsi que des dons de blé, de maïs et d’autres aliments ont fini par tuer l’agriculture traditionnelle dans certaines régions d’Afrique, les productions locales ne pouvant plus s’imposer face aux produits distribués gratuitement.
De la sorte ces pays sont devenus toujours plus dépendants de l’aide accordée par les pays riches, sans possibilité de développer leurs propres ressources.
Un proverbe chinois dit : Ne donne pas un poisson à celui qui a faim, mais apprends-lui à pêcher.
Voilà pourquoi une politique d’aide au développement est encore plus indispensable que la simple aide humanitaire.
Et tout chrétien devrait militer pour une telle politique et
la soutenir de son mieux.
Ensuite, me semble-t-il, le chrétien devrait se faire le
contestataire d’une société qui privilégie les dépenses en faveur de l’inutile
et de l’accessoire.
Prenons l’exemple des sociétés de télévision.
Elles se disputent à coups centaines de millions d’euros les droits de retransmission des jeux olympiques ou des matches de football.
Cela choque pas mal de gens. Pourtant, souvent ils en sont complices sans bien s’en rendre compte.
J’aime bien cette remarque d’un journaliste : Les milliards ne voleraient pas au-dessus de la formule 1, du tennis, du Tour de France, du football, du rugby, de la voile [...) s’il n’existait pas, tapi dans l’intimité des salles de séjour,devant les téléviseurs, un public immense et inlassable. [...] Les marchants le savent et tirent profit de cette drogue licite : c’est leur métier. Seule notre indifférence ferait fondre le magot. » (LA CROIX, jeudi 23 juin 1999)
Étonnant, il nous serait donc possible de protester contre le gaspillage d’un argent qui serait mieux utilisé ailleurs en refusant d’alimenter l’audimat de certaines émissions de télévision! Étonnant, mais efficace, si... des millions de Français en avaient la volonté.
Vous les voyez, se montrer solidaires des pauvres, ce n’est pas seulement mettre sa main au portefeuille.
Se montrer solidaire des pauvres, c’est aussi militer pour que les moyens financiers et techniques ne soient pas détournés au profit des nantis, de l’inutile et de l’accessoire, mais soient mis au service de la justice et de la solidarité avec les plus démunis.Inclinant la tête, il remit l’esprit. C’est ainsi que Jésus Christ est mort. Après une de nuit de cauchemar, après trois heures d’une terrible agonie, sous les quolibets et les railleries.
Pour nous, les chrétiens, celui qui meurt ainsi, ce n’est pas seulement un frère en humanité, mais Dieu lui-même, puisque Jésus Christ est Dieu fait homme.
Oui, sur la croix, c’est Dieu qui est tué de la main des hommes. C’est Dieu qui meurt de la plus infamante des morts. En effet la Bible dit : « Maudit est celui qui est pendu au bois! » Maudit des hommes, et, aux yeux des anciens croyants, maudit de Dieu! Inimaginable! Impensable! Et pourtant, c’est vrai.
Mais qui a réclamé la mort du Christ ? Qui a tué Dieu sur la croix?
Pilate, le païen? Il a sa part de responsabilité, puisque, par lâcheté, pour sauver sa carrière, il a autorisé la mise à mort d’un homme qu’il savait innocent. Mais Pilate n’est responsable que « par omission », en se contentant lâchement de « se laver les mains ».
Ceux qui ont tué le Christ, le Fils de Dieu fait homme, ceux qui ont tué Dieu, c’étaient des croyants. Ceux qui ont crié: « A mort! Crucifie-le! », c’était les défenseurs les plus ardents de la cause de Dieu et de la foi. Dieu mort victime des croyants, victime de la religion, c’est inimaginable, incroyable. Et pourtant, c’est vrai.
Pour être juste, disons que, en Jésus Christ, Dieu est mort victime du fanatisme religieux.
C’est que la religion la plus
authentique peut être viciée, dépravée, pervertie par les hommes, même s’ils
sont croyants, et des croyants sincères. Toute religion dégénère quand elle
tourne au fanatisme... Alors Dieu est menacé de mort!
Incontestablement les repas occupent une grande place dans notre existence. Et pas seulement parce qu’il faut manger pour vivre. Car le repas est bien plus qu’une simple prise de nourriture. Il est aussi facteur de rencontre et de « communion ». Nous savons tous combien un repas facilite les contacts et les échanges.
Il n’est donc pas étonnant que Jésus ait accordé beaucoup d’importance aux repas. Il se laissait volontiers inviter à table, même par ceux qui étaient mal vus, par ceux que, dédaigneusement, on appelait « les pécheurs». A lire les évangiles, on se rend compte que ces heures passées autour d’une table comptaient parmi les grandes heures de l’activité pastorale de Jésus. C’est là, à l’occasion de ces repas partagés, qu’il rencontrait les hommes, qu’il entrait « en communion » avec eux.
Quand Jésus s’attablait avec ses amis, avec « les pécheurs et les publicains », et même avec ses adversaires (car cela aussi, il le faisait), c’était Dieu lui-même qui s’asseyait à leur table et leur montrait sa bienveillance, sa proximité et son amour. Grâce à ces repas pris en commun avec Jésus, les convives entraient déjà, d’une certaine manière, en communion avec lui et lui avec eux.
La signification, la portée des repas pris en commun avec lui se révèlera pleinement au cours du dernier repas qu’il partagera avec ses amis la veille de sa mort.
Cette fois-ci il ne partagera plus seulement le pain de l’amitié, mais il se donnera lui-même en nourriture spirituelle. Quand il dit « Prenez et mangez ! Prenez et buvez ! » il communique cette vie qu’il reçoit lui-même du Père : De même que je vis par le Père qui m’a envoyé, de même celui qui me mangera vivra par moi.
Cela veut dire que participer à l’Eucharistie, c’est entrer dans le projet de Dieu. Ce projet, saint Jean le résume ainsi : Dieu a envoyé son Fils dans le monde, afin que par lui nous ayons la vie (1 Jn 4, 9).Et cette vie nous est offerte dans le repas eucharistique : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, dit Jésus.
Ce qui veut dire que foi en Jésus Christ et pratique eucharistique vont de paire. C’est ce que Jésus a exprimé d’une façon on ne peut claire quand il a dit : Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous !
Mais participer à l’Eucharistie, « communier », ce n’est pas seulement recevoir le Christ en soi et pour soi.
« Communier », c’est aussi manger ensemble le corps eucharistique du Christ. Manger, boire les animaux le font aussi. Et même s’ils le font côte à côte, ils se battent pour tout avoir, dans un refus du partage ; ils ne mangent pas « ensemble », mais « en rivalité ».
Chez l’homme au contraire, du moins s’il se comporte vraiment en être humain, le repas le plus simple est bien plus. Il est rassemblement de la famille, symbole et expression de la fraternité, de l’amitié, de l’hospitalité, et parfois il devient signe et occasion de réconciliation.
On comprend dès lors que « communier » au pain eucharistique ne se réduit pas à l’acte de le manger personnellement et à titre individuel. « Communier » doit aussi être un acte de communion fraternelle.
C’est à la table du Pain vivant que doit se réaliser l’unité de ceux qui croient en Jésus Christ. Car, nous a dit saint Paul (2ème lecture), la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.On peut dire que le but du Seigneur dans ce sacrement n’est pas de « convertir » du pain et du vin, mais de « convertir » nos cœurs et nos communautés, en sorte que tous ensemble nous devenions un seul corps et un seul esprit dans le Christ (3ème prière eucharistique).
Bien que sincèrement croyants il se peut que certains jours des doutes nous assaillent. Ce que nous voyons semble contredire ce que nous dit notre foi. Ainsi notre foi nous dit que Dieu est Amour, que Dieu veut notre bonheur, qu’il a envoyé son Fils dans le monde pour nous libérer de tout mal. Notre foi nous dit aussi que Dieu est tout-puissant, c’est-à-dire qu’il peut tout, que rien ne lui est impossible et qu’il « dirige le destin du monde ».
Mais alors, pourquoi tant de malheurs, tant de souffrances, tant de morts innocentes ? Pourquoi, s’il est vraiment Amour et tout-puissant, Dieu tolère-t-il la méchanceté, la cruauté et les perversions de tant d’hommes et de régimes politiques ou économiques
Frères et sœurs, ne nous affolons pas si, à certaines heures, il nous arrive de douter de Dieu, de son amour, de sa justice. Regardez Jean Baptiste.
Jésus a dit de lui que parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que lui, qu’il était beaucoup plus qu’un prophète. Il n’a pas été un roseau agité par le vent, mais un prophète à la parole de feu, un ascète hors du commun. Malgré les risques que cela comportait pour lui, il n’a pas hésité à stigmatiser publiquement l’inconduite d’un roi. Cela lui a valu la prison et lui coûtera la vie. Non, vraiment, Jean n’a pas été un roseau agité par le vent.
Et pourtant, alors qu’il est enfermé entre les murs d’un cachot, voici que surgit l’épreuve la plus terrible pour lui : sa foi est ébranlée, sa foi chancelle. Il se demande s’il ne s’est pas trompé au sujet de Jésus. Une voix sournoise lui murmure : « Tu vois bien : tout ce en quoi tu as cru est faux, ton Jésus ne ressemble en rien au Messie dont tu as proclamé l’avènement ! »
Comment expliquer le doute de Jean-Baptiste ?
Jean a douté de Jésus parce que, comme tous ses contemporains, il se faisait une certaine idée du Messie. Comme eux, il attendait un Messie triomphant, un Messie qui jugerait le monde et exterminerait tous les mécréants. Il tient à la main la pelle à vanner, avait-il proclamé ; il va nettoyer son aire à battre le blé ; il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas.
Or ce qu’on lui rapporte au sujet de Jésus ne correspond nullement à son attente. On lui rapporte, par exemple, que Jésus refuse catégoriquement de juger et de condamner qui que ce soit ; qu’il se laisse volontiers inviter chez des gens peu recommandables, qu’il refuse obstinément de se laisser proclamer roi par ses partisans. Non, décidément, Jésus ne correspondait absolument pas à l’idée que lui, Jean, se faisait du Messie.
Alors il se demande s’il ne s’est pas trompé. Oui, Jean est en proie au doute. Alors, ne pouvant pas se rendre lui-même auprès de Jésus, il lui envoie une délégation pour lui poser carrément la question : Es-tu celui qui doit venir ? Ou bien, me suis-je trompé à ton sujet et faut-il attendre un autre ?
Mais, chose remarquable, Jésus ne répond pas directement à la question de Jean. Il ne lui dit pas : « Ne t’inquiète pas ! Oui, je suis bien celui qui doit venir... Tu ne t’es pas trompé ! » Il ne donne pas à Jean une solution toute faite à son problème. Il l’invite à trouver lui-même la réponse. Comment ? En l’invitant, d’une part, à bien regarder ce qui se passe, et, d’autre part, à méditer les Écritures, à rapprocher ce qu’il voit de ce qu’a dit le prophète Isaïe.
A lui d’en tirer ensuite la conclusion qui s’impose. Il y a là une très importante leçon pour nous.
Si Jean, le plus grand des prophètes, a connu la nuit du doute, ne soyons pas étonnés si cela nous arrive aussi. Et surtout, disons-nous bien, que nos doutes ne sont pas nécessairement mauvais pour la foi.
Ils sont pour le croyant une incitation (une invitation) à purifier sa foi des fausses
Certes, le doute peut être le signe d’une foi encore incertaine, d’une foi qui se cherche encore ou d’une foi qui chancelle.
Mais même solidement établie, notre foi a encore besoin d’être purifiée. On n’a jamais fini de progresser dans la découverte et la connaissance de Dieu.
Si parfois le doute s’insinue en nous, c’est que nous n’avons pas encore découvert qui est véritablement Dieu. Car Dieu est le « tout autre ». Pour le connaître, nous n’avons pas d’autre moyen que de regarder et d’écouter Jésus Christ.
Voilà pourquoi il nous faut sans cesse méditer les Écritures et les évangiles, tout particulièrement la personne du Christ, ses paroles et ses actes. Car, a dit Jésus, personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. (Mt 11,27).
Charles Stierer
Quelle que soit donc notre condition ou notre situation sociale, riche ou pauvre, c’est à nous que Jésus s’adresse, c’est, dans nos pratiques, nos habitudes, nos attitudes, nos comportements que sa parole veut nous toucher en mettant en question le fond de notre cœur. Si je suis riche de biens, de conforts de toutes sortes, si je suis riche de santé, de compétences et de relations, et de bien d’autres choses encore, la question est de savoir : ma consolation se borne-telle simplement à tout cela, à la jouissance que je peux en tirer ? …est-ce que cela me suffit ?…est-ce que, en cela, je me suffit ainsi à moi-même ?… ou bien dans ma vie y a-t-il place pour autre chose, pour un au-delà, pour quelque chose de plus grand, de plus profond, de plus essentiel,… en un mot, y a-t-il place pour cet Autre qu’est Dieu ? … Y a-t-il dans ma vie place pour Dieu ? Pour Dieu à qui je me remets pour qu’il puisse me combler, pour qu’il puisse me donner ce que je ne peux pas me donner à moi-même : un bonheur et une joie qui ne peuvent venir que de lui et qui illuminent mon existence dès ici-bas sur cette terre. Voilà, semble-t-il, la vraie question qu’il faut avoir le courage et l’honnêteté de se poser.
Bien sûr, il y a derrière les textes de la liturgie de ce dimanche, l’interrogation plus large sur le bonheur et le malheur, et donc aussi sur la perception que nous en avons : bonheur et malheur étant les deux faces ou les deux dimensions de notre existence, notre existence concrète où nous sommes très fondamentalement interrogés sur la manière dont nous accueillons ce qui nous arrive. Le bonheur, nous le considérons comme une bénédiction et le malheur, comme une malédiction.
Le prophète Jérémie là-dessus nous éclaire dans le texte de ce dimanche, lui qui a connu pas mal d’épreuves dans sa vie personnelle. En exprimant les choses de façon radicale et contrastée, il nous donne aujourd’hui une vision et une compréhension assez juste de cette réalité fondamentale qui touche à notre quête du bonheur aussi bien qu’à l’épreuve du malheur lorsque nous le traversons. Jérémie dit : Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l’espoir. Et en même temps il avertit : Maudit soit l’homme (ou encore : Malheureux est l’homme) qui met sa confiance dans un mortel, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Luc dans ses Béatitudes dit en somme la même chose. Pour l’un et l’autre, malheureux sont ceux qui mettent leur consolation et leur confiance dans ce qui est mortel, (dans ce qui est destiné à mourir) dans leurs richesses et leurs sécurités ou dans ce qu’ils considèrent comme tel. Heureux, au contraire, celui qui s’appuie sur le Seigneur.
