Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

Lexique> puissance de la foi et humilité du service

Transplanter, par un simple mot, un arbre dans la mer, voilà qui ferait sensation, voilà quelque chose qui serait propre à frapper les esprits et à faire réfléchir les gens ! Pourtant, Jésus n’a jamais transplanté des arbres dans la mer. Il n’était nullement partisan du sensationnel. Il lui arrivait même de se mettre en colère quand on lui demandait des  « signes venant du ciel ».

Alors, que veut-il dire quand il affirme qu’avec un tout petit peu de foi nous serions capables, par un simple mot, de transplanter des arbres dans la mer ?

Il veut nous dire, à l’aide d’une image capable de frapper les esprits, que la foi nous rend capables de choses qui dépassent normalement nos forces et nos capacités.

Regardez ce qui s’est passé après la première Pentecôte chrétienne : des hommes (les apôtres) sans influence, sans moyens financiers, sans rien, ont changé le cours de l’histoire.

Ce fait et les paroles de Jésus doivent nous inciter à ne pas mettre une trop grande confiance dans les moyens humains, à ne pas miser uniquement sur l’efficacité de nos méthodes d’éducation, d’apostolat et de catéchèse.

Le plus important, ce ne sont pas nos techniques, nos moyens pédagogiques, mais la foi qui nous habite.

 

Dans la 2e parabole, Jésus met en scène un maître qui n’a aucun égard pour son serviteur... Il demande : Ce maître sera-t-il reconnaissant envers son serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? Et il nous dit : De même, vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : « Nous sommes des serviteurs quelconques... »

Voilà une parabole propre à choquer par sa dureté.

Bien évidemment Jésus n’entend pas justifier une quelconque forme d’exploitation de l’homme par l’homme. Il ne s’agit pas ici de rapports sociaux entre personnes humaines, de rapports entre égaux, mais de nos rapports avec Dieu.

Jésus nous dit comment nous situer face à Dieu.

Les pharisiens étaient convaincus de mériter le ciel grâce à leurs bonnes oeuvres. Dieu le leur devait. C’était  « donnant-donnant ». Ils disaient en quelque sorte : « Seigneur, je te donne ceci, toi, tu me dois cela ! » Or, Dieu ne nous doit rien, et nous devons tout à Dieu, nous fait comprendre Jésus..

C’est ce que saint Paul ne cessait de répéter aux premiers chrétiens : C’est par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi ; cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; cela ne vient pas de vos actes, il n’y a donc pas à en tirer orgueil. ( Eph 2, 8s).

Pour ne pas déformer la pensée de Jésus, il faut toujours interpréter l’Évangile par l’Évangile, c’est-à-dire écouter également ce qu’il a dit en d’autres circonstances et surtout comment il s’est lui-même comporté.

Or plus d’une fois Jésus a présenté Dieu lui-même comme notre serviteur.                                                 

Dans une autre parabole, il déclare que le maître de maison se mettra en tenue de service,  qu’il fera passer ses serviteurs à table, et, passant devant eux, il les servira chacun à son tour (Lc 12, 37).

Et n’oublions pas la scène du lavement des pieds, le soir du Jeudi-Saint.

Voilà Jésus, Dieu fait homme, aux pieds de ses disciples pour leur rendre un service que seuls des esclaves rendaient à leurs maîtres.                                                                                                

Et quand il  a fait cela, il n’a pas joué la comédie.

Tout l’Évangile nous révèle que Dieu se veut notre serviteur afin de nous sauver.

C’est ce qui l’a poussé à se faire homme.

Saint Paul écrira : Le Christ Jésus, qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même et prenant la condition de serviteur. (Phil 2, 6s)

Mais Jésus a toujours eu à coeur de nous rappeler sans cesse la grandeur et la transcendance de Dieu et combien est gratuit le salut qu’il nous offre dans son amour, par pur amour.

 


P. Charles Stierer