Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

Lexique > quelle fin pour les richesses ?


Dans la lecture du prophète Amos nous sommes 8 siècles avant JC. Gouverné par le roi Jéroboam II, le peuple d’Israël connaît richesses et prospérité. Les récoltes sont bonnes, il n’y a pas de guerre, et le commerce avec les Phéniciens va bon train. Et là arrive ce qui arrivera encore bien souvent : les riches deviennent plus riches et les pauvres encore plus pauvres.

Pour dénoncer cette gangrène de l’injustice sociale, le Seigneur suscite le prophète Amos. Le riche, tellement occupé par le souci du profit matériel, ne prête plus attention à Celui qui est sacré, donc à Dieu source de tout bien, qu’il convient de célébrer le jour du sabbat.

 

Frères et sœurs, la colère du prophète Amos qui dénonce le désir aveugle de l’argent, désir qui conduit à l’oubli de Dieu et du prochain, cette colère se retrouve chez Jésus : Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent, nous rapporte St Luc dans l’Evangile.

Par cette parabole de l’homme riche et de son gérant le Seigneur veut susciter l’attention de son auditoire, piquer sa curiosité.

Et que lisons-nous : Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile… En fait, vous l’aurez constaté, Jésus fait l’éloge de l’habileté de cet homme, et non pas de sa tricherie ou tromperie ! Sachant qu’il est découvert, cet homme se dessaisit de l’argent trompeur, acquis de façon malhonnête, en remettant à ses propres débiteurs afin de s’en faire des amis. Il ne se révolte pas contre son ancien maître, mais il préfère remettre et entrer dans une logique de miséricorde, en espérant qu’à son tour on lui fasse miséricorde.

 

L’Argent dont il est question ici est un terme générique qui désigne l’ensemble des biens dont nous disposons. Mais, sans doute l’aurez-vous remarqué, Jésus ne désapprouve pas les richesses matérielles, il ne condamne jamais les hommes ou les femmes qui seraient propriétaires de biens acquis de façon honnête et juste. Ces richesses sont nécessaires pour vivre, mais elles doivent toujours être considérées pour ce qu’elles sont : des moyens et non une fin en elles-mêmes !

Car, frères et sœurs, ne perdons jamais de vue notre seule fin, notre bien véritable : le salut des âmes ! C’est ce dont nous parle encore St Paul dans sa lettre à son ami Timothée, lorsqu’il demande de porter dans la prière ceux qui assument des responsabilités : tout comme nous, ceux-ci ne doivent jamais oublier la finalité de toute action humaine : conduire à Celui qui est la Vérité, Dieu. Et ceci est évidemment vrai pour l’Eglise que nous sommes ; à savoir de ne jamais perdre de vue sa raison d’être : faire connaître le Christ, en vivre et parvenir à la vie éternelle. Et à chaque fois que nous nous célébrons nous-mêmes, quand nous avons tendance à prendre l’Eglise pour un parti ou une association, ou bien quand nous sommes obstinément verrouillés sur le passé, refusant toute évolution, nous perdons alors notre temps, nous sommes gagnés par d’autres formes d’argent, et nous ne remplissons plus notre mission de baptisés.

 

Chers amis, nous avons bien compris qu’il est question aujourd’hui de richesses, de biens, de commerce, d’argent, toutes sortes de concepts et de réalités qui sont les nôtres en ce monde global. Je vous livre ici une citation d’un discours du pape Benoît XVI prononcé il y a 15 jours lors de son voyage en Autriche :

La mondialisation, souvent citée, ne peut être arrêtée, mais la politique à le devoir urgent et la grande responsabilité de lui donner des règlements et des limites capables d’éviter qu’elle ne se réalise au dépens des pays les plus pauvres, et des personnes pauvres dans les pays les plus riches, et au détriment des générations futures.

 

Puissions-nous vivre en vérité le respect et l’amour du prochain, démuni et désemparé, tout en servant notre bien-aimé Seigneur, et ainsi parvenir à la vie éternelle.

 

Amen.