Jésus par ailleurs dans l’Évangile nous avait habitués à entendre de sa bouche qu’il y a les choses qui passent et qui sont périssables et d’autres qui demeurent et qui sont impérissables. C’est une vérité de l’Évangile , c’est aussi une vérité de la vie. Un jour ou l’autre, nous sommes ou nous serons bien obligés de nous rendre à cette évidence. Et de la considérer comme une réalité qui me concerne parce qu’elle est incontournable, parce que personne n’y échappe. Une réalité qui nous concerne tous et chacun, ici et maintenant, en cette vie et à plus forte raison lorsqu’on se dit ou lorsqu’on se reconnaît chrétien.
Paul, quant à lui, disait que si nous ne croyons au Christ que pour cette vie seulement nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Pourquoi donc ? Et bien parce que notre foi serait tronquée de l’essentiel. Elle se limiterait à cette vie à la seule dimension que je veux lui donner, et à la maîtrise que j’en ai. Elle consisterait au mieux en un agir moral parce que nous admirons le Christ (ce qui est déjà bien)… Mais Paul dit que c’est dans la mort, dans l’au-delà de la mort, dans la faiblesse extrême, dans ce qui nous échappe totalement, c’est là que se manifeste la puissance de Dieu qui est puissance de résurrection. C’est là dans ce qui nous fait traverser la mort avec le Christ Jésus que se manifeste la foi en la résurrection, c’est là que notre foi se vérifie vraiment.
« Heureux l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est l’espoir. » C’est au fond cette Béatitude-là qui est pour nous. C’est celle là qui nous ouvre sur l’avenir . Car Dieu nous a crées, non pas pour le malheur mais pour le bonheur. Pour le bonheur d’être et de vivre avec lui.
La Parole de l’Écriture nous le rappelle aujourd’hui avec vigueur. Cette Parole de vie qui est plus encore une parole à vivre et que Dieu nous adresse dimanche après dimanche au moment du rendez-vous eucharistique.
Une parole qui, à la fois, nous provoque et nous éclaire, qui nous renouvelle et qui nous convertit.
Demandons à Dieu de la laisser profondément pénétrer en nous pour qu’elle soit lumière sur notre route et joie pour notre coeur
homélie prononcée par Jean Marie Meyer
Incontestablement Jésus surprenait par son comportement, et même scandalisait les gens « comme il faut ». Pensez donc ! Il a osé appelé à rejoindre le groupe de ses intimes un homme méprisé de tous, un pécheur notoire, ce publicain de Matthieu. Et Matthieu a fêté son appel en offrant un festin. Bien évidemment ce sont ses collègues qui sont de la fête, tout un ramassis de « sales publicains ». Et l’on mange, et l’on boit, et l’on chante ! Et, au milieu de tout ce « beau monde » : Jésus ! Quel scandale !Et nous savons que Jésus a recommencé souvent. Au point qu’il acquerra une réputation assez scandaleuse pour les bien-pensants : Voici un glouton et un ivrogne, disait-on de lui, un ami des publicains et des pécheurs (Mt 11, 9).
Nous le savons tous, partager la table avec quelqu’un n’est pas un geste anodin. On ne mange pas avec n’importe qui, mais seulement avec ceux avec lesquels sont se sent proche ou avec lesquels on se veut proche. Quand Jésus allait manger avec les « publicains et les pécheurs », il se mettait en quelque sorte « de leur côté ». En plus, un bon Juif n’invitait à sa table que des gens rituellement « purs », c’est-à-dire des gens dont la fréquentation n’entraînait pas une impureté rituelle. Or, s’asseoir à la table d’un pécheur notoire entraînait une telle impureté. Mais Jésus n’en avait cure. Il se comportait en véritable « briseur de tabous ».
Mais pourquoi a-t-il fait cela ? Est-ce qu’il aurait été indifférent à la façon de vivre de ces gens-là ? Certainement pas !Mais en disant cela, mais surtout en se comportant comme il a fait, il s’est attiré la haine de ceux qui se prenaient pour des « justes ». Ce sont eux qui ont finalement repoussé le Fils de Dieu fait homme, l’ont fait mettre à mort. Par contre, ceux qui avaient conscience d’être pécheurs, qui avaient conscience de leur pauvreté spirituelle, ceux-là l’ont accueilli.
Ce qui signifie, entre autres, que pour être « sauvé », il faut commencer par se reconnaître pécheur et aller au Christ-médecin afin qu’il nous guérisse. Malheureusement, trop souvent nous ne nous rendons pas compte combien nous sommes « malades » spirituellement parlant.
A cela il y a, me semble-t-il, deux raisons principales :La première raison est la perte du sens du péché. Les consciences se sont rouillées, elles ne réagissent plus avec suffisamment de finesse ; elles souffrent de cécité spirituelle. Alors on ne voit plus le mal qui est en nous et combien peu nous mettons en pratique les exigences d’une vie authentiquement chrétienne.
L’autre raison pour laquelle nous avons du mal à nous reconnaître pécheurs, c’est notre désir de nous justifier nous-mêmes à nos propres yeux, aux yeux des autres et même aux yeux de Dieu. Nous avons horreur de nous sentir coupables ou de nous sentir jugés et condamnés. Nous avons besoin de nous sentir acceptés. Voilà pourquoi nous nous cherchons sans cesse des excuses.
Mais en nous comportant de la sorte nous montrons que nous n’avons pas encore vraiment assimilé le message évangélique. Dans notre inconscient subsiste l’image d’un Dieu justicier, d’un Juge qui instruit toujours à charge, jamais à décharge. Alors notre comportement se comprend : devant le gendarme ou le procureur, il est naturel de se chercher des excuses ou des circonstances atténuantes.
Cela n’est pas de mise devant Dieu, car Dieu n’est ni un gendarme ni un procureur qui instruirait un procès contre nous. Non, il est notre « médecin ». Parce qu’il nous aime il veut nous guérir, nous libérer de tout mal, nous libérer du péché, de ce mal qui empoisonne nos cœurs, nos vies, nos communautés humaines, nos familles ou nos sociétés.
Mais pour que le Christ-Médecin puisse nous guérir de ce mal, il faut d’abord en avoir conscience, puis aller vers lui avec une grande confiance, sans honte et sans complexe, sûrs de son amour pour nous, si pécheurs que nous soyons, car, comme le dit Jean, même si notre cœur vient à nous accuse, nous rester en paix, car Dieu est plus grand que notre cœur.
(1 Jn3,19)
Assurément, frères et sœurs, la figure de la sainte Vierge Marie nous est familière. Que se soit dans la plus humble chapelle dédiée à son, comme dans les plus grands sanctuaires qui nous parlent de ses apparitions, la Mère de Dieu se voit adresser un flot ininterrompu de prières et demandes de toutes sortes. Nous-mêmes, ici présent, avons certainement aussi déjà supplié la sainte Vierge pour lui demander sa présence, son aide, son soutient dans quelque épreuve : maladie, discorde dans un couple, une famille, désespoir pour l’avenir, perte d’un être cher,…
Si Marie est devenue
dès les tous premiers temps de notre Eglise cette confidente, cette
protectrice, entourée d’un grand respect, et d’une profonde vénération, c’est
qu’elle aura su être proche de son Fils, le Christ. Et dans cette relation,
Marie n’a nullement été épargnée par les épreuves : Annonciation (Joseph voulu
la répudier), son arrestation, son jugement, sa mort comme un simple
malfaiteur… Dans toutes ces étapes de la vie de son Fils, Marie était présente,
une présence humble, discrète, mais dans laquelle elle su, au-delà de la
douleur, être un modèle de courage, de confiance sans faille. Et c’est sans
doute aussi grâce à tout cela que nous trouvons en Marie un refuge, une valeur
sûre.
Frères et sœurs, la fête de l’Assomption est aussi pour nous le rappel que le mal, la mort n’ont pas pu atteindre la Mère de Dieu. Cette réalité de notre foi doit être pour nous une invitation à renouveler notre confiance, notre espérance en la promesse de la vie éternelle; cette vie nous ayant été obtenue par la mort et la résurrection du Christ Jésus.
L’Evangile de ce jour
est un passage très connu de saint Luc, il nous rapporte la visite effectuée
par Marie à sa cousine Elisabeth. Marie, répondant à sa cousine exprime sa foi
et sa joie envers Dieu par ces paroles qui deviendront le Magnificat. Ce texte
n’est au final qu’une action de grâce, un acte de remerciement de Marie pour le
Seigneur Dieu. Oui, par ses paroles Marie remercie Dieu pour son œuvre dans sa
vie. Cette jeune fille d’Israël, on s’accorde à dire raisonnablement qu’à ce
temps Marie devait avoir 16-17 ans, nous donne par là un exemple à méditer et à
imiter par les chrétiens d’aujourd’hui. N’occultons pas, n’oublions pas dans
nos vies de foi, dans nos comportements de croyants cette dimension qu’est
celle du remerciement, de l’action de grâce.
Je ne vais pas me
risquer à entreprendre ici l’inventaire de tous nos motifs de reconnaissance
que nous pouvons adresser à Dieu, mais je suis profondément convaincu que ces
motifs existent réellement. Car bien souvent nous sommes plus portés à mettre
le doigt sur ce qui est mal, sur ce qui ne va pas, faisant même parfois porter
à l’inexistance de Dieu la responsabilité d’un malheur ou d’un échec : Si
Dieu existe alors pourquoi, cet accident, ce drame, cette maladie,…? Affirmer cela c’est souvent exprimer sa
colère, et en même c’est vouloir faire porter à Dieu une responsabilité qui ne
lui revient pas. N’oublions pas qu’il existe tout simplement le cours de la
vie, le déroulement des jours avec leurs lots de joie ou de peine.
L’Assomption de la Vierge Marie nous invite précisément à porter nos regards vers le haut, et à le faire avec une attitude de confiance, de remerciement. Tout ne va quand même pas si mal ! Tous et toutes, à divers degrés, nous avons aussi à adresser au Seigneur Dieu des joies, des reconnaissances, des remerciements parce que de manière souvent mystérieuse et discrète, nous avons été témoins de l’œuvre du très haut dans nos vies ou dans celle d’un proche.
La vie de Marie ne peut
être dissociée de celle de Jésus-Christ : elle la porté, l’a aimé, elle ne
cesse de le regarder. Ainsi en regardant Marie nos regards se portent vers son
Fils.
Chers amis, tous les saints ont eu une grande dévotion à la sainte Vierge Marie. Tel fut aussi le cas du saint Curé d’Ars. Parlant d’elle il dira notamment : On n’entre pas dans une maison sans parler au portier. La Sainte Vierge est la portière du ciel.
Alors, n’hésitons pas à nous entretenir avec cette sainte portière, et avec elle remercions le Seigneur Dieu pour son œuvre dans nos vies.
Amen.
Mathieu Baltzer
Franchement, est-ce que cette histoire de la veuve aux sept maris ne vous paraît pas ridicule ? Elle l’est effectivement! Ceux qui l’ont racontée à Jésus voulaient qu’elle le soit. Et ils le voulaient parce qu’ils voulaient ridiculiser la foi en « la résurrection des morts ». En effet, les interlocuteurs de Jésus, les sadducéens prétendaient qu’il n’y a pas de résurrection.
Et pourtant ils n’étaient nullement des incroyants. Ils étaient ce qu’on appellerait aujourd’hui « des fondamentalistes ». Ils voulaient rester strictement fidèles à la foi de leurs ancêtres et refusaient qu’on y change ou y ajoute quoi que ce soit. En effet, les Israélites les plus anciens ne croyaient pas à la résurrection, ni même à une vie éternelle digne de ce nom.
Certes, à leurs yeux la mort n’était pas un anéantissement total. Ils pensaient que, quand l’homme mourait, « quelque chose » de lui subsistait, une sorte d’ombre de lui-même. Cette ombre rejoignait le shéol (le séjour des morts ou les enfers). C’était un lieu de silence, de ténèbres et d’oubli, où tous les morts, les bons comme les mauvais, connaissaient un même sort misérable. C’était un lieu sans espérance, où ils étaient oubliés de Dieu lui-même.
Cette sorte de désespérance est exprimée dans de nombreux psaumes, par exemple dans Ps 6, 6 : « Dans la mort, nul souvenir de Toi! » Même le prophète Isaïe (38, 18-19) partage ce pessimisme fondamental : Le séjour des morts ne peut te louer, ni la mort te célébrer. Ceux qui descendent dans la tombe n’espèrent plus en ta fidélité. Le vivant, lui seul, te loue, comme moi, aujourd’hui. Bref, la vie après la mort, telle que se l’imaginaient les anciens, ne méritait pas même le nom de vie.
En fait, ils étaient convaincus que l’homme ne pouvait se survivre qu’à travers ses descendants. C’est pourquoi la Loi mosaïque ordonnait au frère d’un homme mort sans enfants d’épouser sa veuve pour assurer une descendance légale au défunt, et lui permettre de survivre de cette façon. (On appelait cette loi la loi du lévirat). C’est elle que les sadducéens invoquent pour montrer que la foi en la résurrection est parfaitement ridicule.
Ce n’est qu’aux environs du 2e siècle avant J. Chr. que la Révélation ouvre un autre horizon. C’est à partir de ce moment-là que la mort est présentée comme un passage vers la vie en plénitude auprès de Dieu. Et cette Révélation affirme que cette « vie après la vie » n’est pas celle d’une « âme » désincarnée, mais qu’elle concerne toutes les dimensions de l’être humain, et donc que le corps, lui aussi, y aura part. Autrement dit : A la fin des temps les morts ressusciteront.
Du temps de Jésus, cette conviction était partagée par presque tous les croyants. Seuls les « traditionalistes », les sadducéens, faisaient exception. Jésus, nous le savons, partageait la foi en la résurrection. Bien plus, il affirmait : Tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtient la vie éternelle, et moi, je le ressusciterait au dernier jour (Jn 6, 40).
Cependant - des sondages le prouvent – beaucoup de chrétiens éprouvent de grandes difficultés à adhérer vraiment à cet article de notre Credo. Pourquoi ? Je pense que la foi en la résurrection nous fait difficulté, parce que nous n’arrivons pas à nous imaginer comment cela est possible. Nous n’arrivons pas à nous imaginer comment des squelettes peuvent revivre, comment quelqu’un peut retrouver son corps incinéré ou dévoré par une bête, ou volatilisé dans une explosion.
En fait nos difficultés proviennent surtout de ce que nous nous faisons une idée trop terre-à-terre de la résurrection. Jésus lui-même met en garde contre une conception trop matérialiste quand il dit : « Ceux qui seront jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection des morts... seront semblables aux anges. »
«Semblables aux anges », voilà une image qui ne nous dit pas grand-chose. Elle évoque pour nous tout juste de jolis éphèbes avec des ailes dans le dos... Ce qui est évidemment parfaitement ridicule. En fait, les « anges » sont des créatures spirituelles, dont l’existence n’est pas soumise aux lois de la matière. Autrement dit, lors de la résurrection nous ne seront plus soumis aux lois biologiques de la matière vivante, telle que nous la connaissons... C’est d’ailleurs tout ce qu’il est possible d’en dire.
