Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

Lexique


Notre route quotidienne c’est actuellement ce chemin qui, pendant quarante jours, nous conduira au matin de Pâques. Ce temps du Carême n’est pas un temps de l’inaction, ni une période durant laquelle Dieu nous laisserait seuls et désemparés. Mais bien au contraire, c’est un parcours sur lequel le Seigneur travaille en nous, avec nous et pour nous.

Nous pouvons ainsi nous rappeler la figure du prophète Elie qui part au désert pour sauver sa vie ! Le désert qui pour nous peut être synonyme de manque, d’arridité, de sécheresse et d’absence devient donc, par la force de Dieu, un lieu de vie et de salut. Elie est donc parti au désert pour se cacher, il est seul et découragé :« Je n’en peux plus !Seigneur, prends ma vie, car je ne vaux pas mieux que mes pères ». Après ce véritable cri de désespoir Elie s’endort… Et c’est là, dans cette impasse apparante, que s’opère un retournement complet de situation. Le Seigneur, par son ange, répond au désarroi de son prophète, lui accordant la nourriture,le réconfort et donc à nouveau la vie même qui lui faisait défaut. Dans ce milieu hostile du désert se manifeste la bonté, la générosité, la grâce de Dieu. Et c’est donc bien un Elie fortifié, revivifié qui poursuit sa route,dans son carême à lui, jusqu’à la montagne de Dieu où il pourra retremper sa foi aux sources même de la révélation du Seigneur.

Frères et sœurs,Elie vient en quelque sorte d’être racheté. Ce rachat ne s’opère pas dans des idées, mais par des faits concrêts et palpables. L’apôtre Pierre,dans sa première lettre,nous parle précisément de rachat, et de la façon bien réelle dont nous avons été rachetés.

De quoi s’agit-il au juste ?

Dans ce passage de cette lettre de Pierre il y est question de renversement de valeurs, de déplacement de centre d’intérêt. En effet, l’apôtre écrit clairement que nos biens et nos valeurs terrestres ne serviront pas à notre salut : « ce n’est point par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés. » Mais attention, ici il n’y a pas de condamnation des richesses de ce monde ! Il ne s’agit pas de faire dire à l’apôtre Pierre ce qu’il n’a pas dit… Nous avons bien besoin des richesses de notre monde pour vivre, pour permettre aussi aux autres de subvenir à leur existence. Ceci existait déjà bien avant le Christ : c’est ce que l’on nomme le monde marchand, le monde des affaires, l’échange des biens.

 Ce qui me semble important de retenir pour nous, durant ce temps de Carême, c’est qu’il convient de mettre – ou remettre – l’or et l’argent( donc tous les biens matériels ) à leur juste place. Ces valeurs et ses richesses nous devons les considérer pour ce qu’elles sont réelement : des moyens, et non une fin en soi. Il ne s’agit pas de vivre pour amasser de telles richesses, mais vivre en se servant de ces richesses. Car ces biens-là ne procurent en rien notre salut, mais sont bel et bien voués à disparaître.

Notre véritable trésor, à nous chrétiens, ne réside effectivement ni en une philosophie, ni en une pensée, encore moins en une propriété matérielle !Mais le trésor de notre foi c’est une personne :le Christ Jésus.C’est bien de lui, de son sang, de sa mort que nous tenons le salut. Comme le dit encore Pierre, c’est bien par lui, le Christ, et lui seul que notre foi et notre espérance reposent en Dieu. 

Chers amis, sachons mettre à profit ce temps de préparation qui doit nous mener à la mort et à la résurrection du Christ. Par le don de la foi, sachons reconnaître Dieu qui se fait proche et inattendu sur les chemins de notre vie. Renouvelons notre foi en l’agneau sans défaut et sans tâche qu’est Jésus. Car lui seul nous rend libres et nous relève.  Mathieu Baltzer