Nous
sommes tellement habitués à entendre certains passages des évangiles que nous
ne prêtons plus gère attention à certains « détails ».
Ainsi,
dans le passage entendu en ce lundi de Pâques. Il nous est dit que c’est à des
femmes que Jésus ressuscité s’est manifesté en premier et que c’est elles qu’il
charge de faire connaître la
Bonne Nouvelle aux apôtres.
N’y a-t-il pas là un signe, une indication que, dans l’Église du
Christ, les femmes ont un grand rôle à jouer dans « la transmission de la
foi » ? Est-ce que l’Église leur reconnaît suffisamment ce
rôle ? Que serait l’Église sans les femmes ?
Autre
« détail » : elles auraient voulu retenir le Ressuscité, le
garder pour elles, goûter la joie et le
ravissement sans pareille de cette rencontre : s’approchant, elles
saisirent ses pieds. Mais Jésus leur dit : Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée :
c’est là qu’ils me verront.
Si Jésus
se fait connaître à quelques uns, ce n’est pas pour qu’ils puissent goûter sa
présence dans une joie purement personnelle.
S’il se fait connaître, c’est pour que ceux qui l’ont rencontré aillent
vers leurs frères et leur fassent connaître la Bonne Nouvelle.
C’est d’ailleurs ce qu’elles
font : elles coururent
porter la bonne nouvelle aux disciples.
La joie de cette rencontre donne des ailes aux femmes ! Dans
leur joie, elles coururent porter la bonne nouvelle aux disciples.
La joie d’être porteurs d’une formidable Bonne Nouvelle devrait nous
donner des ailes pour aller la partager avec nos frères avec nos enfants, nos
jeunes, avec tous ceux qui sont les victimes
trompées par les « mensonges de ce monde ».
Autre constatation : Jésus ressuscité ne se manifeste pas à tout
le monde, surtout pas à ceux qui l’ont rejeté, mais à ceux qui l’ont suivi, qui
lui sont restés fidèles envers et contre tout.
Là aussi il y a un enseignement pour nous. Nous aimerions que le
Seigneur se manifeste à nous d’une manière sensible afin de pouvoir croire en
lui. Mais c’est l’inverse qui est le chemin normal de la foi : d’abord
écouter, suivre, rester fidèle même quand tout semble s’écrouler… C’est
seulement au bout de ce chemin que l’on peut espérer faire l’expérience de la
présence du Seigneur auprès de nous.
Certes, si Jésus s’était était apparu après sa mort à ses adversaires,
ceux-ci auraient dû reconnaître qu’ils s’étaient trompés à son sujet. Mais en
ce cas leur conversion éventuelle aurait été une adhésion forcée, non une
adhésion du cœur. Or Dieu de ne veut pas contraindre. Dieu veut une adhésion
librement consentie.
Quand on ne veut pas de lui, on trouvera toujours des explications
« naturelles » aux signes qui pourraient mettre sur le chemin de la
foi. Ainsi pour ce qui est du tombeau vide. Il aurait dû obliger ceux qui ont
combattu Jésus à se mettre en question. Mais non, ils préfèrent avoir recours à
un subterfuge : Vous direz que ses disciples sont
venus la nuit et ont dérobé le corps pendant que nous dormions.
Il en va de même en ce qui concerne notre vie de foi à nous : Bien
souvent Dieu fait signe, mais on ne veut pas les voir, on préfère leur trouver
une explication qui nous dispense de mettre en question de notre façon de
penser et de vivre. Quand on ne veut pas changer sa façon de vivre, et même de
pratiquer la foi, on trouve toujours de bonnes raisons pour ne pas changer.
Le
vrai croyant n’est pas seulement celui qui se montre fidèle à un ensemble de pratiques
et de dogmes, mais quelqu’un qui se
laisse interpeller par les signes que le Seigneur nous adresse et qui se montre
prêt à répondre à ces signes