Et même Jésus ne pouvait en dire plus, car rien ici-bas, aucune expérience d’ici-bas de ne peut donner une idée des réalités de l’au-delà. Ces réalités ne sont pas de notre monde, se situent hors du temps, hors de l’espace et échappent donc à notre pouvoir de représentation.
Il en va comme pour un enfant encore à naître, encore dans le sein de sa mère. Que pourrait-on lui dire pour lui faire connaître la vie qui l’attend ? A supposer qu’il connaisse déjà notre langue, nos mots ne lui diraient rien, parce qu’il n’a encore aucune expérience de notre monde. Il ne pourra commencer à le découvrir que lorsqu’il sera « venu au monde ». Il en est ainsi de la résurrection. Nous ne commencerons à comprendre que le jour où nous naîtrons au monde à venir.
Au lieu de tergiverser, de ruminer nos doutes, faisons confiance au Christ et disons avec saint Pierre : Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur qui, dans sa grande miséricorde, nous a fait renaître grâce la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillures, ni vieillissement. (1 P 1,3s) ◙
P. Charles Stierer
Imaginez-vous que vous vivez au temps de Jésus. En compagnie de quelques amis vous vous rendez à pieds vers une colline de Galilée, où, dit-on, Jésus se trouve en ce moment. Imaginez cette marche à travers la campagne. Il fait très chaud. A fur et à mesure que vous approchez de votre destination d’autres groupes rejoignent le vôtre. Des gens qui viennent de partout, petits et grands.
Et quand vous arrivez sur la colline, il y a déjà plusieurs milliers de personnes rassemblées. Un immense brouhaha remplit l’air pendant un bon moment… Puis, tout à coup, un grand silence se fait. Debout sur un rocher, Jésus élève la voix… Comme les autres vous êtes fascinés par son regard, par ce qu’il dit, par la manière dont il parle… Vous ne voyez pas le temps passé…
Mais le temps passe tout de même. Le soir approche. Le soleil se couche sur le lac, embrasant le ciel de ses feux rouges et orange. Il serait temps de partir, de rentrer chez vous. Mais personne ne bouge. Vous non plus… Finalement Jésus se tait… Et dans le silence, les gens commencent à ressentir la faim qu’ils avaient complètement oubliée pendant qu’ils étaient suspendus aux lèvres de Jésus… Vous aussi, vous avez faim tout à coup. Mais vous avez été prévoyant : dans votre sac à provisions il y a quelques poissons séchés et quelques petits pains savoureux. Et vous vous apprêtez à les déguster de bon appétit.
Mais tout à coup vous entendez Jésus dire : « Les gens ont faim… Tout le monde n’a pas été prévoyant… Il faut faire quelque chose. Y a-t-il quelqu’un qui a de quoi manger et qui voudrait bien partager avec les autres ? » Vous regardez vos cinq petits pains et vos deux poissons que vous avez déposés sur une couverture devant vous… Et vous vous dites : « Qu’est-ce que cela pour tant de monde ! Si j’accepte de partager, tout le monde restera sur sa faim, moi et les autres. » Donc, raisonnablement, vous estimez que Jésus ne peut pas vous demander de partager avec la foule le peu que vous avez.
Mais tout à coup vous vous rendez compte que Jésus vous regarde, vous, vos petits pains et les deux poissons déposés devant vous. Il ne dit rien. Mais vous sentez son regard sur vous.
Vous êtes gêné… et puis vous tendez vos provisions à l’un des apôtres. Et vous n’osez pas croire vos yeux…Les apôtres distribuent, distribuent… et il en reste toujours. Tout le monde mange de bon appétit… Avec ce qui reste, les apôtres remplissent douze paniers à ras bord.
Maintenant, pensez à aujourd’hui ! Pensez à ces images insoutenables de la famine en certaines régions du monde et que l’on voit parfois à la télévision. Elles sont insoutenables. Oui, il est humainement insoutenable de voir, pour ainsi dire en direct, des enfants souffrir et mourir… De par le monde, il y a tant de misère, de pauvreté, de détresse alors que quelques euros par personne suffiraient le plus souvent pour sauver ces miséreux.
Mais sans doute êtes-vous saisis d’un sentiment d’impuissance face à ces foules de pauvres et de malheureux. Vous vous dites : « Je n’ai pas grand-chose à partager ; moi-même, je ne fais pas partie des nantis de ce monde ; si je me laissais émouvoir par toute cette misère, et si je donnais tant et plus, je serais moi-même très vite dans la misère… Et puis, de toute façon, ce que je pourrais donner ne serait qu’une goutte d’eau dans un océan… Alors, à quoi bon ? »
Mais imaginez-vous maintenant que Jésus vous regarde, vous et votre maison ou votre logement, votre salon, votre voiture, votre télévision, votre table et… votre poubelle ! Oui, essayez d’imaginer ! Imaginez-vous ce que vous ressentiriez à cet instant !Vous seriez certainement bouleversé, retourné par le regard silencieux de Jésus…. et vous prendriez un peu sur le peu que vous pensez avoir….
Si tout le monde en faisait autant, bien des choses changeraient…Oui, avec le peu que chacun de nous peut partager, Jésus peut faire des miracles, et des multitudes pourraient manger à leur faim.
Cependant, je pense, que la charité, l’aide humanitaire ne pourra jamais résoudre le problème de la faim et de la pauvreté dans le monde. Ces problèmes demandent aussi une solution politique. Les décisions nécessaires relèvent de la responsabilité des gouvernants. Eux seuls disposent des moyens…
Mais il ne faudrait pas que nous nous débarrassions de nos propres responsabilités sur le dos des hommes politiques et de garder bonne conscience. Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous dit : « Fais ce qui est en ton pouvoir, même si c’est peu, même si cela te semble inutile… et alors tu verras des choses extraordinaires s’accomplir. »
Charles Stierer homélie du 17e dimanche du temps ordinaire« Oui, mais... » Vous connaissez cette expression. Elle revient continuellement dans notre bouche.
« Oui, je voudrais te faire confiance, mais tu m’as si souvent déçu... »
« Oui, j’aimerais bien te venir en aide, mais pour le moment je n’ai vraiment pas le temps. »
« Oui, mais... », ce n’est pas un refus catégorique. Mais les réticences, les doutes, le refus l’emportent. Le non est plus fort que le oui.
En ce qui concerne notre foi, les « oui, mais... » ne sont pas rares non plus.
« Oui, je voudrais vraiment vivre selon l’Évangile, mais, vous savez, je ne suis pas un saint!»
« Oui, je voudrais faire confiance à l’amour et à la justice de Dieu, mais quand on a été maltraité par la vie comme je l’ai été, c’est difficile... »
« Mais », ce petit adverbe de quatre lettres seulement exprime souvent bien des déceptions, bien des échecs, bien des découragements et bien des blessures.
« Oui, mais... », c’était aussi l’état d’esprit de l’apôtre Thomas au lendemain de Pâques. « Vous me dites que Jésus est vivant, que vous l’avez vu... Je voudrais bien vous croire, mais si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si ne je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas! »
Autrement dit : « Je voudrais bien vous croire, mais pour le moment je ne le peux pas; trop de doutes, trop de questions m’assaillent... J’ai été trop déçu... Je suis trop blessé au dedans de moi-même... »
Bien des personnes se trouvent dans des situations semblables. Oui, elles voudraient croire, mais la vie a été si décevante pour elles, et même la foi ne les a pas aidées...
Que leur répondre ? Trouver de solides arguments pour leur prouver qu’ils ont tort ? Cela sert rarement à quelque chose.
Ainsi en était-il de Thomas. Sa désillusion et sa déception ont été tellement grandes et profondes que le témoignage de ses amis n’a pas réussi à le convaincre que Jésus était vraiment ressuscité. Seule l’expérience personnelle d’une rencontre vivante avec le Christ vivant pouvait le sortir de là.
Et Jésus lui donne de faire cette expérience. Alors d’un seul coup, les doutes de Thomas s’évanouissent.
Le cas de Thomas montre que l’information seule, que l’instruction religieuse à elle seule ne suffit pas pour éveiller la foi. Le témoignage des autres, si indispensable qu’il soit, ne peut que préparer le chemin de la foi, il ne peut pas la donner. Seule la rencontre personnelle et vivante avec le Christ peut faire surgir la foi.
Remarquons que Thomas n’a rencontré le Christ ressuscité que le jour où, renonçant à son isolement, il est revenu au milieu des autres disciples. L’évangile, incontestablement, veut nous dire que la rencontre avec le Christ ressuscité se fait normalement dans le cadre d’une communauté, pourvu, bien sûr, que cette communauté soit une communauté vivante, fraternelle, chaleureuse et accueillante.
Mais bien souvent, comme Thomas, nous voudrions d’abord voir avant de croire. Cependant Jésus nous dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Jésus nous dit en quelque sorte : « C’est le chemin inverse qu’il faut prendre. Comporte-toi d’abord comme un croyant, insère-toi dans une communauté de foi vivante, et alors tu auras la possibilité de faire l’expérience d’une rencontre vivante avec moi. »
Malgré cela, il faut avoir conscience que cette expérience d’une rencontre vivante avec le Seigneur, on ne peut pas la faire à volonté. C’est une grâce.
Mais là, une autre question peut surgir à notre esprit : Pourquoi certains semblent-ils plus favorisés que d’autres sur ce point? Pourquoi Saul le persécuteur a-t-il rencontré le Christ sur le chemin de Damas, alors que rien ne pouvait le laisser prévoir? Pourquoi un André Frossard, qui avait grandi dans l’incroyance la plus totale, a-t-il fait un jour une expérience telle qu’il a pu écrire : Dieu existe, je l’ai rencontré.
Oui, pourquoi, certains font-ils l’expérience d’une rencontre inoubliable avec Dieu, avec le Christ, et pourquoi d’autres sont-ils obligés de tâtonner dans la nuit ? Je n’ai pas de réponse à cette question. Cela reste le secret de Dieu.
homélie du Père Stierer
Ce que Jésus a fait ce jour-là ne lui sera jamais pardonné. Ce jour là Jésus a signé sa condamnation à mort.
Mais pourquoi cette intervention musclée de Jésus a-t-elle provoque une telle indignation ?
La raison en est qu’en s’en prenant au Temple de Jérusalem et au culte qui s’y déroulait, il s’en est pris à ce qu’il y avait de plus sacré pour la conscience juive. Le Temple était en effet le coeur religieux d’Israël, « la demeure de Yavéh », le lieu de sa présence au milieu de son peuple. C’est pourquoi le Temple de Jérusalem était le seul endroit où, en Israël, on pouvait offrir des sacrifices à Dieu.
Pour les grandes fêtes, comme pour Pâque, par exemple, les Juifs de Palestine avaient à coeur de s’y rendre. Et ceux de la diaspora, c’est-à-dire ceux qui étaient dispersés à travers le monde, faisaient parfois d’énormes sacrifices pour s’y rendre au moins une fois dans leur vie.
S’en prendre au Temple était donc quelque chose d’énorme. Quand, au 2e siècle av. J.C., le roi Antiochus le profane (en y installant un culte païen), c’est la révolte générale et le début d’une longue et sanglante « guerre sainte » (Cf. 1 M 4, 36-43).
Mais s’en prendre au Temple, ce n’était pas seulement porter atteinte au coeur religieux d’Israël, cela revenait aussi à mettre en danger toute la vie sociale et économique de Jérusalem. La ville entière vivait en effet du Temple, depuis la classe dirigeante jusqu’au plus humble artisan et commerçant. Le Temple était pratiquement le seul employeur de Jérusalem. Ce que Jésus a fait ce jour-là devait donc nécessairement provoquer une énorme indignation.
Mais pourquoi donc Jésus a-t-il fait ce qu’il a fait ? Quel but poursuivait-il donc en s’en prenant d’une façon aussi énergique au culte qui se déroulait en ce lieu sacré entre tous ? Est-ce qu’il voulait donner une leçon à un service d’ordre défaillant, un service d’ordre qui aurait toléré un désordre intolérable dans ce lieu saint ?
Mais le commerce qui se déroulait sur l’esplanade du Temple, si scandaleux à première vue, était absolument indispensable. Certes, il pouvait s’y mêler bien des abus, mais sans les vendeurs et les changeurs les pèlerins n’auraient pas pu acheter les animaux et les offrandes qu’ils voulaient offrir en sacrifice. Quand Marie et Joseph sont venus au Temple pour présenter et consacrer l’enfant Jésus à Dieu, ils avaient été bien contents de pouvoir acheter sur place la paire de tourterelles que la Loi leur demandait d’offrir à cette occasion.
En s’en prenant à ce commerce, Jésus ne visait certainement pas à remettre simplement de l’ordre dans le Temple.
Alors, voulait-il dénoncer d’une manière spectaculaire le formalisme du culte qui s’y déroulait ?
Certes, il était presque inévitable qu’il s’y mêlât pas mal de formalisme. C’est un risque permanent de tous les rites religieux. Plus d’une fois, Jésus s’en est pris à des pratiques religieuses qui n’étaient qu’une observation toute extérieure d’un certain nombre de rites, mais qui négligeaient de veiller aux dispositions du cœur que ces rites devraient traduire. Mais est-ce que cela méritait une intervention aussi musclée ? Non, cela allait beaucoup plus loin.
Par son intervention Jésus ne visait pas d’abord à purifier le culte rendu à Dieu dans le Temple, à y mettre de l’ordre et à lui redonner une « âme ». En faisant ce qu’il a fait, il voulait poser « un signe ». Le sens de ce « signe » nous est donné par ces paroles mystérieuses : Détruisez ce Temple et en trois jour je le relèverai.. Le Temple dont il parlait, c’était son corps, ajoute l’évangéliste, c’est-à-dire lui-même.
Autrement dit, Jésus voulait signifier que, par sa venue, le Temple de Jérusalem avait cessé d’être le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. Désormais, le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, ce ne sera plus jamais un temple de pierres, mais sa propre personne et tout particulièrement son corps livré pour nous, ce corps auquel nous communions au cours de nos eucharisties. C’est pour cela que l’Eucharistie est le lieu privilégié de la rencontre de Dieu.
Désormais le véritable médiateur entre Dieu et les hommes, ce sera lui, et non pas le grand-prêtre officiant dans le Temple. Les sacrifices qui y sont offerts n’ont plus de raison d’être, car c’est lui qui sera l’agneau offert, une fois pour toutes, pour la rémission des péchés et la rédemption du monde. Et nous bénéficions des fruits de ce sacrifice grâce à notre participation à l’Eucharistie.
Il faut aller plus loin encore. Saint Paul dira aux chrétiens de Corinthe (et à travers eux à tous les chrétiens) : Vous êtes le corps du Christ (1 Cor 12, 27), n’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu (1 Co 30 16).
Vous, c’est à dire nous. Nous l’Église, nous le peuple de Dieu, nous formant ici cette assemblée, nous sommes le Corps du Christ, le Temple de Dieu. Désormais, la présence du Seigneur n’est plus liée à un lieu, à un édifice si prestigieux qu’il soit. Il est présent là où une communauté fraternelle est rassemblée: Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux, a promis Jésus à ses amis (Mt 19,20).
