![]() |
![]() |
Communauté de paroissesSaints Pierre et Paul |
![]() |
||
![]() |
![]() |
lexique > Jésus médecin des âmes ( 10e dimanche du temps ordinaire) Je suis venu appeler, non pas les justes, mais les
pécheurs. Incontestablement Jésus surprenait par son comportement, et
même scandalisait les gens « comme il faut ». Pensez donc ! Il a
osé appelé à rejoindre le groupe de ses intimes un homme méprisé de tous, un
pécheur notoire, ce publicain de Matthieu. Et Matthieu a fêté son appel en offrant un festin. Bien évidemment ce
sont ses collègues qui sont de la fête, tout un ramassis de « sales
publicains ». Et l’on mange, et l’on boit, et l’on chante ! Et, au
milieu de tout ce « beau monde » : Jésus ! Quel
scandale !Et nous savons que Jésus a recommencé souvent. Au point qu’il
acquerra une réputation assez scandaleuse pour les bien-pensants : Voici un glouton et un ivrogne, disait-on
de lui, un ami des publicains et des
pécheurs (Mt 11, 9). Nous le savons tous, partager la
table avec quelqu’un n’est pas un geste anodin. On ne mange pas avec n’importe
qui, mais seulement avec ceux avec lesquels sont se sent proche ou avec
lesquels on se veut proche. Quand Jésus allait manger avec les
« publicains et les pécheurs », il se mettait en quelque sorte
« de leur côté ». En plus, un bon Juif n’invitait à sa table que des
gens rituellement « purs », c’est-à-dire des gens dont la fréquentation
n’entraînait pas une impureté rituelle. Or, s’asseoir à la table d’un pécheur
notoire entraînait une telle impureté. Mais Jésus n’en avait cure. Il se
comportait en véritable « briseur de tabous ». Mais pourquoi a-t-il fait cela ? Est-ce qu’il aurait été indifférent à la façon de vivre de ces
gens-là ? Certainement pas ! La raison de sa façon de faire, il
nous l’explique quand il dit : « Ce ne sont pas les gens bien-portants qui ont
besoin du médecin, mais les malades ! » Jésus se voulait
médecin, médecin des âmes. Et comme un
médecin il n’hésitait pas à toucher les plaies, même les plus purulentes, afin
de les guérir. Il y a eu des époques où, au nom de la religions, on a beaucoup jugé et beaucoup condamné. Aujourd’hui, on aurait plutôt tendance à tout excuser. Jésus est beaucoup plus équilibré. Il a toujours refusé toute compromission avec le mal. Il n’a jamais dit que les publicains avaient raison de se comporter comme ils le faisaient. Mais plutôt que de les condamner de haut, il leur offrait une chance de changer de vie. Pour lui le mal restait le mal, mais, au lieu de lancer des anathèmes, il avait à cœur d’« accueillir » ceux que les braves gens rejetaient.
Et
nous ? Comment nous comportons-nous à l’égard de ceux dont
nous désapprouvons la conduite ? N’avons-nous pas trop tendance à les
exclure et à les rejeter purement et simplement ? Jésus, lui, ne repoussait jamais personne, n’excluait personne, ne
condamnait personne. Il allait beaucoup plus loin : il se sentait d’abord
et principalement envoyé vers ceux que l’on appelait dédaigneusement
« pécheurs » : « Je
suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs ! » Mais en disant cela, mais surtout en se comportant comme il a fait, il s’est attiré la haine de ceux qui se prenaient pour des « justes ». Ce sont eux qui ont finalement repoussé le Fils de Dieu fait homme, l’ont fait mettre à mort. Par contre, ceux qui avaient conscience d’être pécheurs, qui avaient conscience de leur pauvreté spirituelle, ceux-là l’ont accueilli. Ce qui signifie, entre autres, que pour être
« sauvé », il faut commencer par se reconnaître pécheur et aller au
Christ-médecin afin qu’il nous guérisse. Malheureusement, trop souvent nous ne nous rendons pas compte combien
nous sommes « malades » spirituellement parlant. A cela il y a, me semble-t-il, deux
raisons principales :La première raison est la perte du sens du péché. Les consciences se sont rouillées,
elles ne réagissent plus avec suffisamment de finesse ; elles souffrent de
cécité spirituelle. Alors on ne voit plus le mal qui est en nous et combien peu
nous mettons en pratique les exigences d’une vie authentiquement chrétienne. L’autre
raison pour laquelle
nous avons du mal à nous reconnaître pécheurs, c’est notre désir de nous
justifier nous-mêmes à nos propres yeux, aux yeux des autres et même aux yeux
de Dieu. Nous avons horreur de nous sentir coupables ou de nous sentir jugés et
condamnés. Nous avons besoin de nous sentir acceptés. Voilà pourquoi nous nous
cherchons sans cesse des excuses. Mais en nous comportant de la sorte
nous montrons que nous n’avons pas encore vraiment assimilé le message
évangélique. Dans notre inconscient subsiste l’image d’un Dieu justicier, d’un Juge qui instruit toujours à
charge, jamais à décharge. Alors notre comportement se comprend : devant
le gendarme ou le procureur, il est naturel de se chercher des excuses ou des
circonstances atténuantes. Cela n’est pas de mise devant Dieu,
car Dieu n’est ni un gendarme ni un procureur qui instruirait un procès contre
nous. Non, il est notre
« médecin ». Parce qu’il nous aime il veut nous guérir, nous libérer
de tout mal, nous libérer du péché, de ce mal qui empoisonne nos cœurs, nos
vies, nos communautés humaines, nos familles ou nos sociétés. Mais pour que le Christ-Médecin
puisse nous guérir de ce mal, il faut d’abord en avoir conscience, puis aller
vers lui avec une grande confiance, sans honte et sans complexe, sûrs de son
amour pour nous, si pécheurs que nous soyons, car, comme le dit Jean, même si notre cœur vient à nous accuse, nous
rester en paix, car Dieu est plus grand que notre cœur. (1 Jn3,19) ◙ P. Charles Stierer |
![]() |
||
![]() |
||