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Saints Pierre et Paul

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homélie de Charles Stierer lors de la messe pour les défunts

La prière pour les défunts est tout d’abord une façon de leur montrer notre amour et notre 
affection par-dessus l’abîme de la mort.

Mais la prière pour les défunts, ce n'est pas seulement une occasion de nous souvenir d'eux. Prier pour un défunt qui nous a été cher, c'est aussi une manière de dire notre foi, notre confiance en la miséricorde de Dieu.  Prier pour quelqu'un que nous aimons, c'est en quelque sorte dire à Dieu : « Père, maintenant que je ne peux plus rien pour lui, je le confie à ton amour, car je sais que tu prendras soin de lui désormais. »

Cette prière-là n'a pas pour but d'apaiser je ne sais quelle colère de Dieu à l'égard du défunt, mais tout simplement de dire à notre Père du ciel notre confiance en son amour miséricordieux.

 

Mais, nos défunts n’ont-ils pas été des pécheurs (comme nous le sommes tous). Alors comment être sûrs qu’ils sont auprès de Dieu ?

Dans la 1ère épître aux Corinthiens (3, 13-15) saint Paul dit: L’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière au jour du jugement. Utilisant l’image du feu, il ajoute : Cette révélation se fera par le feu ; c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun. Si l’ouvrage construit par quelqu’un résiste, celui-ci recevra un salaire ; s’il est détruit par  le feu, il perdra son salaire, mais lui-même sera sauvé, mais comme s’il était passé à travers le feu.

Ces paroles sont à la fois une mise en garde et un motif pour ne désespérer aucun pécheur.

Elles sont une mise en garde, car elles laissent clairement entendre que tout ce que nous accomplissons ici-bas n’a pas forcément valeur d’éternité.

Mais en même temps elles nous donnent aussi des raisons de ne pas désespérer. Saint Paul est clair à ce sujet : Même celui qui perdra son salaire sera tout de même sauvé, « comme à travers le feu ».

Cette parole a donné naissance à la doctrine du purgatoire.

Malheureusement, à ce sujet, la religion populaire a fini par tomber dans des extravagances.

Dans l’imagination de beaucoup, le purgatoire est un lieu où les « âmes » des défunts seraient purifiées par le feu, pendant un temps plus ou moins long, avant de pouvoir accéder au paradis. Et on s’imagine que nos prières et les messes célébrées à leur intention peuvent abréger la durée de leur séjour en ce lieu de souffrance.

Et bien, il faut tordre le cou à notre imagination. Déjà en 1563 le concile de Trente demandait une grande discrétion à ce sujet. Il ordonna : A ce sujet (les évêques) ne laisseront ni exposer ni répandre les idées douteuses ou teintées d’erreur. Quand à celles qui n’éveillent que la curiosité ou la superstition (…) ils les interdiront comme scandaleuses et blessantes pour les fidèles.

Alors, le purgatoire, c’est quoi ?

Disons tout d’abord que le « purgatoire » n’est pas un lieu. Dans l’au-delà, l’espace n’existe pas. C’est un état, « un état de purification ».

Et quand on parle de tant et tant d’années de purgatoire, cela ne veut strictement rien dire non plus, car dans l’au-delà, le temps n’existe pas non plus. Passé, présent et futur sont présents tout ensemble...

Quant au feu du purgatoire, c’est une image, et rien d’autre. (S. Paul a parlé comme d’un feu, et non pas d’un feu réel). Cette image du feu désigne la force purifiante de l’amour de Dieu. Quand Dieu nous accueillera dans sa Maison éternelle, son amour sera comme un feu qui assainit, guérit et parachève tout ce qu’il reste d’imparfait en nous au moment de la mort.

Mais tout cela ne doit pas nous inciter, bien sûr, à vivre d’une manière quelconque.

Il serait imprudent de ne pas tenir compte de l’avertissement du Christ quand il nous dit : Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées (Lc 12, 35).

L’Évangile, en de nombreux passages, laisse entendre que l’échec éternel est possible.

Mais cette possibilité se réalise-t-elle en fait et dans quelles proportions ?

Impossible de le savoir.

C’est pourquoi il est sage de ne pas traiter par le mépris l’invitation du Christ à veiller, à tenir nos lampes allumées, à nous tenir prêts pour notre rencontre avec lui au moment où nous franchiront le seuil de la mort et de l’éternité.