Autrement dit : nos cathédrales, nos basiliques, nos églises ne sont nullement les lieux privilégiés de la présence du Seigneur. Elles ne sont que des coquilles vides, si elles ne sont pas habitées par des communautés vivantes et fraternelles.
Et le culte que le Seigneur attend de nous, ce n’est pas l’offrande de choses, des offrandes d’argent ou des sacrifices d’animaux. Non, le culte qu’il attend de nous, c’est l’offrande de nous-mêmes, de toute notre vie, l’offrande d’une vie transformée et transfigurée par l’Esprit Saint. C’est pour cela que le prêtre dit, dans la 3ème Prière Eucharistique : Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire, ou bien, une vivante offrande à la louange de ta gloire. (4e Prière eucharistique)
Supposons un instant que quelqu’un vienne nous demander : « Chrétiens, où est le Temple où vous adorez votre Dieu? » Faudrait-il lui montrer notre église ? Cela ne serait nullement la bonne réponse. L’unique bonne réponse serait celle-ci : « Regarde-nous vivre et tu sauras où et comment nous adorons notre Dieu. »
C’est tout cela que Jésus a voulu signifier en procédant à « la purification du Temple ».
La veille de sa mort, Jésus avait dit : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Non seulement il l’a dit mais il l’a fait.
En contemplant la croix du Christ, nous nous rendons compte à quel point Dieu nous aime. Chacun de nous peut se dire, avec émerveillement, comme saint Paul : Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi (Ga 2, 20).
Cependant, il faut le reconnaître, nous aurions beaucoup plus de motifs de désespérer que d’espérer, si tout s’était terminé au soir du vendredi saint, sur le Golgotha, avec la mise au tombeau du corps martyrisé de Jésus. S’il n’y avait pas eu « autre chose », le Christ n’aurait été qu’un souffrant de plus, un torturé de plus. Un crucifié parmi des milliers d’autres.
Quand on a roulé la grosse pierre devant l’entrée de son tombeau, il semblait évident que Dieu avait échoué dans la réalisation de son projet sur l’humanité. La lourde pierre fermant l’entrée du tombeau semblait démontrer clairement que la haine sera toujours plus forte que l’amour, l’injustice plus forte que la justice, et la mort plus forte que la vie.
Si cela avait été vrai, la croix du Christ nous laisserait sans espérance. Alors, les croix de nos cimetières, les millions de croix sur les tombes des cimetières militaires, les croix innombrables sur les tombes des martyrs de la justice et de l’amour, alors toutes ces croix ne seraient qu’une protestation impuissante contre l’absurdité de la vie, contre le néant, contre la folie des hommes, leur haine et leur violence meurtrière. Alors, oui, nos croix crieraient l’échec définitif de Dieu lui-même et de son projet d’amour sur le monde.
Oui, ce serait vrai,... si l’histoire de Jésus s’était terminée le vendredi-saint, là-bas, aux portes de Jérusalem, il y a 2000 ans. Mais celui qu’on avait cru mort et enterré, a surgi de la tombe dans la splendeur de la Résurrection. Le tombeau est vide. Le corps martyrisé de Jésus n’est plus là où on avait cru pouvoir l’enfermer pour toujours. On croyait que tout était fini, et voilà que tout commence. l’échec devient victoire, la mort semblait avoir vaincu, et c’est la Vie qui triomphe!
Dans la résurrection de Jésus crucifié et enterré, le règne de Dieu fait irruption en ce monde, voué, selon toutes apparences, au mal, au péché, à la mort. C’est pourquoi Pâques n’est pas seulement l’issue heureuse du drame personnel de Jésus. La résurrection du Christ n’est pas seulement une intervention de Dieu en sa faveur. « Christ est le premier-né d’entre les morts » (Col 1,18), « l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29).
La résurrection du Christ nous concerne tous, car en ressuscitant son Fils, Dieu a, une fois pour toutes, aboli la frontière de la mort. Avec les premiers chrétiens nous pouvons chanter : « La mort a été engloutie dans la victoire. O Mort, où est ta victoire? O Mort, où est ton dard venimeux? » (1 Cor 15,55).
C’est pourquoi, la résurrection du Christ n’est pas seulement un événement du passé, le point final d’une histoire passée et dépassée, qui n’a plus rien à voir avec nous, les hommes du 21e siècle.
Depuis la résurrection du Christ, le monde, notre monde, est un monde ouvert sur un au-delà.
En la nuit de Pâques un monde nouveau a fait irruption dans notre monde à nous. Désormais nous ne sommes plus prisonniers de notre existence périssable sur cette terre, la vie n’est plus l’antichambre de la mort, une prison avant l’échafaud.
Ce qui s’est produit en la nuit de Pâques est le commencement de quelque chose dont la réalisation est en cours et qui ira irrésistiblement jusqu’à son terme. Pâques a déclenché un dynamisme que plus rien ne pourra arrêter. Pâques n’est donc pas la commémoration d’un événement passé et dépassé. Nos alléluias chantent un présent et un avenir !
Le fondement de notre espérance, ce n’est pas la Croix ; le fondement de notre espérance, c’est Pâques. Que Dieu ait voulu partager nos souffrances et notre mort, cela peut être une grande consolation pour le croyant. Mais Dieu ne console pas seulement. Dieu fait mieux. Dieu donne l’espérance.
homélie du Père Stierer
Un écrivain célèbre, André Gide, qui a profondément marqué les esprits du XXe siècle, a écrit ceci : Commandements de Dieu, vous avez endolori mon âme. Commandements de Dieu serez-vous dix ou vingt ? Jusqu’où rétrécirez-vous vos limites ? Enseignerez-vous qu’il y a toujours plus de choses défendues ? De nouveaux châtiments promis à la soif de tout ce que j’aurai trouvé beau sur la terre ? Commandements de Dieu, vous avez rendu malade mon âme.
Incontestablement, l’image de Dieu que cet écrivain a retenu est celle d’un Dieu qui d’abord interdit. Et ce Dieu qui interdit est un Dieu qui avant tout punit. Gare à celui qui ne marche pas droit ! Il brandit perpétuellement la menace du châtiment éternel. On le dit juge suprême, mais il est aussi témoin à charge et procureur. Un tel Dieu n’est pas « aimable », il ne suscite aucun élan du cœur. Impossible de vraiment l’aimer. Cette image d’un Dieu justicier, d’un Dieu sans cœur, habite encore, hélas ! bien des consciences. Malheureusement elle a conduit beaucoup de nos contemporains à se détourner de Dieu.
La nouvelle génération de chrétiens a, heureusement, redécouvert que Dieu est Amour, tendresse, bonté et miséricorde. Mais, curieusement, ce retour à une conception de Dieu plus conforme à l’Évangile a produit un nouveau type de chrétiens : les chrétiens platoniques.
Les « chrétiens platoniques » sont des chrétiens qui disent croire en l’amour prévenant et fidèle de Dieu... Mais cela ne les incite pas à faire de leur vie une réponse d’amour à l’amour de Dieu. Cette conviction les amène plutôt à se dire : « Puisque Dieu est Amour, puisque rien ne peut nous séparer de son amour, il n’y a pas à s’en faire. » Dieu est peu à peu rejeté à la périphérie de leur vie, et même finit par en sortir complètement. Dieu devient un étranger pour eux, alors que le premier de tous les commandements, a dit Jésus, consiste à aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de tout son esprit et de toutes ses forces. Cette accumulation de répétition veut évidemment exprimer l’intensité et la totalité de cet amour ; il doit mobiliser et investir toutes nos facultés et toutes nos énergies vitales.
Mais qu’est-ce qui me permet de tester l’authenticité de mon amour pour Dieu ? Saint Jean répond : Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas (1 Jn 4, 20).
Il n’est donc pas étonnant que, dans sa réponse à la question du scribe, Jésus ait lié indissolublement l’amour de Dieu et l’amour du prochain en disant : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.
Mais on peut tout de même se demander si l’amour de soi peut vraiment servir de modèle de l’amour dont nous devons faire preuve envers notre prochain ?
Il faut distinguer entre amour de soi et « amour propre ».
L’amour propre n’est rien d’autre que l’égoïsme, c’est-à-dire un attachement excessif à soi-même et à ses intérêts personnels au mépris des intérêts et des droits des autres. Il ne peut certainement pas servir de modèle de l’amour du prochain.
Mais il y a un amour de soi tout-à-fait légitime et même nécessaire. Il est en effet tout-à-fait légitime de chercher son bonheur, de chercher à grandir humainement, intellectuellement, moralement et spirituellement. Il est tout-à-fait nécessaire de vouloir faire son salut. Il serait grave de s’en désintéresser.
Quand quelqu’un ne s’aime plus soi-même et même en vient à se mépriser, c’est le signe que quelque chose ne va pas, le signe qu’il a sans doute subi, un jour ou l’autre, un traumatisme psychologique qui a perturbé et même cassé sa personnalité.
Il y a donc un amour de soi légitime et même nécessaire.
Et quand Jésus nous dit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, il nous demande de vouloir et de chercher à faire le bien et bonheur de notre prochain comme nous le faisons spontanément pour nous-mêmes. Alors ma vie ne sera plus centrée uniquement sur moi-même, mais j’aurai souci de l’autre, de son bien et de son bonheur.
Les paroles du Christ nous invitent à procéder à une véritable révolution, une révolution bien difficile, car notre moi exerce une telle force d’attraction que nous sommes continuellement tentés de tout ramener, égoïstement, à nous-mêmes. C’est sans doute à cause de cela que Jésus changera ultérieurement le modèle de référence. En effet, la veille de sa mort il dira aux apôtres: Aimez-vous les uns les autres comme moi, je vous ai aimés. Désormais c’est l’amour du Christ pour nous qui devient notre référence, l’exemple et règle de notre amour du prochain.
Et nous savons comment le Christ a aimé : Il a accueilli, il s’est fait le serviteur de ses frères, il s’est donné, « livré », il s’est offert, il s’est sacrifié... Il n’a été que don de lui-même.
Comme il l’est quand son corps eucharistique est déposé dans nos mains. Voilà pourquoi, quand nous allons « communier », nous devons sincèrement vouloir aimer notre prochain comme le Christ nous aime. La participation à l’Eucharistie est une exigence absolue d’amour de notre prochain.
homélie du Père Charles Stierer
retour en haut de pageNoël approche. Les préparatifs vont bon train. Nous voulons que Noël soit une belle fête, une fête pas comme les autres. Mais qu’est-ce qu’une belle fête? A regarder les tracts ou spots publicitaires, on voit qu’il n’est question que de cadeaux parfois somptueux, de réveillons, de séjours à la montagne...
Nous, les chrétiens, si nous voulons vraiment être chrétiens, nous ne pouvons pas nager avec le courant. Il nous faut réagir. Nous n’avons pas le droit de nous contenter d’une simple préparation matérielle. Le croyant se doit d’accueillir le Christ. Ce qui est une démarche spirituelle, une attitude du coeur et de l’esprit.
L’évangile de ce dimanche, par la voix de Jean Baptiste, nous y invite.Il nous invite à rendre droits les sentiers, à combler les ravins, à abaisser les montagnes, à redresser les passages sinueux.
Il ne s’agit pas, évidemment, de construire une autoroute. Il s’agit d’enlever ce qui fait obstacle à l’avènement du Christ et du Royaume de Dieu.
Ces obstacles, nous les connaissons. Il y a en ce monde des montagnes de haines et de préjugés à l’égard, surtout, des gens qui sont d’une autre culture que la nôtre ; il y a des montagnes d’injustices ou d’indifférence à l’égard des pauvres...Il y a des fossés, parfois des gouffres, d’incompréhensions y compris dans nos familles et dans nos paroisses.
C’est pourquoi, « se convertir », cela veut dire : lutter contre l’égoïsme, les injustices, contre l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est travailler à faire régner la compréhension, la fraternité, la justice, la solidarité avec les plus démunis…
Mais cette conversion-là, si indispensable qu’elle soit, n’est pas encore suffisante. Bien des incroyants, bien des gens qui se disent athées, s’engagement dans ce combat-là.
« Se convertir », dans le sens de l’évangile, c’est aussi et surtout se tourner vers Dieu, ouvrir nos cœurs à Dieu. C’est pourquoi la première condition d’une conversion authentique, c’est le désir de Dieu, c’est désirer sa venue, chez nous, dans notre vie personnelle, dans nos familles, dans notre monde.
Nous le savons bien, quelqu’un dont la venue n’est pas désirée, sera reçu comme un importun, comme quelqu’un qui dérange. Il sera mal reçu, ou il ne sera pas reçu du tout... On fera peut-être semblant, on se contentera de quelques gestes de politesse, puis, plus ou moins doucement, on le poussera dehors.
C’est ce qui se passe aujourd’hui dans notre société. Il reste quelques vestiges des traditions chrétiennes. On s’y conforme encore, par tradition justement, par coutume, mais sans que cela exprime une adhésion profonde aux valeurs dont ces coutumes sont porteuses. Et ainsi, tout doucement, Dieu est mis à la porte...
Il en va tout autrement quand on désire vivement la venue de quelqu’un. Son arrivée sera une fête.
Et on s’y prépare, parfois longuement. On prend des dispositions pour bien le recevoir, pour qu’il se sente bien chez nous. Regardez des parents qui attendent un enfant, un enfant dont la venue est désirée... Comme ils se préparent à sa naissance, matériellement bien sûr, mais aussi dans leur coeur.
Pour accueillir le Seigneur, il faut faire comme eux : préparer son coeur à sa venue. Prenons conscience qu’il y a en chacun de nous bien des choses qui font obstacles à la venue du Seigneur, même si nous sommes sincèrement croyants. Si facilement le Seigneur est relégué dans un coin de nos existences : comme c’est le cas quand on ne prie plus ou presque plus ;quand on cesse d’écouter, de méditer et d’intérioriser la Parole de Dieu, quand on cesse de fréquenter l’Évangile pour s’en imprégner ;quand nos rencontres avec le Christ dans l’Eucharistie deviennent épisodiques, ou même n’ont plus lieu ; quand on arrive à se dire « croyant mais non pratiquant ».Les « soucis de la vie » nous accaparent tellement parfois que, sans peut-être nous en rendre compte, nous laissons le Seigneur à la porte. Nous nous disons peut-être : « Il faut que j’aille lui ouvrir », mais sans cesse aussi toutes sortes de prétextes nous retiennent de le faire.
Or le Seigneur ne force pas notre porte. Il est poli. Il n’entre chez nous, que si nous le laissons entrer ! Dans le livre de l’Apocalypse (3, 20) le Seigneur dit : Voici que je me tiens à la porte ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.
Au fond, nos célébrations de Noël ne serons vraies que dans la mesure où nous sommes habités par le désir sincère de la venue du Seigneur, et par notre disponibilité à l’accueillir quand il vient et là où il vient à nous. En l’absence de ce désir et de cette disponibilité, Noël est vidé de son sens chrétien. Et Noël n’est plus Noël.
