Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

Lettre aux chrétiens > mai 2007

LC du dimanche 3 juin 2007  Numéro : 642  

Dieu d’Amour et de Tendresse

            « Dieu, notre Père » est une expression qui nous est familière. Mais ne pourrait-on pas aussi l’appeler « Dieu, notre Mère » ?  Question saugrenue ? En cette Fête des Mères il m’est agréable de méditer ce passage où le prophète Isaïe met dans la bouche de Dieu ces paroles :

                        Une femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de  sa  chair ? Même si celles-là oubliaient, moi je ne t’oublierai pas ! » (Is 49, 15).

            En fait, dans la Bible l’amour de Dieu est présenté à la fois comme maternel, conjugal et paternel. Bien sûr, ce ne sont là que des images, car Dieu n’est pas un homme. Sur terre personne ne peut-être à la fois père, mère, époux ou frère. Mais comme chaque forme d’amour est un aspect de l’amour total, la Bible présente Dieu à la fois comme un père, une mère, un fiancé, un époux. C’est ainsi que le prophète Osée, qui a souffert de l’infidélité de sa propre femme, fait dire à  Dieu à l’encontre l’Israël infidèle :

                        Eh bien, je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur.

                        Et il adviendra en ce jour-là qu’elle m’appellera « mon mari ». (…)

                        Je te fiancerai à moi par la justice et le droit, l’amour et la tendresse.

                        Je te fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras le Seigneur. (Os 2, 16-22)

            Il n’est pas exagéré de dire que son amour pour nous rend Dieu vulnérable et « fragile ». Par sa transcendance il devrait être à l’abri de tout ce qui peut venir de nous. Mais aimer quelqu’un, c’est se rendre vulnérable, c’est lui donner la possibilité de vous faire souffrir. La même ingratitude ne blessera pas une femme de la même façon, si elle lui vient d’un inconnu ou si elle lui vient de son mari ou de ses enfants. L’amour peut faire souffrir. C’est ainsi que Dieu « souffre » de nos ingratitudes. La Croix du Christ en est la démonstration la plus éclatante.

            Puissions-nous reconnaître dans l’amour et la tendresse de nos mamans un reflet de l’amour et de la tendresse de Dieu pour chacun de nous. Puissions-nous reconnaître tout ce que nous leur devons. Puissent les fleurs offertes en ce jour de leur fête leur dire notre gratitude pour leur tendresse et leur amour et aussi nos regrets de les avoir fait souffrir certains jours.

P. Charles Stierer

LC du dimanche 10  juin 2007  Numéro : 643  

Vouloir des prêtres,… et les aimer !

                        Deux événements, l’un diocésain et l’autre local, m’incitent à parler des prêtres. Non pas de moi ou d’autres prêtres en particulier, mais des prêtres en général. Dans quinze jours, le 24 juin, seront célébrées les ordinations de quatre prêtres en la cathédrale de Metz. Et, à compter du 1er septembre, nous passons de quatre à trois prêtres présents à temps plein pour notre communauté de paroisses de Sarreguemines. 

                        Je n’ai nullement l’intention à travers ces lignes de refaire une énième fois la genèse du manque de vocations sacerdotales dans notre Eglise, ni d’évoquer les éventuelles solutions à ce manque. Je voudrais tout simplement nous interpeller sur deux principes simples qui touchent aux prêtres et à notre volonté d’en vouloir.

                        La première de ces réalités est de savoir si nous désirons véritablement et sincèrement des prêtres pour notre Eglise, pour le monde. Bien-sûr il y a la prière de demande que beaucoup de catholiques adressent tous les jours au Père afin de susciter des prêtres. Mais cela passe également par les propos que nous pouvons avoir en parlant des prêtres. Ainsi lorsque, par exemple, un prêtre refuse d’accéder à une demande particulière - pour un baptême, un enterrement, un mariage,…- et ce parce qu’il est déjà sollicité ailleurs, ou que la demande est telle que celle-ci n’est pas conforme à la liturgie, dont il est aussi le garant, il nous arrive alors bien souvent de récriminer contre le prêtre ! Il est encore bien plus fréquent qu’on ne pense que bon nombre de personnes n’ont pas encore intégré dans les faits la pénurie de prêtres. Ces gens s’étonnent que le prêtre ne soit plus systématiquement présent à ces endroits, ces rencontres, où il fut normal de le rencontrer ; ils mentionnent alors un nombre impressionnant de prêtres, en oubliant que ce temps-là remonte à trente ou quarante ans en arrière !

                        La seconde réalité est peut-être plus primordiale encore que la première lorsqu’on évoque le manque de prêtre : est-ce que nous aimons nos prêtres ? J’avoue que cette question peut paraître surprenante, mais elle est de première importance. En effet, avant d’être prêtre celui-ci est un homme. Comme toute personne, le prêtre n’est pas insensible aux remarques, aux lettres, aux paroles, ou aux entretiens téléphoniques qui lui sont destinés. Comme tout un chacun, il lui arrive aussi d’éprouver l’incompréhension, le découragement, la lassitude, la fatigue. Tous ces états dans lesquels il se doit malgré tout d’être accueillant, à l’écoute, capable de soutenir et d’épauler, de pardonner et d’encourager. Dans de tels moments, le prêtre apprécie lui aussi une parole agréable ou un geste amical. Enfin, des jeunes hommes ne peuvent que difficilement s’engager dans le sacerdoce quand nous éprouvons déjà du mal à aimer les prêtres que nous avons.

