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Saints Pierre et Paul

lexique > homélie du Père Stierer du dimanche de Pâques

Pâques,

fondement de l’espérance chrétienne

 

La veille de sa mort, Jésus avait dit : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Non seulement il l’a dit mais il l’a fait.

En contemplant la croix du Christ, nous nous rendons compte à quel point Dieu nous aime. Chacun de nous peut se dire, avec émerveillement, comme saint Paul : Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi (Ga 2, 20).

Cependant, il faut le reconnaître, nous aurions beaucoup plus de motifs de désespérer que d’espérer, si tout s’était terminé au soir du vendredi saint, sur le Golgotha, avec la mise au tombeau du corps martyrisé de Jésus. S’il n’y avait pas eu « autre chose », le Christ n’aurait été qu’un souffrant de plus, un torturé de plus. Un crucifié parmi des milliers d’autres.

Quand on a roulé la grosse pierre devant l’entrée de son tombeau, il semblait évident que Dieu avait échoué dans la réalisation de son projet sur l’humanité. La lourde pierre fermant l’entrée du tombeau semblait démontrer clairement que la haine sera toujours plus forte que l’amour, l’injustice plus forte que la justice, et la mort plus forte que la vie.

Si cela avait été vrai, la croix du Christ nous laisserait sans espérance. Alors, les croix de nos cimetières, les millions de croix sur les tombes des cimetières militaires, les croix innombrables sur les tombes des martyrs de la justice et de l’amour, alors toutes ces croix ne seraient qu’une protestation impuissante contre l’absurdité de la vie, contre le néant, contre la folie des hommes, leur haine et leur violence meurtrière. Alors, oui, nos croix crieraient l’échec définitif de Dieu lui-même et de son projet d’amour sur le monde.

Oui, ce serait vrai,... si l’histoire de Jésus s’était terminée le vendredi-saint, là-bas, aux portes de Jérusalem, il y a 2000 ans. Mais celui qu’on avait cru mort et enterré, a surgi de la tombe dans la splendeur de la Résurrection. Le tombeau est vide. Le corps martyrisé de Jésus n’est plus là où on avait cru pouvoir l’enfermer pour toujours. On croyait que tout était fini, et voilà que tout commence. l’échec devient victoire, la mort semblait avoir vaincu, et c’est la Vie qui triomphe!

Dans la résurrection de Jésus crucifié et enterré, le règne de Dieu fait irruption en ce monde, voué, selon toutes apparences, au mal, au péché, à la mort. C’est pourquoi Pâques n’est pas seulement l’issue heureuse du drame personnel de Jésus.  La résurrection du Christ n’est pas seulement une intervention de Dieu en sa faveur. « Christ est le premier-né d’entre les morts » (Col 1,18), « l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29).

La résurrection du Christ nous concerne tous, car en ressuscitant son Fils, Dieu a, une fois pour toutes, aboli la frontière de la mort. Avec les premiers chrétiens nous pouvons chanter : « La mort a été engloutie dans la victoire. O Mort, où est ta victoire? O Mort, où est ton dard venimeux? » (1 Cor 15,55).

C’est pourquoi, la résurrection du Christ n’est pas seulement un événement du passé, le point final d’une histoire passée et dépassée, qui n’a plus rien à voir avec nous, les hommes du 21e siècle.

Depuis la résurrection du Christ, le monde, notre monde, est un monde ouvert sur un au-delà.

En la nuit de Pâques un monde nouveau a fait irruption dans notre monde à nous. Désormais nous ne sommes plus prisonniers de notre existence périssable sur cette terre, la vie n’est plus l’antichambre de la mort, une prison avant l’échafaud.

Ce qui s’est produit en la nuit de Pâques est le commencement de quelque chose dont la réalisation est en cours et qui ira irrésistiblement jusqu’à son terme. Pâques a déclenché un dynamisme que plus rien ne pourra arrêter. Pâques n’est donc pas la commémoration d’un événement passé et dépassé. Nos alléluias chantent un présent et un avenir !

Le fondement de notre espérance, ce n’est pas la Croix ; le fondement de notre espérance, c’est Pâques. Que Dieu ait voulu partager nos souffrances et notre mort, cela peut être une grande consolation pour le croyant. Mais Dieu ne console pas seulement. Dieu fait mieux. Dieu donne l’espérance.