P. Charles Stierer
L’évangile de ce dimanche s’inscrit juste après ceux des dimanches précédents, c’est-à-dire dans la dernière montée de Jésus à Jérusalem. Jésus et ses disciples quittent Jérico, suivis par une foule nombreuse, pour entamer la dernière étape avant Jérusalem. Et voilà qu’un mendiant aveugle, Bartimée, qui était assis au bord de la route, se met à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! ». Il a entendu parler de Jésus de Nazareth et de ses miracles et il veut en bénéficier à son tour…
Manifestement il dérange et on cherche à le faire taire : de tout temps, il y a des personnes qui préfèrent que la misère reste cachée et qu’elle ne dérange ni la vue, ni le sommeil de ceux qui vont bien. Cela n’empêche pas Jésus, qui est plus attentif aux humiliés du dernier rang qu’aux vaniteux du premier, de l’entendre et de le faire appeler. « Ta foi t’a sauvé », va lui dire Jésus. Et aussitôt, Bartimée recouvre la vue.
Laissons-là l’Evangile pour nous arrêter à la deuxième lecture (He 5, 1-6) qui nous parle du Grand Prêtre et, par là, du prêtre de la Nouvelle Alliance.
« Le grand prêtre est toujours pris parmi les hommes ». Le prêtre n’est pas tombé du ciel, c’est un être humain issu de cette terre, il a derrière lui une famille et une histoire comme tous les autres hommes. Parfois, dans les visites pastorales, des chrétiens me disent : « Monseigneur, envoyez-nous un curé ! »
Et j’ai l’impression qu’ils s’imaginent que j’ai quelque part une réserve de prêtres dans laquelle je peux puiser, de prêtres venus d’ailleurs. Il y aura des prêtres demain dans notre Eglise, si vos familles sont soucieuses de lui donner des prêtres, si elles sont soucieuses de la naissance et de la croissance des vocations sacerdotales. Les vocations ne doivent pas naître en dehors de chez nous.
« Pris parmi les hommes », cela veut dire aussi que le prêtre est fait de la même pâte que tous les autres hommes : il a une affectivité, une sexualité, il a des faiblesses et des défauts. Certes, avec tout ce qu’il est, il doit rechercher la sainteté, mais cela n’est pas immédiat, il lui faut combattre et, dans sa faiblesse même, il peut plus facilement compatir à la faiblesse des autres.
« Pris parmi les hommes », le prêtre est ensuite « chargé d’intervenir en leur faveur, dans leurs relations avec Dieu ». Pris parmi les hommes, le prêtre leur est redonné et mis à leur service pour leur croissance dans la vie avec Dieu. L’apôtre Paul résume ainsi le ministère du prêtre : « Il faut que l’on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu » (1 Co 4,1). Cela ne veut pas dire que le prêtre n’ait pas à s’intéresser aux nécessités de la vie humaine des personnes, loin de là, mais qu’il s’en occupe avec un esprit différent de celui des politiques ou des sociologues. « Pris parmi les hommes », le prêtre – venons-nous de dire – est sujet à la faiblesse de tous les hommes, il est soumis à la tentation et parfois hélas il y succombe. Les médias ne manquent pas de nous rappeler la faiblesse et le péché des prêtres ; plus ou moins conscients du haut idéal qui est le sien, ils ne manquent jamais de souligner le décalage qui existe entre l’idéal et le réel. Cette semaine encore, un prêtre de Seine-et-Marne a été condamné par les Assises à dix ans de réclusion pour activités pédophiliques. Pour protéger les victimes, son évêque s’est même porté partie civile. Ces cas fort heureusement sont peu nombreux mais ils existent, et pour eux l’Eglise doit demander pardon.
En même temps, il convient de rappeler le souci de l’Eglise d’affirmer que la validité des sacrements ne dépend pas de la sainteté du ministre. Saint Augustin, en particulier, lutta avec acharnement contre les Donatistes qui faisaient dépendre la validité des sacrements de la sainteté des prêtres : « Quand Pierre baptise, déclare-t-il, c’est le Christ qui baptise ; quand Paul baptise, c’est le Christ qui baptise ; quand Judas baptise, c’est le Christ qui baptise ! ». Certes, il faut faire en sorte que les choses saintes soient traitées par des ministres saints, comme le rappelle la liturgie de l’ordination : « Imitamini quod tractatis (Imitez dans votre vie ce que vous accomplissez par ces rites…) », mais un prêtre indigne baptise et consacre validement… il n’est que l’instrument toujours imparfait de l’action du Christ.
Peut-être vous souvenez-vous des paroles prononcées avant de mourir par le curé de campagne Bernanos : « Tout est grâce ». Paradoxalement, la misère de son alcoolisme lui apparaît comme une grâce qui le rend plus miséricordieux à l’égard des personnes. Sans doute Dieu ne tient-il pas tant à ce que ses ministres sur la terre soient parfaits qu’à ce qu’ils soient réellement miséricordieux.
Monseigneur P. Raffin évêque de Metz
Eglise protestante échange de chaire
Nous le savons bien, frères et sœurs, pour l’expérimenter depuis le jour de notre naissance : nous sommes des êtres de chair et de sang, de besoins et d’envies. Pour vivre, notre corps réclame différents éléments : de la nourriture, des boissons, de l’oxygène, de la lumière… A cela s’ajoutent aussi des sentiments, des attitudes propres à chaque personne : envie, satisfaction, plaisir, fierté ; ou bien déception, fatigue, découragement, lassitude. Tout cela est constitutif de notre condition humaine et fera partie intégrante de notre vie, ce jusqu’à notre mort.
Mais nous qui sommes rassemblés en ce moment-même dans cette église, nous avons encore une autre particularité : par notre baptême nous sommes devenus pleinement membres du Peuple de Dieu. Nous pensons et croyons sincèrement que le Dieu de Jésus-Christ marche à nos côtés, sur nos routes quotidiennes. Il nous rejoint dans tout ce que je viens de citer et qui fait de nous des êtres humains.
Notre route quotidienne c’est actuellement ce chemin qui, pendant quarante jours, nous conduira au matin de Pâques. Ce temps du Carême n’est pas un temps de l’inaction, ni une période durant laquelle Dieu nous laisserait seuls et désemparés. Mais bien au contraire, c’est un parcours sur lequel le Seigneur travaille en nous, avec nous et pour nous.
Nous pouvons ainsi nous rappeler la figure du prophète Elie qui part au désert pour sauver sa vie ! Le désert qui pour nous peut être synonyme de manque, d’arridité, de sécheresse et d’absence devient donc, par la force de Dieu, un lieu de vie et de salut. Elie est donc parti au désert pour se cacher, il est seul et découragé :« Je n’en peux plus !Seigneur, prends ma vie, car je ne vaux pas mieux que mes pères ». Après ce véritable cri de désespoir Elie s’endort… Et c’est là, dans cette impasse apparante, que s’opère un retournement complet de situation. Le Seigneur, par son ange, répond au désarroi de son prophète, lui accordant la nourriture,le réconfort et donc à nouveau la vie même qui lui faisait défaut. Dans ce milieu hostile du désert se manifeste la bonté, la générosité, la grâce de Dieu. Et c’est donc bien un Elie fortifié, revivifié qui poursuit sa route,dans son carême à lui, jusqu’à la montagne de Dieu où il pourra retremper sa foi aux sources même de la révélation du Seigneur.
Frères et sœurs,Elie vient en quelque sorte d’être racheté. Ce rachat ne s’opère pas dans des idées, mais par des faits concrêts et palpables. L’apôtre Pierre,dans sa première lettre,nous parle précisément de rachat, et de la façon bien réelle dont nous avons été rachetés.
De quoi s’agit-il au juste ?Dans ce passage de cette lettre de Pierre il y est question de renversement de valeurs, de déplacement de centre d’intérêt. En effet, l’apôtre écrit clairement que nos biens et nos valeurs terrestres ne serviront pas à notre salut : « ce n’est point par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés. » Mais attention, ici il n’y a pas de condamnation des richesses de ce monde ! Il ne s’agit pas de faire dire à l’apôtre Pierre ce qu’il n’a pas dit… Nous avons bien besoin des richesses de notre monde pour vivre, pour permettre aussi aux autres de subvenir à leur existence. Ceci existait déjà bien avant le Christ : c’est ce que l’on nomme le monde marchand, le monde des affaires, l’échange des biens. Ce qui me semble important de retenir pour nous, durant ce temps de Carême, c’est qu’il convient de mettre – ou remettre – l’or et l’argent( donc tous les biens matériels ) à leur juste place. Ces valeurs et ses richesses nous devons les considérer pour ce qu’elles sont réelement : des moyens, et non une fin en soi. Il ne s’agit pas de vivre pour amasser de telles richesses, mais vivre en se servant de ces richesses. Car ces biens-là ne procurent en rien notre salut, mais sont bel et bien voués à disparaître.
Notre véritable trésor, à
nous chrétiens, ne réside effectivement ni en une philosophie, ni en une
pensée, encore moins en une propriété matérielle !Mais le trésor de notre
foi c’est une personne :le Christ Jésus.C’est bien de lui, de
son sang, de sa mort que nous tenons le salut. Comme le dit encore Pierre,
c’est bien par lui, le Christ, et lui seul que notre foi et notre espérance
reposent en Dieu.
Chers amis, sachons mettre
à profit ce temps de préparation qui doit nous mener à la mort et à la
résurrection du Christ. Par le don de la foi, sachons reconnaître Dieu qui se
fait proche et inattendu sur les chemins de notre vie. Renouvelons notre foi en
l’agneau sans défaut et sans tâche qu’est Jésus. Car lui seul nous rend libres
et nous relève.
Mathieu Baltzer
Nous qui sommes rassemblés ici, on nous appelle « les pratiquants ». Et nous sommes parfois objet de bien des critiques. On nous dit, par exemple : Pendant que vous chantez des alléluias d’autres se désespèrent et meurent dans la misère. Tandis que vous tendez les mains pour la communion, d’autres se battent pour soulager et soigner les corps et les coeurs brisés. « Les médecins du monde », « les médecins sans frontières » et tant d’autres qui consacrent leur vie au soulagement des misères, ceux-là sont davantage dans le vrai que vous, nous dit-on volontiers.
Ces critiques sont parfois fondées. Il est vrai, en effet, qu’une certaine forme de religiosité peut être une évasion, une fuite devant les obligations et les devoirs qui nous incombent en ce monde.
Les apôtres ont peut-être connu cette tentation, la tentation de rester entre eux, derrière les portes fermées, et de ressasser avec nostalgie le souvenir de tout ce qu’ils ont vécu en compagnie de Jésus. Mais l’ange les rappela à l’ordre : Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel?
Non, il ne s’agit pas de rester là, à regarder avec nostalgie le ciel où le Seigneur s’en est allé. Il s’agit d’aller accomplir la mission confiée : Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.
A relire « la prière sacerdotale » de Jésus, la veille de sa mort, on peut se rendre compte qu’il redoutait que ses disciples ne soient tentés de fuir le monde et de négliger la mission pour laquelle il les a choisis. Dans cette prière il dit à son Père : Père, de même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde ; je ne te demande pas de les retirer du monde mais que tu les gardes du Mauvais... (Jn 17, 18.15).
Oui, sous prétexte de se « garder du Mauvais », le chrétien peut être tenté de se tenir à l’écart d’un monde qu’il juge pourri. Mais s’il veut être fidèle à Jésus Christ, il doit au contraire se dire qu’il n’a pas le droit de déserter le monde dans lequel il vit. Car le Seigneur lui a confié une mission : proclamer la Bonne Nouvelle et lui porter témoignage.
Le chrétien rend incontestablement témoignage à l’Évangile, quand il s’active au service des pauvres et des malheureux. Il ne peut pas oublier que Jésus a dit : Tout ce que vous avez fait pour eux, c’est à moi que vous l’avez fait, et tout ce que vous n’avez pas fait pour eux, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.
Mais la mission du chrétien ne s’arrête pas là. Le christianisme n’est pas une simple organisation humanitaire parmi d’autres. Même s’il ne doit pas rester là à regarder vers le ciel, le chrétien doit tout de même avoir les yeux tournés vers le ciel, où le Christ s’en est allé. Le chrétien, en effet, sait que Dieu appelle tous ses enfants à partager la destinée du Christ glorifié auprès de son Père.
Et pas seulement le chrétien, mais la création toute entière. La création tout entière, dit saint Paul, aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu ;.... elle garde l’espérance d’être, elle aussi, libérée de la dégradation inévitable, pour connaître la gloire des enfants de Dieu (Rom 8, 19-21).
C’est nous, les croyants, qui sommes porteurs de cette formidable espérance. Et nous témoignons de cette espérance quand, laissant là nos occupations terrestres, nous nous rassemblons pour fêter « les réalités d’en-haut ».
C’est un témoignage essentiel. Car beaucoup de nos frères, prisonniers de notre société matérialiste, sont sans véritable espérance. En effet, quelle espérance le monde leur propose-t-il ? Face à la mort surtout ? Aucune.
Or sans l’espérance en une destinée au-delà de cette vie, notre existence n’a pas de sens, devient absurde.
Rejeter, nier cette espérance, revient à affirmer que le sort des héros (souvent méconnus) du devoir, du dévouement et celui des profiteurs, des voleurs, des violeurs, des brutes et des canailles, sera exactement le même. Tous finiront dans la même fosse commune, à jamais mélangés, unis dans la même décomposition.
C’est pourquoi le Concile affirmait : Lorsque manque […] l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution : ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir. (Vatican II, Gaudium et Spes § 21)
En célébrant l’Ascension du Christ, à la destinée duquel nous sommes associés, nous témoignons devant nos frères
- que notre existence - et donc que leur existence - n’est pas prisonnière de ce monde caduque,
- que nous ne sommes nullement condamnés à disparaître à tout jamais dans le trou de nos tombes ou les flammes des fours crématoires.
- mais que notre existence a une dimension transcendante, une dimension d’éternité.
C’est un immense service que nous rendons à nos frères.
Le chrétien, quand il célèbre le Christ mort, ressuscité et monté au ciel, tient allumé la lampe qui éclaire le destin des hommes, surtout celui des plus éprouvés.
C’est un service aussi indispensable que la lutte contre les malheurs, car le plus grand malheur des malheureux serait d’être privés de toute espérance.
Dans le 2e livre des Martyrs d’Israël (12, 43) : Judas envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché; c’était un geste tout à fait noble et beau, inspiré par la pensée de la résurrection. C’est une coutume que nous continuons, car nous aussi prions pour nos défunts et faisons offrir le sacrifice de la messe pour eux.
Mais, en fait, pourquoi donc prions-nous pour les morts ? Disons-nous bien ceci : Nous ne prions pas pour les morts afin que Dieu se souvienne d'eux ! Dieu ne souffre pas d'amnésie, de perte de mémoire ! Nos défunts sont entre les mains du Père, et celui-ci prend soin d'eux, bien mieux que nous ne saurions le faire, même si personne ne prie plus pour eux.