                        Alors, chers amis, prions et aimons.

Abbé Mathieu BALTZER

LC du dimanche 17  juin 2007  Numéro : 644  

À Très Grande Vitesse

                                   Les paysages défilent très vite à partir de Baudrecourt où la motrice commence rapidement à monter en puissance dès qu’elle emprunte la toute nouvelle LGV (Ligne à Grande Vitesse). Le passage est presqu’insensible mais on sent qu’on est engagé sur une ligne droite et on gagne en stabilité. C’est la première fois que je prends le TGV grandeur nature. En réalité, c’est plutôt dans une voiture d’un train ICE (Inter City Express) que j’avais pris place. L’ICE de 3ème generation est l’équivalent de notre TGV actuel. Le service de ce train étant assuré par des équipes françaises et allemandes, tout est dédoublé. De sorte que pour le contrôle des billets ils étaient quatre quand ils se sont rejoints à ma hauteur. 

                        Le train était annoncé avec un retard d’une vingtaine de minutes au départ de Forbach. Ce qui m’a permis de féliciter notre député-maire - royalement réélu au premier tour - qui inaugurait comme moi cette ligne le même jour. Pour le voyage retour, un ICE jumeau entrait en gare pour débarquer son flot de passagers et nous avaler dans la foulée…tout cela en moins de dix minutes et en repartant à l’heure pile. Tout juste le temps de s’apercevoir que la rame s’était remise en marche. Y a pas à dire, on apprécie lorsqu’on a le sentiment de gagner du temps et d’aller vite. Il est vrai que, pour le trajet retour, j’étais assis dans la dernière voiture juste devant le cockpit arrière, en grande partie transparent. Le point de vue du pilote m’offrait ainsi une vision et un axe particulièrement “professionnel” sur le défilement de la voie. Pendant que nous admirions le paysage et son effet de fuite, ma voisine m’a appris, parmi les bizzareries du voyage, qu’elle était montée à Sarrebrück en pensant descendre à Forbach. Total, elle s’est retrouvée à Paris sans vraiment savoir comment. À vrai dire, ça ne m’étonne qu’à moitié, dans la mesure où le chef du réseau de Forbach m’a lui-même avoué être franchement dépassé ces derniers jours… Comme quoi, il faut un temps d’adaptation à tout le monde même aux gens du métier

                        Quoiqu’il en soit, la bataille du rail sur les frontières de l’est du pays est bel et bien engagée, même si on la mène sur le mode de la coopération. Elle a pour nom de code “Alléo”. C’est le nom de baptême de la société franco-allemande qui exploite la ligne Paris Francfort, desservie par l’ICE de la DB, alors que la ligne Paris Munich sera empruntée par le TGV de la SNCF. Pour la petite histoire et la compréhension sémantique, Alléo est une contraction de “All” rappelant Alliance et Allemagne, et “Eo” qui veut dire “je vais” en latin.

                                   “ Allons-y ensemble ! ” : c’est ainsi que pourrait s’énoncer  le message de cette aventure humaine.  Elle passe comme toujours par les “voies” de la communication et de la coopération. Une belle leçon qu’il faut retenir et plus encore pratiquer... dans la société comme dans l’Église.

Jean Marie MEYER
      

LC du dimanche 24  juin 2007  Numéro : 645  

VACANCES

                        Après des semaines où l’actualité a été dominée par les élections, nous voici tout normalement à parler des prochaines vacances. Le temps des examens à réussir et la plupart des conversations tourneront autour des projets pour l’été qui vient et que beaucoup espèrent comme un moment de rupture avec le

quotidien.

                        La vie que nous menons fait que nous avons tous un grand besoin de souffler un peu, de rompre en quelque sorte le rythme que nous impose le travail  les responsabilités et les diverses activités familiales ou autres.

                        Pouvoir décharger pour quelques jours ce qui est parfois bien lourd, oublier, penser à autre chose, voir d’autres personnes et d’autres horizons, beaucoup y aspirent, beaucoup aussi ne le pourront pas, faute de moyens ou de possibilités. Et bien souvent ce sont les problèmes de santé personnels ou d’un membre de la famille qui nous obligent à rester.

                        Heureux ceux qui pourront partir, heureux aussi tous les autres qui chercheront à profiter de ce temps de l’été pour se reposer un peu malgré tout. Car il nous est donné à tous de prendre un peu de recul, de faire halte pour retrouver la joie de la vie.

                        Il semble qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui éprouvent le besoin d’une halte spirituelle. Passer quelques jours d’été dans un monastère, même en silence, n’est pas exceptionnel. Et si nous décidions, partants et non-partants, de nous fixer pour ce temps des vacances un moment pour la prière. Les livres et revues pour nous aider ne manquent pas.

                        Dans le cadre des célébrations marquant le 800ième anniversaire de la conversion de saint François, le pape Benoît XVI vient de se rendre à Assise. Voici une prière de François qui pourrait éclairer tous nos jours d’été.

« Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens te demander la paix, la sagesse, la
force, je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tout remplis d’amour, être
patient, compréhensif, doux et sage, voir au-delà des apparences tes enfants comme tu les
vois Toi-même, et ainsi ne voir que le bien en chacun… Revêts-moi de ta beauté,
Seigneur, et, qu’au long de ce jour je te révèle. »

Abbé Albert Haller