Transplanter, par un simple mot, un arbre dans la mer,
voilà qui ferait sensation, voilà quelque chose qui serait propre à frapper les
esprits et à faire réfléchir les gens ! Pourtant, Jésus n’a jamais
transplanté des arbres dans la mer. Il n’était nullement partisan du
sensationnel. Il lui arrivait même de se mettre en colère quand on lui
demandait des « signes venant du ciel ».
Alors, que veut-il dire quand il affirme qu’avec un tout petit peu de
foi nous serions capables, par un simple mot, de transplanter des arbres dans
la mer ?
Il veut nous dire, à l’aide d’une image
capable de frapper les esprits, que la foi nous rend capables de choses qui
dépassent normalement nos forces et nos capacités.
Regardez ce
qui s’est passé après la première Pentecôte chrétienne : des hommes (les apôtres) sans influence, sans moyens
financiers, sans rien, ont changé le cours de l’histoire.
Ce
fait et les paroles de Jésus doivent
nous inciter à ne pas mettre une trop grande confiance dans les
moyens humains,
à ne pas miser uniquement sur l’efficacité de nos
méthodes d’éducation, d’apostolat
et de catéchèse.
Le plus important, ce ne sont pas nos
techniques, nos moyens pédagogiques, mais la foi qui nous habite.
Dans la 2e parabole, Jésus met en scène un maître qui n’a aucun égard
pour son serviteur... Il demande : Ce
maître sera-t-il reconnaissant envers son serviteur d’avoir exécuté ses
ordres ? Et il nous dit
: De même, vous aussi, quand vous aurez
fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : « Nous sommes des
serviteurs quelconques... »
Voilà une parabole propre à choquer par sa dureté.
Bien évidemment Jésus n’entend pas
justifier une quelconque forme d’exploitation de l’homme par l’homme. Il ne
s’agit pas ici de rapports sociaux entre personnes humaines, de rapports entre
égaux, mais de nos rapports avec Dieu.
Jésus nous dit
comment nous situer face à Dieu.
Les pharisiens étaient convaincus de
mériter le ciel grâce à leurs bonnes oeuvres. Dieu le leur devait. C’était « donnant-donnant ». Ils disaient
en quelque sorte : « Seigneur, je te donne ceci, toi, tu me dois
cela ! » Or, Dieu ne nous doit rien, et nous devons tout à Dieu, nous
fait comprendre Jésus..
C’est ce que saint Paul ne cessait de
répéter aux premiers chrétiens : C’est par grâce que vous êtes sauvés,
à cause de votre foi ; cela ne vient pas de vous, c’est le don de
Dieu ; cela ne vient pas de vos actes, il n’y a donc pas à en tirer
orgueil. ( Eph 2, 8s).
Pour
ne pas déformer la pensée de Jésus, il faut
toujours interpréter l’Évangile par
l’Évangile, c’est-à-dire écouter
également
ce qu’il a dit en d’autres circonstances et surtout comment
il s’est lui-même
comporté.
Or plus d’une fois Jésus a présenté Dieu lui-même comme notre serviteur.
Dans une autre parabole, il déclare que
le maître de maison se mettra en tenue de service, qu’il fera passer ses serviteurs à table, et, passant devant eux, il les servira chacun
à son tour (Lc 12, 37).
Et n’oublions pas la scène du lavement
des pieds, le soir du Jeudi-Saint.
Voilà Jésus, Dieu fait homme, aux pieds
de ses disciples pour leur rendre un service que seuls des esclaves rendaient à
leurs maîtres.
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Et quand il a fait cela, il n’a pas joué la comédie.
Tout l’Évangile nous révèle que Dieu se
veut notre serviteur afin de nous sauver.
C’est ce qui l’a poussé à se faire
homme.
Saint Paul écrira : Le Christ
Jésus, qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son
droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla
lui-même et prenant la condition de serviteur. (Phil 2, 6s)
Mais
Jésus a toujours eu à coeur de nous rappeler sans cesse la grandeur et la
transcendance de Dieu et combien est gratuit le salut qu’il nous offre dans son
amour, par pur amour.