Mais à quoi sert alors la prière pour les défunts ?
La prière pour les défunts est tout d’abord une façon de leur montrer notre amour et notre
affection par-dessus l’abîme de la mort.
Mais la prière pour les défunts, ce n'est pas seulement une occasion de nous souvenir d'eux. Prier pour un défunt qui nous a été cher, c'est aussi une manière de dire notre foi, notre confiance en la miséricorde de Dieu. Prier pour quelqu'un que nous aimons, c'est en quelque sorte dire à Dieu : « Père, maintenant que je ne peux plus rien pour lui, je le confie à ton amour, car je sais que tu prendras soin de lui désormais. »
Cette prière-là n'a pas pour but d'apaiser je ne sais quelle colère de Dieu à l'égard du défunt, mais tout simplement de dire à notre Père du ciel notre confiance en son amour miséricordieux.
Mais, nos défunts n’ont-ils pas été des pécheurs (comme nous le sommes tous). Alors comment être sûrs qu’ils sont auprès de Dieu ?
Dans la 1ère épître aux Corinthiens (3, 13-15) saint Paul dit: L’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière au jour du jugement. Utilisant l’image du feu, il ajoute : Cette révélation se fera par le feu ; c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun. Si l’ouvrage construit par quelqu’un résiste, celui-ci recevra un salaire ; s’il est détruit par le feu, il perdra son salaire, mais lui-même sera sauvé, mais comme s’il était passé à travers le feu.
Ces paroles sont à la fois une mise en garde et un motif pour ne désespérer aucun pécheur.
Elles sont une mise en garde, car elles laissent clairement entendre que tout ce que nous accomplissons ici-bas n’a pas forcément valeur d’éternité.
Mais en même temps elles nous donnent aussi des raisons de ne pas désespérer. Saint Paul est clair à ce sujet : Même celui qui perdra son salaire sera tout de même sauvé, « comme à travers le feu ».
Cette parole a donné naissance à la doctrine du purgatoire.
Malheureusement, à ce sujet, la religion populaire a fini par tomber dans des extravagances.
Dans l’imagination de beaucoup, le purgatoire est un lieu où les « âmes » des défunts seraient purifiées par le feu, pendant un temps plus ou moins long, avant de pouvoir accéder au paradis. Et on s’imagine que nos prières et les messes célébrées à leur intention peuvent abréger la durée de leur séjour en ce lieu de souffrance.
Et bien, il faut tordre le cou à notre imagination. Déjà en 1563 le concile de Trente demandait une grande discrétion à ce sujet. Il ordonna : A ce sujet (les évêques) ne laisseront ni exposer ni répandre les idées douteuses ou teintées d’erreur. Quand à celles qui n’éveillent que la curiosité ou la superstition (…) ils les interdiront comme scandaleuses et blessantes pour les fidèles.
Alors, le purgatoire, c’est quoi
Disons tout d’abord que le « purgatoire » n’est pas un lieu. Dans l’au-delà, l’espace n’existe pas. C’est un état, « un état de purification ».
Et quand on parle de tant et tant d’années de purgatoire, cela ne veut strictement rien dire non plus, car dans l’au-delà, le temps n’existe pas non plus. Passé, présent et futur sont présents tout ensemble...
Quant au feu du purgatoire, c’est une image, et rien d’autre. (S. Paul a parlé comme d’un feu, et non pas d’un feu réel). Cette image du feu désigne la force purifiante de l’amour de Dieu. Quand Dieu nous accueillera dans sa Maison éternelle, son amour sera comme un feu qui assainit, guérit et parachève tout ce qu’il reste d’imparfait en nous au moment de la mort.
Mais tout cela ne doit pas nous inciter, bien sûr, à vivre d’une manière quelconque.
Il serait imprudent de ne pas tenir compte de l’avertissement du Christ quand il nous dit : Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées (Lc 12, 35).
L’Évangile, en de nombreux passages, laisse entendre que l’échec éternel est possible.
Mais cette possibilité se réalise-t-elle en fait et dans quelles proportions ?
Impossible de le savoir.C’est pourquoi il est sage de ne pas traiter par le mépris l’invitation du Christ à veiller, à tenir nos lampes allumées, à nous tenir prêts pour notre rencontre avec lui au moment où nous franchiront le seuil de la mort et de l’éternité.
P. Charles Stierer
Très
probablement, frères et sœurs, avez-vous
déjà entendu cette expression qui dit : on ne choisit ni
ses parents ni sa famille, mais on peut choisir ses amis. Un
très rapide examen de sa propre vie nous montre toute
l’exactitude d’une telle affirmation. Pris sous une
approche différente il s’agit, dans le cas qui nous
intéresse aujourd’hui, de réfléchir sur le
fait que le passé, l’histoire, c’est-à-dire
ce qui se trouve à jamais derrière nous, que ce
passé nous ne pouvons plus le modifier. Nous devons vivre avec,
assumer ce passé le mieux possible sans jamais oublier que le
présent, et donc l’avenir, dans certaines conditions au
moins, nous appartiennent.
Ceci ne va pas toujours de soi, les
débats récents quant au passé colonial de notre
pays témoignent de toute la complexité à assumer
l’Histoire. Et ce qui est vrai pour une nation l’est
également pour un individu.
Si nous n’avons pas eu de
choix quant à notre passé l’avenir, notre futur
nous sommes tout de même libre de le construire et
l’orienter selon nos possibilités et nos centres
d’intérêtsLes textes de la
liturgie de ce 7° dimanche du temps ordinaire nous parlent
précisément de passé, et qui plus est d’un
passé peu glorieux.
Ainsi, dans la lecture de ce passage du
prophète Isaïe le Seigneur invite son peuple à ne
plus regarder en arrière : ne vous souvenez plus
d’autrefois, ne songez plus au passé. La question se pose
: pourquoi une telle demande de Dieu à son peuple ? Et bien
parce que le Seigneur connaît le cœur de l’homme,
avec ses sentiments et sa mémoire. Il sait très bien
qu’afin de vivre une relation juste, équilibrée et
bonne avec ses semblables, et avec Dieu, l’homme ne doit pas
continuellement regarder en arrière, mais se doit
d’assumer son passé. Car une histoire non
éclairée à la lumière de la
vérité et de la sincérité et une histoire
qui, tel un poids au pied d’un condamné, empêche la
personne d’être libre. Or justement, Dieu nous veut libre
devant lui. C’est bien pour cette raison qu’il affirme
à la fin de ce passage d’Isaïe : moi je pardonne tes
révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus
me souvenir de tes péchés.
C’est
également de blessures, de maladies et d’infirmités
du passé dont il est question dans l’évangile de ce
jour. St Marc nous rapporte l’histoire de ce paralysé que
l’on veut par n’importe quel moyen présenter
à Jésus, dans l’espoir d’obtenir la
guérison. Dans un premier temps le Christ opère bien un
acte de guérison à l’encontre de ce pauvre
bonhomme, mais pas celui qu’on attendait : mon fils, tes
péchés sont pardonnés. Mais que se passe-t-il donc
dans la pensée de Jésus ? On attendait de lui le signe
d’une guérison physique, et au lieu de cela c’est un
relèvement spirituel auquel on assiste. Ainsi, de
l’attente d’une guérison corporelle, les auditeurs
que nous sommes doivent porter leur réflexion sur
l’élément central de notre vie et de notre
démarche de chrétiens : notre foi. Car vous aurez
certainement remarqués que c’est bien à leur foi
que Jésus juge la valeur de la démarche du
paralysé et des quatre porteurs : voyant leur foi, Jésus
dit au paralysé. La foi de ces hommes devait effectivement
être bien réelle car, malgré le monde et les
obstacles qui se présentèrent à eux, ils ont tout
fait pour rencontrer Jésus, quitte à découvrir le
toit de la maison pour y faire passer le paralysé. Ainsi cet
acte concret et visible réalisé par ces hommes
témoigne de leur foi en Jésus. Après avoir
pardonné les péchés du paralysé,
frères et sœurs, et loin de céder à la
réflexion fort juste d’ailleurs des scribes ( qui donc
peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ) le Christ
opère une autre guérison, celle-là même que
tout le monde attendait : lève-toi, prends ton brancard et
rentre chez toi . Et notre homme de faire ce que Jésus
venait de lui ordonner.
La double guérison, spirituelle et physique, dont vient de
bénéficier cette personne, et dont sa foi fut le
déclencheur, doit nous faire prendre conscience que
précisément notre foi en Jésus-Christ englobe tout
notre être, corps et âme. Et que le passé auquel je
faisais allusion au début de mon intervention, et lui aussi
totalement assumé et racheté par notre Seigneur. Cet
handicap physique de notre paralysé provenant bien de son
histoire personnelle, d’un événement malheureux de
son passé.
Chers amis, par la
liturgie que nous célébrons en ce moment - même,
l’action du Christ est aussi en œuvre pour nous et en nous.
Et comme pour ce paralysé, si nous sommes réunis dans
cette église c’est bien à cause de notre foi. Pour
reprendre les mots de l’apôtre Paul, c’est Dieu qui
nous rend solides pour le Christ… c’est son Esprit
qui habite en nos cœurs.
Fortifiés par le Christ et son Esprit, engageons nos pas sur des
chemins de vie et non dans les oubliettes du passé. Vivons du
Seigneur car ses chemins nous conduisent à la vie
éternelle.
Amen.
Mais
qu’est-ce qu’un prophète ?
Dans le langage courant, on appelle « prophète »
quelqu’un qui prédit l’avenir.
Dans la Bible, un prophète est celui qui parle au nom de Dieu, celui
qui est chargé par Dieu de transmettre un message de sa part.
Il arrivait que ce message concernait l’avenir, mais le plus souvent
les prophètes intervenaient pour dénoncer des abus, des
déviations du comportement religieux, et tout
particulièrement les contradictions entre la foi
professée et la vie vécue.
De ce fait ils n’étaient pas toujours bien accueillis.
Je
suis un homme de querelle et de discorde pour tout le pays, se
plaignait par exemple le prophète Jérémie (15, 10).
Les
autorités en place les voyaient souvent d’un mauvais oeil
et cherchaient à se débarrasser d’eux.
C’est ce qui est arrivé à Jean Baptiste.
Jean
suscita très vite la méfiance des autorités (que
saint Jean appelle « les Juifs » dans son évangile).
Voilà
quelqu’un qui se met à haranguer les foules, qui
administre un baptême inconnu jusque là, qui rassemble
autour de lui des disciples, et tout cela sans aucun mandat de leur
part.
Et en plus il ose s’en prendre à ceux qui
estimaient qu’ils avaient, eux seuls, autorité pour
interpréter les Écritures et parler au nom de Dieu.
Saint
Matthieu raconte (3, 7-9) : Voyant des pharisiens et des
sadducéens venir en grand nombre..., il leur dit: «
Engeance de vipères !... Produisez donc un fruit qui exprime
votre conversion, et n’allez pas dire en vous-mêmes:
‘Nous avons Abraham pour père’; car, je vous le dis,
avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à
Abraham. »
C’en était trop. Il fallait mettre un terme aux agissements de ce cet homme!
Alors on va faire en sorte qu’il se discrédite lui-même aux yeux de tous.
Comment ?
On crée « un comité d’enquête ».
Grâce
à des questions habilement posées, on le forcera à
reconnaître qu’il n’avait aucun droit de faire ce
qu’il faisait.
Les enquêteurs lui demandent donc :
« Qui es-tu?... Es-tu Élie?... Le prophète ? Le
grand prophète ? Peut-être même le Messie? »
Jean est bien obligé de reconnaître qu’il n’est ni l’un ni l’autre.
Alors
vient la question décisive, qui doit le discréditer
définitivement : Si tu n’es ni le Messie, ni Élie,
ni le grand prophète, pourquoi baptises-tu ?
Autrement dit :
Tu vois bien, non seulement tu n’as reçu aucun mandat de
notre part, mais en plus tu ne peux prétendre à aucun des
titres qui pourrait légitimer ton action.
Jésus
s’est heurté à la même réaction. Un
jour, raconte saint Luc, où Jésus, dans le Temple,
instruisait le peuple et proclamait la Bonne Nouvelle, survinrent les
chefs des prêtres et les scribes avec les anciens. Ils lui
demandèrent : « Dis-nous par quelle autorité tu
fais cela, ou bien qui est celui qui t’a donné cette
autorité? » (Lc 20, 1-2).
Rien de nouveau sous le soleil. Aujourd’hui aussi, les prophètes dérangent.
Ils dérangent :
- Quand ils appellent au renouvellement de la façon de témoigner de la foi,
-
Quand ils critiquent des habitudes solidement ancrées mais qui,
manifestement, ne répondent plus à la
mission de l’Église en ce monde, et même,
parfois, deviennent un obstacle.
Bien sûr, les
autorités ont leur rôle à jouer. Elles n’ont
pas le droit de laisser faire n’importe quoi.
Les responsables
de l’Église ont pour devoir de veiller à ce que foi
reçue des apôtres soit fidèlement transmise.
Toute nouveauté n’est pas nécessairement bonne.
Saint
Paul recommandait à son disciple Timothée : Proclame la
Parole, interviens à temps et à contretemps... Un temps
viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement
solide ; mais au gré de leurs caprices, les gens iront chercher
une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison
d’entendre du nouveau (2 Tim 4,2s).
Mais d’une
façon non moins évidente, Dieu se permet aussi de
susciter des « prophètes » qui dérangent, qui
prônent des réformes, qui ouvrent des chemins
nouveaux…
Pour ne pas sombrer dans la routine, pour ne pas en
rester à ronronner dans nos vieilles habitudes, nous devons nous
prêter à la contestation prophétique, même si
cela n’est pas toujours agréable.
« Garder la
Tradition », c’est-à-dire la foi que nous ont
transmise les apôtres et les
générations qui nous ont précédés,
cela ne veut pas forcément dire : « garder toutes les
traditions ».
Pourquoi ? Parce que certaines traditions,
bonnes et vénérables à une époque
donnée, peuvent se révéler contraires à la
Tradition authentique quand les circonstances changent.
C’est
ce que scribes et pharisiens ne voulaient pas admettre et ils se sont
attiré ce reproche de la part du Christ : Vous avez
annulé la Parole de Dieu au nom de votre tradition (Mt 15,
6).
Et ne perdons jamais de vue que Jésus fut mis
à mort par les plus ardents défenseurs des traditions de
son peuple, du système religieux en place.
Cela doit nous
donner à réfléchir.Ne nous enfermons pas dans la
nostalgie du passé, d’une chrétienté, qui
avait ses rites et ses coutumes, mais qui de toute
évidence n’est plus.
A situation nouvelle doit
correspondre une nouvelle manière de témoigner de la
grande Tradition transmise par les évangiles et la
mémoire vivante de
l’Église.
