Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

Lexique > Passé, présent et avenir

Les textes de la liturgie de ce 7° dimanche du temps ordinaire nous parlent précisément de passé, et qui plus est d’un passé peu glorieux. Ainsi, dans la lecture de ce passage du prophète Isaïe le Seigneur invite son peuple à ne plus regarder en arrière : ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. La question se pose : pourquoi une telle demande de Dieu à son peuple ? Et bien parce que le Seigneur connaît le cœur de l’homme, avec ses sentiments et sa mémoire. Il sait très bien qu’afin de vivre une relation juste, équilibrée et bonne avec ses semblables, et avec Dieu, l’homme ne doit pas continuellement regarder en arrière, mais se doit d’assumer son passé. Car une histoire non éclairée à la lumière de la vérité et de la sincérité et une histoire qui, tel un poids au pied d’un condamné, empêche la personne d’être libre. Or justement, Dieu nous veut libre devant lui. C’est bien pour cette raison qu’il affirme à la fin de ce passage d’Isaïe : moi je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés.

C’est également de blessures, de maladies et d’infirmités du passé dont il est question dans l’évangile de ce jour. St Marc nous rapporte l’histoire de ce paralysé que l’on veut par n’importe quel moyen présenter à Jésus, dans l’espoir d’obtenir la guérison. Dans un premier temps le Christ opère bien un acte de guérison à l’encontre de ce pauvre bonhomme, mais pas celui qu’on attendait : mon fils, tes péchés sont pardonnés. Mais que se passe-t-il donc dans la pensée de Jésus ? On attendait de lui le signe d’une guérison physique, et au lieu de cela c’est un relèvement spirituel auquel on assiste. Ainsi, de l’attente d’une guérison corporelle, les auditeurs que nous sommes doivent  porter leur réflexion sur l’élément central de notre vie et de notre démarche de chrétiens : notre foi. Car vous aurez certainement remarqués que c’est bien à leur foi que Jésus juge la valeur de la démarche du paralysé et des quatre porteurs : voyant leur foi, Jésus dit au paralysé. La foi de ces hommes devait effectivement être bien réelle car, malgré le monde et les obstacles qui se présentèrent à eux, ils ont tout fait pour rencontrer Jésus, quitte à découvrir le toit de la maison pour y faire passer le paralysé. Ainsi cet acte concret et visible réalisé par ces hommes témoigne de leur foi en Jésus.

Après avoir pardonné les péchés du paralysé, frères et sœurs,  et loin de céder à la réflexion fort juste d’ailleurs des scribes ( qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ) le Christ opère une autre guérison, celle-là même que tout le monde attendait : lève-toi, prends ton brancard et rentre chez  toi . Et notre homme de faire ce que Jésus venait de lui ordonner.
La double guérison, spirituelle et physique, dont vient de bénéficier cette personne, et dont sa foi fut le déclencheur, doit nous faire prendre conscience que précisément notre foi en Jésus-Christ englobe tout notre être, corps et âme. Et que le passé auquel je faisais allusion au début de mon intervention, et lui aussi totalement assumé et racheté par notre Seigneur. Cet handicap physique de notre paralysé provenant bien de son histoire personnelle, d’un événement malheureux de son passé.


Chers amis, par la liturgie que nous célébrons en ce moment - même, l’action du Christ est aussi en œuvre pour nous et en nous. Et comme pour ce paralysé, si nous sommes réunis dans cette église c’est bien à cause de notre foi. Pour reprendre les mots de l’apôtre Paul, c’est Dieu qui nous rend solides pour le Christ… c’est son Esprit qui  habite en nos cœurs.
Fortifiés par le Christ et son Esprit, engageons nos pas sur des chemins de vie et non dans les oubliettes du passé. Vivons du Seigneur car ses chemins nous conduisent à la vie éternelle.

Amen.
            Homélie prononcée par  l’abbé Matthieu Balzer
            Pour 7° dimanche du Temps Ordinaire – année B-, Mc 2, 1-12 :