Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

Lexique > La multiplication des pains.


Mais tout à coup vous entendez Jésus dire : « Les gens ont faim… Tout le monde n’a pas été prévoyant… Il faut faire quelque chose. Y a-t-il quelqu’un qui a de quoi manger et qui voudrait bien partager avec les autres ? » Vous regardez vos cinq petits pains et vos deux poissons que vous avez déposés sur une couverture devant vous…  Et vous vous dites : « Qu’est-ce que cela pour tant de monde !  Si j’accepte de partager, tout le monde restera sur sa faim, moi et les autres. » Donc, raisonnablement, vous estimez que Jésus ne peut pas vous demander de partager avec la foule le peu que vous avez.

Mais tout à coup vous vous rendez compte que Jésus vous regarde, vous, vos petits pains et les deux poissons déposés devant vous. Il ne dit rien. Mais vous sentez son regard sur vous.

Vous êtes gêné… et puis vous tendez vos provisions à l’un des apôtres. Et vous n’osez pas croire vos yeux…Les apôtres distribuent, distribuent… et il en reste toujours. Tout le monde mange de bon appétit… Avec ce qui reste, les apôtres remplissent douze paniers à ras bord.

 

Maintenant, pensez à aujourd’hui ! Pensez à ces images insoutenables de la famine en certaines régions du monde et que l’on voit parfois à la télévision. Elles sont insoutenables. Oui, il est humainement insoutenable de voir, pour ainsi dire en direct, des enfants souffrir et mourir… De par le monde, il y a tant de misère, de pauvreté, de détresse alors que quelques euros par personne suffiraient le plus souvent pour sauver ces miséreux.

Mais sans doute êtes-vous saisis d’un sentiment d’impuissance face à ces foules de pauvres et de malheureux. Vous vous dites : « Je n’ai pas grand-chose à partager ; moi-même, je ne fais pas partie des nantis de ce monde ; si je me laissais émouvoir par toute cette misère, et si je donnais tant et plus, je serais moi-même très vite dans la misère… Et puis, de toute façon, ce que je pourrais donner ne serait qu’une goutte d’eau dans un océan… Alors, à quoi bon ? »

Mais imaginez-vous maintenant que Jésus vous regarde, vous et votre maison ou votre logement, votre salon, votre voiture, votre télévision, votre table et… votre poubelle ! Oui, essayez d’imaginer ! Imaginez-vous ce que vous ressentiriez à cet instant !Vous seriez certainement bouleversé, retourné par le regard silencieux de Jésus…. et vous prendriez un peu sur le peu que vous pensez avoir….

Si tout le monde en faisait autant, bien des choses changeraient…Oui, avec le peu que chacun de nous peut partager, Jésus peut faire des miracles, et des multitudes pourraient manger à leur faim.

Cependant, je pense, que la charité, l’aide humanitaire ne pourra jamais résoudre le problème de la faim et de la pauvreté dans le monde. Ces problèmes demandent aussi une solution politique. Les décisions nécessaires relèvent de la responsabilité des gouvernants. Eux seuls disposent des moyens…

Mais il ne faudrait pas que nous nous débarrassions de nos propres responsabilités sur le dos des hommes politiques et de garder bonne conscience. Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous dit : « Fais ce qui est en ton pouvoir, même si c’est peu, même si cela te semble inutile… et alors tu verras des choses extraordinaires s’accomplir. »

Charles Stierer homélie du 17e dimanche du temps ordinaire