Car
il y a des
fidélités qui sont des trahisons et des innovations qui
sont une fidélité plus profonde et plus
authentique.
L’Église
est en crise. Les vocations sont en crise. La pratique religieuse est
en crise. La pastorale et la catéchèse sont en
crise... Qui de nous, un jour ou l’autre, n’a pas
participé à ce concert de lamentations ? Qui de nous ne
s’est pas demandé un jour ou l’autre si «
l’Église a encore un avenir » ?
Alors,
désespérément, on cherche des méthodes, des
techniques aptes à résoudre nos problèmes...
Mais
nous risquons purement et simplement d’oublier que le Seigneur
nous dit : La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde,
vous diriez au grand arbre que voici : « Déracine-toi et
va te planter dans la mer, » il vous obéirait.
Alors,
que veut-il dire quand il affirme qu’avec un tout petit peu de
foi nous serions capables, par un simple mot, de transplanter des
arbres dans la mer ?
Il veut nous dire, à l’aide
d’une image capable de frapper les esprits, que la foi nous rend
capables de choses qui dépassent normalement nos forces et nos
capacités.
Regardez ce qui s’est passé
après la première Pentecôte chrétienne : des
hommes (les apôtres) sans influence, sans moyens financiers, sans
rien, ont changé le cours de l’histoire.
Ce fait et
les paroles de Jésus doivent nous inciter à ne pas mettre
une trop grande confiance dans les moyens humains, à ne pas
miser uniquement sur l’efficacité de nos méthodes
d’éducation, d’apostolat et de
catéchèse.
Le plus important, ce ne sont pas nos
techniques, nos moyens pédagogiques, mais la foi qui nous
habite.Dans la 2e parabole, Jésus met en scène un
maître qui n’a aucun égard pour son serviteur... Il
demande : Ce maître sera-t-il reconnaissant envers son serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ? Et il nous dit : De
même, vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a
commandé, dites-vous : « Nous sommes des serviteurs
quelconques... »
Voilà une parabole propre à choquer par sa dureté.
Bien
évidemment Jésus n’entend pas justifier une
quelconque forme d’exploitation de l’homme par
l’homme. Il ne s’agit pas ici de rapports sociaux entre
personnes humaines, de rapports entre égaux, mais de nos
rapports avec Dieu.
Jésus nous dit comment nous situer face à Dieu.
Les
pharisiens étaient convaincus de mériter le ciel
grâce à leurs bonnes oeuvres. Dieu le leur devait.
C’était « donnant-donnant ». Ils
disaient en quelque sorte : « Seigneur, je te donne ceci, toi, tu
me dois cela ! » Or, Dieu ne nous doit rien, et nous devons tout
à Dieu, nous fait comprendre Jésus..
C’est
ce que saint Paul ne cessait de répéter aux premiers
chrétiens : C’est par grâce que vous êtes
sauvés, à cause de votre foi ; cela ne vient pas de vous,
c’est le don de Dieu ; cela ne vient pas de vos actes, il
n’y a donc pas à en tirer orgueil. ( Eph 2, 8s).Pour ne
pas déformer la pensée de Jésus, il faut toujours
interpréter l’Évangile par l’Évangile,
c’est-à-dire écouter également ce
qu’il a dit en d’autres circonstances et surtout comment il
s’est lui-même comporté.
Aujourd’hui,
peut-être plus qu’hier, particulièrement grâce
à l’omniprésence des media dans nos vies, nous
pouvons avoir l’impression, frères et sœurs, que
l’économique, et son inévitable influence sur le
social, nous hante, et ce à tel point qu’il nous est
difficile, voir impossible, de passer une journée ordinaire sans
être sollicité par l’argent !
Mais en cela,
les textes de ce 25° dimanche du temps ordinaire entendus à
l’instant, nous rappellent eux aussi que le commerce et le
possession des richesses sont bien antérieurs à nous.Dans
la lecture du prophète Amos nous sommes 8 siècles avant
JC. Gouverné par le roi Jéroboam II, le peuple
d’Israël connaît richesses et
prospérité. Les récoltes sont bonnes, il n’y
a pas de guerre, et le commerce avec les Phéniciens va bon
train. Et là arrive ce qui arrivera encore bien souvent : les
riches deviennent plus riches et les pauvres encore plus pauvres.
Pour
dénoncer cette gangrène de l’injustice sociale, le
Seigneur suscite le prophète Amos. Le riche, tellement
occupé par le souci du profit matériel, ne prête
plus attention à Celui qui est sacré, donc à Dieu
source de tout bien, qu’il convient de célébrer le
jour du sabbat.
Frères et sœurs, la
colère du prophète Amos qui dénonce le
désir aveugle de l’argent, désir qui conduit
à l’oubli de Dieu et du prochain, cette colère se
retrouve chez Jésus : Vous ne pouvez pas servir Dieu et
l’argent, nous rapporte St Luc dans l’Evangile.
Par
cette parabole de l’homme riche et de son gérant le
Seigneur veut susciter l’attention de son auditoire, piquer sa
curiosité.
Et que lisons-nous : Ce gérant
trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il
s’était montré habile… En fait, vous
l’aurez constaté, Jésus fait l’éloge
de l’habileté de cet homme, et non pas de sa tricherie ou
tromperie ! Sachant qu’il est découvert, cet homme se
dessaisit de l’argent trompeur, acquis de façon
malhonnête, en remettant à ses propres débiteurs
afin de s’en faire des amis. Il ne se révolte pas contre
son ancien maître, mais il préfère remettre et
entrer dans une logique de miséricorde, en espérant
qu’à son tour on lui fasse miséricorde.
L’Argent
dont il est question ici est un terme générique qui
désigne l’ensemble des biens dont nous disposons. Mais,
sans doute l’aurez-vous remarqué, Jésus ne
désapprouve pas les richesses matérielles, il ne condamne
jamais les hommes ou les femmes qui seraient propriétaires de
biens acquis de façon honnête et juste. Ces richesses sont
nécessaires pour vivre, mais elles doivent toujours être
considérées pour ce qu’elles sont : des moyens et
non une fin en elles-mêmes !
Car, frères et
sœurs, ne perdons jamais de vue notre seule fin, notre bien
véritable : le salut des âmes ! C’est ce dont nous
parle encore St Paul dans sa lettre à son ami Timothée,
lorsqu’il demande de porter dans la prière ceux qui
assument des responsabilités : tout comme nous, ceux-ci ne
doivent jamais oublier la finalité de toute action humaine :
conduire à Celui qui est la Vérité, Dieu. Et ceci
est évidemment vrai pour l’Eglise que nous sommes ;
à savoir de ne jamais perdre de vue sa raison d’être
: faire connaître le Christ, en vivre et parvenir à la vie
éternelle. Et à chaque fois que nous nous
célébrons nous-mêmes, quand nous avons tendance
à prendre l’Eglise pour un parti ou une association, ou
bien quand nous sommes obstinément verrouillés sur le
passé, refusant toute évolution, nous perdons alors notre
temps, nous sommes gagnés par d’autres formes
d’argent, et nous ne remplissons plus notre mission de
baptisés.Chers amis, nous avons bien compris qu’il est
question aujourd’hui de richesses, de biens, de commerce,
d’argent, toutes sortes de concepts et de réalités
qui sont les nôtres en ce monde global. Je vous livre ici une
citation d’un discours du pape Benoît XVI prononcé
il y a 15 jours lors de son voyage en Autriche :
La
mondialisation, souvent citée, ne peut être
arrêtée, mais la politique à le devoir urgent et la
grande responsabilité de lui donner des règlements et des
limites capables d’éviter qu’elle ne se
réalise au dépens des pays les plus pauvres, et des
personnes pauvres dans les pays les plus riches, et au détriment
des générations futures.
Puissions-nous
vivre en vérité le respect et l’amour du prochain,
démuni et désemparé, tout en servant notre
bien-aimé Seigneur, et ainsi parvenir à la vie
éternelle.
Amen.
Dans le passé, la famille était par excellence le lieu de la transmission de la foi, les parents transmettant leur foi et leurs pratiques religieuses à leurs enfants. On était chrétien de naissance, en quelque sorte Cela a très bien fonctionné pendant des siècles, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui dans notre société occidentale. Dans Église de Metz de ce mois-ci (p. 3) notre évêque écrit : Aujourd’hui, à tort ou à raison, on ne naît plus chrétien, même si l’on est baptisé nouveau-né. De plus en plus, on devient chrétien par choix. Aujourd’hui on devient chrétien par choix personnel, et non plus parce qu’on est né à tel ou tel endroit et que nos parents nous ont fait baptiser.
Dans l’évangile que nous venons d’entendre Jésus nous dit clairement et sans ambages ce qu’il attend de celui qui décide de le suivre.
La première exigence peut paraître exorbitante : Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs,... il ne peut être mon disciple.
Jésus nous demande-t-il de briser nos relations humaines les plus chères, et même les plus sacrées, comme le sont l’amour filial, conjugal et fraternel ?
Regardons comment lui-même a vécu ses relations familiales, et en particulier la relation à sa mère.
Jeune adolescent, il montre déjà que son Père des cieux comptait pour lui plus que ses parents de la terre. Rappelez-vous l’incident dont il fut la cause lors de son premier pèlerinage à Jérusalem...
Quand, après trois jours de recherche angoissée, ses parents le retrouvent au temple, sa mère s’entend dire : « Mais pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne savez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? »
Cet amour préférentiel pour son Père des cieux allait devenir clairement manifeste à partir du jour où il allait se consacrer à sa mission. Quand à l’âge de 30 ans, il ferme l’atelier de Nazareth et s’en va, il laisse sa mère dans une situation précaire, puisque c’était lui qui la faisait vivre, grâce à son travail. Désormais, cela ne sera plus le cas.
Les deux autres conditions posées par Jésus à ceux qui veulent le suivre ne sont rien d’autre que les exigences de l’amour qui va au bout de lui-même.<
Quand Jésus dit que celui qui veut être son disciple doit être prêt à porter sa croix pour marcher derrière lui, il ne nous demande pas de nous complaire dans la souffrance ou même de la rechercher.
Lui-même n’a pas recherché la croix, mais quand la croix est venue à lui, il n’a pas pris la fuite. Son amour pour nous ne le lui permettait pas. Aux heures difficiles on n’abandonne pas ceux qu’on aime. Quand on aime vraiment on reste fidèle à son amour, même si cette fidélité doit devenir « crucifiante ».
Et quand Jésus dit que celui qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être son disciple, il ne fait que dire une autre exigence de l’amour véritable En effet, pour aimer comme le Christ nous a aimés, il faut être libre, intérieurement libre, souverainement libre à l’égard de tout. On n’a pas le coeur assez libre pour aimer vraiment si on est prisonnier de ce que l’on possède. Quand il s’agit de choisir entre aimer ou avoir, entre aimer ou gagner toujours plus, un vrai disciple du Christ se décidera toujours pour l’amour.
Ce que le Seigneur nous demande est exigeant. Jésus ne cherche pas à nous le cacher. Mais la réalisation d’un idéal élevé n’est-il pas toujours exigeant? Les grandes choses ne supportent pas la médiocrité, le manque de lucidité et de détermination.
C’est pourquoi Jésus nous invite à bien réfléchir aux exigences de la vocation chrétienne. Si nous décidons de le suivre, il ne faut pas le faire à la légère.
C’est le sens des deux petites paraboles qui mettent en scène un homme qui envisage de construire une tour un roi qui part en guerre contre un autre.Ils réfléchissent bien avant d’entreprendre quoi que ce soit.
Pour le chrétien il y a « un devoir de s’asseoir », le chrétien doit réfléchir sérieusement aux exigences de sa vocation. Jésus nous demande de faire de même. Il veut que, si nous avons décidé de le suivre, nous le fassions « en pleine connaissance de cause », en ayant pleinement conscience de ce que comporte, car a-t-il dit, celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu (Lc 9, 62).
Nous sommes tellement habitués à entendre certains passages des évangiles que nous ne prêtons plus gère attention à certains « détails ».
Ainsi, dans le passage entendu en ce lundi de Pâques. Il nous est dit que c’est à des femmes que Jésus ressuscité s’est manifesté en premier et que c’est elles qu’il charge de faire connaître la Bonne Nouvelle aux apôtres.
N’y a-t-il pas là un signe, une indication que, dans l’Église du Christ, les femmes ont un grand rôle à jouer dans « la transmission de la foi » ? Est-ce que l’Église leur reconnaît suffisamment ce rôle ? Que serait l’Église sans les femmes ?
Autre « détail » : elles auraient voulu retenir le Ressuscité, le garder pour elles, goûter la joie et le ravissement sans pareille de cette rencontre : s’approchant, elles saisirent ses pieds. Mais Jésus leur dit : Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront.
Si Jésus se fait connaître à quelques uns, ce n’est pas pour qu’ils puissent goûter sa présence dans une joie purement personnelle. S’il se fait connaître, c’est pour que ceux qui l’ont rencontré aillent vers leurs frères et leur fassent connaître la Bonne Nouvelle.
C’est d’ailleurs ce qu’elles font : elles coururent porter la bonne nouvelle aux disciples. La joie de cette rencontre donne des ailes aux femmes ! Dans leur joie, elles coururent porter la bonne nouvelle aux disciples.
La joie d’être porteurs d’une formidable Bonne Nouvelle devrait nous donner des ailes pour aller la partager avec nos frères avec nos enfants, nos jeunes, avec tous ceux qui sont les victimes trompées par les « mensonges de ce monde ».
Autre constatation : Jésus ressuscité ne se manifeste pas à tout le monde, surtout pas à ceux qui l’ont rejeté, mais à ceux qui l’ont suivi, qui lui sont restés fidèles envers et contre tout.
Là aussi il y a un enseignement pour nous. Nous aimerions que le Seigneur se manifeste à nous d’une manière sensible afin de pouvoir croire en lui. Mais c’est l’inverse qui est le chemin normal de la foi : d’abord écouter, suivre, rester fidèle même quand tout semble s’écrouler… C’est seulement au bout de ce chemin que l’on peut espérer faire l’expérience de la présence du Seigneur auprès de nous.
Certes, si Jésus s’était était apparu après sa mort à ses adversaires, ceux-ci auraient dû reconnaître qu’ils s’étaient trompés à son sujet. Mais en ce cas leur conversion éventuelle aurait été une adhésion forcée, non une adhésion du cœur. Or Dieu de ne veut pas contraindre. Dieu veut une adhésion librement consentie.
Quand on ne veut pas de lui, on trouvera toujours des explications « naturelles » aux signes qui pourraient mettre sur le chemin de la foi. Ainsi pour ce qui est du tombeau vide. Il aurait dû obliger ceux qui ont combattu Jésus à se mettre en question. Mais non, ils préfèrent avoir recours à un subterfuge : Vous direz que ses disciples sont venus la nuit et ont dérobé le corps pendant que nous dormions.
