Dans
la lecture du prophète Amos nous sommes 8 siècles avant
JC. Gouverné par le roi Jéroboam II, le peuple
d’Israël connaît richesses et
prospérité. Les récoltes sont bonnes, il n’y
a pas de guerre, et le commerce
avec les Phéniciens va bon train. Et là arrive ce qui
arrivera encore bien
souvent : les riches deviennent plus riches et les pauvres encore
plus
pauvres.
Pour dénoncer cette gangrène de l’injustice sociale, le
Seigneur suscite le prophète Amos. Le riche, tellement occupé par le souci du
profit matériel, ne prête plus attention à Celui qui est sacré, donc à Dieu
source de tout bien, qu’il convient de célébrer le jour du sabbat.
Frères et sœurs, la colère du prophète Amos qui dénonce le
désir aveugle de l’argent, désir qui conduit à l’oubli de Dieu et du prochain,
cette colère se retrouve chez Jésus : Vous ne pouvez pas servir Dieu et
l’argent, nous rapporte St Luc dans l’Evangile.
Par cette parabole de l’homme riche et de son gérant le
Seigneur veut susciter l’attention de son auditoire, piquer sa curiosité.
Et que lisons-nous : Ce gérant trompeur, le maître
fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile… En fait, vous
l’aurez constaté, Jésus fait l’éloge de l’habileté de cet homme, et non pas de
sa tricherie ou tromperie ! Sachant qu’il est découvert, cet homme se
dessaisit de l’argent trompeur, acquis de façon malhonnête, en remettant à ses
propres débiteurs afin de s’en faire des amis. Il ne se révolte pas contre son
ancien maître, mais il préfère remettre et entrer dans une logique de
miséricorde, en espérant qu’à son tour on lui fasse miséricorde.
L’Argent dont il est question ici est un terme générique
qui désigne l’ensemble des biens dont nous disposons. Mais, sans doute l’aurez-vous
remarqué, Jésus ne désapprouve pas les richesses matérielles, il ne condamne
jamais les hommes ou les femmes qui seraient propriétaires de biens acquis de
façon honnête et juste. Ces richesses sont nécessaires pour vivre, mais elles
doivent toujours être considérées pour ce qu’elles sont : des moyens et
non une fin en elles-mêmes !
Car, frères et sœurs, ne perdons jamais de vue notre seule
fin, notre bien véritable : le salut des âmes ! C’est ce dont nous
parle encore St Paul dans sa lettre à son ami Timothée, lorsqu’il demande de
porter dans la prière ceux qui assument des responsabilités : tout comme
nous, ceux-ci ne doivent jamais oublier la finalité de toute action
humaine : conduire à Celui qui est la Vérité, Dieu. Et ceci est évidemment vrai pour
l’Eglise que nous sommes ; à savoir de ne jamais perdre de vue sa raison
d’être : faire connaître le Christ, en vivre et parvenir à la vie
éternelle. Et à chaque fois que nous nous célébrons nous-mêmes, quand nous
avons tendance à prendre l’Eglise pour un parti ou une association, ou bien
quand nous sommes obstinément verrouillés sur le passé, refusant toute
évolution, nous perdons alors notre temps, nous sommes gagnés par d’autres
formes d’argent, et nous ne remplissons plus notre mission de baptisés.
Chers amis, nous avons bien compris qu’il est question
aujourd’hui de richesses, de biens, de commerce, d’argent, toutes sortes de
concepts et de réalités qui sont les nôtres en ce monde global. Je vous livre
ici une citation d’un discours du pape Benoît XVI prononcé il y a 15 jours lors
de son voyage en Autriche :
La mondialisation, souvent citée, ne peut être arrêtée,
mais la politique à le devoir urgent et la grande responsabilité de lui donner
des règlements et des limites capables d’éviter qu’elle ne se réalise au dépens
des pays les plus pauvres, et des personnes pauvres dans les pays les plus
riches, et au détriment des générations futures.
Puissions-nous vivre en vérité le respect et l’amour du
prochain, démuni et désemparé, tout en servant notre bien-aimé Seigneur, et
ainsi parvenir à la vie éternelle.
Amen.