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Saints Pierre et Paul

lexique > homélie du Père Stierer du lundi de Pâques

Nous sommes tellement habitués à entendre certains passages des évangiles que nous ne prêtons plus gère attention à certains « détails ».

Ainsi, dans le passage entendu en ce lundi de Pâques. Il nous est dit que c’est à des femmes que Jésus ressuscité s’est manifesté en premier et que c’est elles qu’il charge de faire connaître la Bonne Nouvelle aux apôtres.

N’y a-t-il pas là un signe, une indication que, dans l’Église du Christ, les femmes ont un grand rôle à jouer dans « la transmission de la foi » ? Est-ce que l’Église leur reconnaît suffisamment ce rôle ? Que serait l’Église sans les femmes ?

Autre « détail » : elles auraient voulu retenir le Ressuscité, le garder pour elles, goûter la joie  et le ravissement sans pareille de cette rencontre : s’approchant, elles saisirent ses pieds. Mais Jésus leur dit : Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront.

Si Jésus se fait connaître à quelques uns, ce n’est pas pour qu’ils puissent goûter sa présence dans une joie purement personnelle.  S’il se fait connaître, c’est pour que ceux qui l’ont rencontré aillent vers leurs frères et leur fassent connaître la Bonne Nouvelle.

C’est d’ailleurs ce qu’elles font : elles coururent porter la bonne nouvelle aux disciples.  La joie de cette rencontre donne des ailes aux femmes ! Dans leur joie, elles coururent porter la bonne nouvelle aux disciples.

La joie d’être porteurs d’une formidable Bonne Nouvelle devrait nous donner des ailes pour aller la partager avec nos frères avec nos enfants, nos jeunes, avec tous ceux qui sont les victimes  trompées par les « mensonges de ce monde ».

Autre constatation : Jésus ressuscité ne se manifeste pas à tout le monde, surtout pas à ceux qui l’ont rejeté, mais à ceux qui l’ont suivi, qui lui sont restés fidèles envers et contre tout.

Là aussi il y a un enseignement pour nous. Nous aimerions que le Seigneur se manifeste à nous d’une manière sensible afin de pouvoir croire en lui. Mais c’est l’inverse qui est le chemin normal de la foi : d’abord écouter, suivre, rester fidèle même quand tout semble s’écrouler… C’est seulement au bout de ce chemin que l’on peut espérer faire l’expérience de la présence du Seigneur auprès de nous.

Certes, si Jésus s’était était apparu après sa mort à ses adversaires, ceux-ci auraient dû reconnaître qu’ils s’étaient trompés à son sujet. Mais en ce cas leur conversion éventuelle aurait été une adhésion forcée, non une adhésion du cœur. Or Dieu de ne veut pas contraindre. Dieu veut une adhésion librement consentie.

Quand on ne veut pas de lui, on trouvera toujours des explications « naturelles » aux signes qui pourraient mettre sur le chemin de la foi. Ainsi pour ce qui est du tombeau vide. Il aurait dû obliger ceux qui ont combattu Jésus à se mettre en question. Mais non, ils préfèrent avoir recours à un subterfuge : Vous direz que ses disciples sont venus la nuit et ont dérobé le corps pendant que nous dormions.

Il en va de même en ce qui concerne notre vie de foi à nous : Bien souvent Dieu fait signe, mais on ne veut pas les voir, on préfère leur trouver une explication qui nous dispense de mettre en question de notre façon de penser et de vivre. Quand on ne veut pas changer sa façon de vivre, et même de pratiquer la foi, on trouve toujours de bonnes raisons pour ne pas changer.

Le vrai croyant n’est pas seulement celui qui se montre fidèle à un ensemble de pratiques et de dogmes,  mais quelqu’un qui se laisse interpeller par les signes que le Seigneur nous adresse et qui se montre prêt à répondre à ces signes