Il en va de même en ce qui concerne notre vie de foi à nous : Bien souvent Dieu fait signe, mais on ne veut pas les voir, on préfère leur trouver une explication qui nous dispense de mettre en question de notre façon de penser et de vivre. Quand on ne veut pas changer sa façon de vivre, et même de pratiquer la foi, on trouve toujours de bonnes raisons pour ne pas changer.
Le vrai croyant n’est pas seulement celui qui se montre fidèle à un ensemble de pratiques et de dogmes, mais quelqu’un qui se laisse interpeller par les signes que le Seigneur nous adresse et qui se montre prêt à répondre à ces signes
« C’est le moment, l’heure est venu de sortir de votre sommeil. » C’est le conseil que S. Paul est venu nous donner en ce début d’Avent. Le temps de l’Avent, bien au-delà de la culture que j’appellerai « noëlistique », avec le vin chaud, les marchés de Noël, les contes et les chants de Noël, les pains d’épices et chocolats, même de la crèche avec ses santons. Ce temps est un temps d’avertissement. Plutôt que de retourner en enfance et de se rappeler les Noëls blancs, l’Evangile nous appelle plutôt à demeurer responsable et même alerte.
En effet, nous sommes dans l’attente de la venue finale du Seigneur à la fin des temps, au moment que les théologiens appellent la Parousie quand le Fils de l’homme viendra sur les nuées chercher les justes. Et quand arrivera ce moment ? Jésus nous le dit : on ne sait pas. Au moment où on ne s’y attend pas. Il viendra comme un voleur. Et ce jour-là sera un jour comme les autres, un jour où l’on boit, où l’on mange, où l’on travail, comme d’habitude.
Ce jour, il me semble qu’on l’oublie trop souvent. Pourtant la couleur verte utilisée à l’église pendant le temps dit « ordinaire » qui est la couleur de l’espérance et aussi de l’attente du Christ à la fin des temps est censée nous le rappeler. Mais, pendant l’Avent, c’est la couleur violette que l’on utilise, couleur de la pénitence, de la conversion et donc du changement de vie.
En effet, Jésus nous appelle à être prêts pour ce jour : « Tenez-vous donc prêts, vous aussi, nous dit-il, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Et S. Paul, saint patron de notre communauté, approfondi cela. Il dit : « …Le jour est tout proche : Rejetons les activités des ténèbres, et revêtons-nous pour le combat de la lumière. » Car en effet, je ne vous apprends rien en vous disant que la vie est un combat. Mais le vrai combat est celui de la lumière. Oui, le Seigneur attend que nous nous battions pour que sa lumière demeure en nous. Mais le démon est là, comme un lion qui guette sa proie, et qui nous touche aux endroits les plus fragiles pour nous faire tomber dans les ténèbres et ne pas voir le salut que Dieu veut nous donner. Et cela arrive aussi et surtout dans les moments difficiles. Trop souvent nous lui cédons : nous cédons aux désirs de la chair quel qu’il soit (envie, égoïsme, gourmandise, luxure…) ou alors à l’orgueil, à l’égoïsme qui nous conduisent à la colère, et parfois même au meurtre. Je ne ferai pas ici toute la liste des péchés que l’homme peut commettre. Mais de quoi aurions nous l’air, si le jour ou le Fils de l’homme vient, il trouve l’homme couché avec la femme avec qui il commet l’adultère ? Ou la personne en train de faire bombance sans penser au petit enfant d’Afrique qui meure de soif ou de faim ? Ou en colère pour des choses futiles, voire égoïste ? S. Paul nous conseille :« Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour (en plein jour, on ne peut pas cacher beaucoup de chose !), sans ripailles ni beuverie, sans orgie ni débauches, sans dispute ni jalousie (c’est tellement facile de tomber là-dedans.) mais revêtez le Seigneur Jésus Christ. Que cette phrase est belle ! Revêtez le Seigneur Jésus-Christ. Et comment pouvons-nous faire cela : en suivant l’exemple de Jésus que nous avons dans les évangiles et ainsi nous pourrons faire naître Jésus dans la crèche de nos cœurs. C’est aussi ça, Noël. C’est surtout ça, Noël !
Loin de vouloir taper sur les gens, le pécheur que je suis, à la suite du Christ et des apôtres, tient à prévenir en ce début d’Avent : Soyons prêt quand le Seigneur viendra à l’improviste. Mes frères, tout simplement, tous ensemble, comme le dit le prophète Isaïe, « marchons à la lumière du Seigneur. »
Au nom du Seigneur Jésus-Christ,
(prédication prononcée par Samuel Mahler ( pasteur) lors de l'échange de chaire)
Frères et sœurs en Christ !
Qui de nous ne s’est jamais retrouvé sur une montagne devant un magnifique paysage et se disait : Ah là je construirai bien ma maison, je m’y installerai, on pourra y voir le coucher du soleil, avec une magnifique vue sur la mer ?
Finalement les vacances se sont peu à peu achevées et il est devenu temps de redescendre dans la plaine , et de continuer dans la dure réalité de la vie active.
C’est un peu ce qui a marqué les trois disciples Pierre, Jean et Jacques auxquels Jésus a fait voir une partie encore inconnue et sans doute incompréhensible de son ministère, de la vie.
Sur une haute montagne Jésus change d’aspect devant eux !
L’évangile de Marc nous dit qu’« il fut transfiguré !
Alors, les enfants vous avez sans doute déjà entendu cette phrase : fais attention ou je te casse la figure !
Non Jésus ne s’est pas cassé la figure, et ne l’a pas cassé non plus à quelqu’un d’autre ! Mais tout simplement une lumière très puissante l’a éclairé pour que les disciples puissent voir la gloire de Dieu :
« ses vêtements devinrent d’un blanc brillant que personne sur toute la terre ne pourrait les blanchir »
Je ne sais pas comment vous vous seriez sentis devant une telle expérience. Peut-être avec notre façon de penser moderne, la science, on aurait plutôt tendance à penser à des hallucinations ou à quelque ou à une illusion.
A ce moment là, bien qu’étant un peu trop éblouis par cette blancheur, Pierre, Jacques et Jean, ont le sentiment de voir le paradis.
Et ils sont tellement heureux qu’ils ont envie d’y monter une tente afin d’y passer la nuit, et de s’y installer pour longtemps puisque tout va bien là loin du bruit des routes et des villages !
Mais Pierre a oublié de petits détails importants : D’abord, ce n’est pas sûr que Moïse et Elie veuillent rester sur la montagne. Ils doivent bien retourner dans leur ciel !
Ensuite, que feront les autres disciples resté en bas ?
Et c’est là que Dieu interpelle l’interpelle en disant : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. Plutôt que de dire n’importe quoi, écoutez-le ! »
Sans s’en apercevoir, Pierre était alors devenu égoïste. Oui, Pierre a oublié que Jésus avait encore beaucoup de choses à leur dire et à montrer ! Et que pour cela il fallait être tous ensembles !
Pour Jésus, la montagne est un lieu où on se ressource auprès de Dieu pour ensuite descendre dans le monde partager les richesses et les bénédictions reçues de Dieu.
Nous comprenons par là qu’à un moment il faut redescendre de la montagne où tout va bien pour voir en face ce qui se passe dans la plaine.
Pour Jésus, le paradis est tout à fait autre chose que la sécurité de la montagne.
Le bonheur, c’est autre chose qu’un confort égoïste qui nous enferme dans nos tours d’ivoireNon, le paradis véritable de Dieu, c’est là au pied de la montagne, dans la vallée, dans le monde !!!
Et ceux qui n’ont pas eu le privilège de monter sur la montagne, qui sont restés en bas attendent que ceux qui sont montés redescendent partager avec eux leur découverte, leur expérience et leur joie et porter avec eux leurs douleurs!
Mais avant de descendre de la montagne que leur dit Jésus ?
Il leur dit : Ne le dites à personne ! Un peu comme nous lorsque nous disons
-Viens voir, il faut que je te montre quelque chose, viens il faut que je te dise quelque chose, mais surtout ne le dit à personne, promets moi que ça reste entre nous !
Curieux, ce Jésus qui ne veut pas que ses disciples racontent ce qui s’est passé !
Aurait-il douté de son ministère, de la puissance que lui confère son père, de cet esprit, ce souffle de nouveauté qu’il est entrain de répandre autour de lui ? Ou encore serait-il gêné par les anciens, ces apparitions curieuses, voire mêmes ésotériques des prophètes. Se sent-il coupable ou a-t-il peur d’aller trop vite ?
Parfois dans notre vie nous éprouvons le besoin de partager un secret avec quelqu’un, le besoin de lui raconter ou de lui montrer quelque chose que l’on cache, oui, lorsqu’on aime bien la personne on veut lui faire plaisir, on veut l’étonner, … et puis arrive un moment où l’on se rend compte qu’on n’aurait pas dû le faire parce que cette personne ne sait pas tenir sa langue !
Mais trop tard ! Et en plus on lui a dit que cela devait bien rester entre nous ! Mais qui dit cela peut déjà s’attendre à ce que l’information se répande plus vite que prévu !
Alors que faire ?
Un proverbe en dialecte dit « A guetes Léjè schâdt nex ! » :Un bon petit mensonge est mieux que la vérité !
Non Jésus ne demande pas à ses disciples de raconter autre chose à la place de ce qu’ils ont vu ! Mais seulement de patienter jusqu’au moment propice où les choses vues à l’avance à travers une révélation, une apparition, cette transfiguration se réaliseront le vendredi saint et surtout au matin de Pâques pour de vrai !
Ce que la résurrection manifestera avec éclat, la transfiguration le révèle à quelques disciples. Cela signifie que si les hommes sont appelés à suivre Jésus quand il descend dans leurs souffrances, ils doivent discerner là les signes de leur communion à la gloire finale dont la résurrection !
« Ecoutez-le » ajoute la voix pour rappeler que la révélation dont il est question (la présence de Dieu parmi nous : son Fils est un homme) n'est pas seulement un spectacle qu'on voit, ou même dont on se réjouit, mais un appel, une interpellation, une exigence.
Eh bien il faut savoir que ce n'est pas une fin, mais un commencement. La parole de Dieu qu'est le Christ ne doit pas rester sans écho.
Et lorsque mes propres mots ne suffisent plus la parole de Dieu daignera résonner encore sur la terre à travers cette chansons de Théo Merthens sous forme de promesse : « Tu seras un témoin ! »
Refr. Tu seras un témoin par le chant de ta vie, messager d’infini, interprète de Dieu.
Tu seras un chemin, un prophète qui relie Dieu à l’homme d’aujourd’hui.
1. Tu seras cri de joie ou espoir de vendange. Tu seras la fontaine pour la soif des déserts. Tu offriras le choix qui étonne ou dérange, par le mot qui entraîne ou le geste qui sert.
2. Si la guerre est la loi, tu te feras colombe ; pour rejoindre les îles, tu construiras des ponts.
Tu souffriras parfois du travail qui t’incombe, au nom de l’Evangile qui t’envoie en mission.
3. Tes mots donneront sens au langage des hommes. Ton cœur sera tendresse, témoin du Dieu vivant. Et si même des gens refusent le royaume que ta foi se confesse simplement en aimant.
Ce fait est tellement évident, frères et soeurs, que nous n’y prêtons guère plus attention : nous sommes fondamentalement des êtres de relations. Notre vie professionnelle, associative, ecclésiale, citoyenne et familiale s’enracine et s’exprime dans les rapports que nous entretenons avec nos semblables, avec ceux et celles qui forment le socle de nos rencontres quotidiennes.
Hommes ou femmes, nous sommes des êtres humains, et cette simple appellation, cette catégorie que nous formons dans le monde de la création, nous parle de ce que nous sommes : des personnes ayant besoin de nos vis-à-vis pour vivre. C’est ce que nous apprend notamment l’Histoire de notre famille humaine à travers laquelle le vivre en société se lit comme un fil rouge, de nos ancêtres jusqu’à nous : en tribus, clans, peuples, villages, empires, royaumes, confréries, corps de métiers, religions, nations, républiques… l’Homme a toujours ressenti ce besoin de naître et mourir, de vivre et s’épanouir avec ses frères et sœurs en humanité.
Frères et sœurs, je parlai à l’instant des relations, des rapports dont nous avons besoin pour vivre. Zachée a dû entendre parler de Jésus, mais il cherche à le voir, à le connaître, afin de vérifier par lui-même si ce qu’on raconte est vrai. C’est donc la curiosité qui motive Zachée. D’ailleurs, pourquoi Zachée veut-il voir Jésus ? Il possède pourtant des richesses qui le mettent à l’abri du besoin, il a une influence et un pouvoir certains… et pourtant il doit être bien seul ! Zachée doit être vide du trop de choses qu’il possède, comme le sont les enfants dont la chambre déborde de jouets et qui en finissent de se lasser par une telle profusion. Oui, Zachée éprouve le vide dans tous ces objets qu’il a accumulé de manière juste ou injuste. Ils dissimulent le vide et le désespoir devant le non-sens de sa vie. Ses richesses matérielles l’étouffent et l’emprisonnent.
Et là tout bascule, tout recommence : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi ! Les rôles sont inversés, tandis que Zachée voulait voir Jésus, c’est ce dernier qui veut, qui doit aller, aujourd’hui même, visiter et entrer en relation avec ce Zachée mal vu par la société de l’époque. Et Jésus offre le trésor qui manquait encore à Zachée : le salut !
Mes chers amis, nous le savons toutes et tous, Dieu veut entrer en relation avec nous, ses créatures, car il nous aime ; c’est l’enseignement de la première lecture tirée du livre de la Sagesse. Dans tous ces hommes, c' est un seul qui est mis en lumière dans l’Evangile de ce 31° dimanche du Temps ordinaire : Zachée ! Qui est-il ? St Luc nous rapporte qu’il était chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il a une position dominante en son temps mais il souffre d’un handicap lié à son physique, et qui gâche un peu son pouvoir et son influence dans la société : il était petit de taille.
Et nous, que faisons-nous ? Est-ce que nous nous contentons de nos propres suffisances, de nos richesses ou de nos savoirs, nous rendant ainsi hermétiques à Dieu… ! Où au contraire sommes-nous aussi des Zachée qui cherchons à connaître Jésus, pour finalement lui faire une place de choix dans nos vies en acceptant de nous convertir ?
Oui, voilà l’enseignement de
ce dimanche : la conversion. Et se convertir comme Zachée ne signifie pas
changer de vie de manière volontariste, mais se laisser, avant tout, trouver
par Jésus, qui lui désire habiter nos cœurs. C’est aussi ce que St Paul nous
dit dans sa seconde lettre aux Thessaloniciens, quand il nous apprend que c’est
encore Dieu qui le premier nous adresse un appel.
Comme à l’époque pour la
ville de Jéricho, Jésus traverse aujourd’hui encore nos villes, nos villages,
nos lieux vies afin d’habiter chez nous. Les signes de cette traversée ne
manquent pas, ils sont évidents et beaux.
Alors, saurons-nous les reconnaître et donner la place de choix au Christ ?
Allez, encore un petit effort, et je suis sûr que nous y arriverons.
Amen.