Accueil > Bienheureuses Filles de la Charité - travail réalisé par Soeur Jacqueline pour la joie de toute la Communauté
Pour la joie de toute l’Eglise 4 Filles de la Charité ont été béatifiées au cours de ces quatre dernières
années, à l’aube de ce XXIe siècle (l’une va l’être en mai 2008).
Elles ont été données à l’Eglise tout entière comme
de véritables témoins et exemples pour les chrétiens, d’aujourd’hui et à venir,
ainsi que pour toute l’Humanité.
En chacune d’entre elles,
l’Eglise a reconnu la sainteté d’une vie
héroïque au service des Pauvres, là où elles ont vécu, dans les circonstances
particulières de leur Mission et dans différents Pays (La France, l’Italie, le
Brésil, la Pologne).
La Sainteté n’a pas de frontière !
C’est dans l’obéissance et
dans la confiance qu’elles ont assumé, avec leurs Sœurs en Communauté, la Mission que Dieu attendait d’elles.
Simples Filles de la Charité, Servantes des
Pauvres, rien ne les prédisposait à la Béatification sinon un amour inconditionnel du
Christ et des plus pauvres de nos frères ou, selon la pensée de Saint Vincent
de Paul, un amour du Christ présent en chacun de nos frères, Elles ont eu ce
regard qui fait grandir l’autre et particulièrement le plus pauvre et le plus
abandonné, le laissé pour compte de nos Sociétés, celui qui n’intéresse
personne. Servir les pauvres, pour un chrétien, ne laisse jamais indifférent.
Le « regard » se creuse et va au-delà des apparences extérieures
jusqu’à reconnaître et rencontrer Jésus-Christ dans le cœur du Pauvre.
Aussi, nous affirmons que ce
sont les Pauvres qui ont fait de nos
Sœurs des Bienheureuses.
(Ce ne sont ni leurs
mérites, ni leur courage, ni même leur volonté mais un amour sincère du Christ
Sauveur contemplé dans l’Oraison et dans le cœur des Pauvres puis servi avec
joie.)
Laissons-nous
« saisir » par la Sainteté
qui émane de chacune de ces Sœurs qui n’avaient pas idée de faire des choses
extraordinaires. Elles servaient les Pauvres « simplement et bonnement »
comme aimait le dire Saint Vincent.
Ce document comporte 3 points essentiels :
Préambule : Présentation et intuition fondatrice de la Compagnie des Filles de la Charité
1- Chronologie des Béatifications des
nouvelles Bienheureuses
2-
Une biographie rapide de chacune d’entre elles
a- Sœur Rosalie RENDU (1786-
1856)
b- Sœur Lindalva JUSTO DE OLIVEIRA (1953-1993)
c- Sœur Guiseppina NICOLI (1863-1924)
d- Sœur Marta WIECKA (1874-1904)
Préambule
Avant de
développer la vie et le don d’elles-mêmes au Christ et aux Pauvres présentons
et retraçons brièvement l’intuition fondatrice de la Compagnie des Filles de la Charité
Fondée au
XVIIème siècle par Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac, la Compagnie des Filles de la Charité est appelée à
servir Jésus-Christ en la personne des pauvres et des marginalisés là où se trouvent les Sœurs.
Elles
vivent en petites communautés, se soutenant les unes les autres, dans leur
mission commune de service.
Congrégation
internationale, la Compagnie
des Filles de la Charité
est présente dans 78 provinces réparties en 91 Pays.
Leur Maison
Mère est située à Paris (7è), 140, rue du Bac.
« Mes Filles,
vous servez Jésus-Christ en la personne des pauvres…Cela est aussi vrai que
nous sommes ici. Souvenez-vous que vous êtes Servantes des Pauvres ;
tenez-les comme vos maîtres et servez-les avec grande douceur et
humilité » (Saint
Vincent, le 22 octobre 1650)
« Oui ! Vous
devez souvent penser que votre principale affaire et ce que Dieu vous demande
particulièrement est d’avoir grand soin de servir les pauvres qui sont nos
Seigneurs…Ah Oui ! Mes Sœurs, ce sont nos maîtres. C’est pour cela que
Dieu a fait votre Compagnie. » (Saint Vincent, le 14 juin 1643)
1- CHRONOLOGIE DES BEATIFICATION DES NOUVELLES BIENHEUREUSES
Le 9
novembre 2003, le Pape Jean-Paul II béatifie à Rome Sœur Rosalie
RENDU, française. (1786- 1856)
4.000 Filles de la Charité, Pères Lazaristes, Equipes Saint Vincent
(AIC), Société de saint-Vincent ainsi que les jeunesses mariales vincentiennes
participent à cette cérémonie.
Le 25 novembre 2007 : Sœur Lindalva JUSTO de OLIVEIRA, brésilienne, (1953-
1993) est béatifiée à Salvador de Bahia au Brésil en la fête du Christ-Roi par
le Cardinal Jose Saraiva Martins, de
Rome, représentant le Pape Benoit XVI.
60.000 personnes y participent dont sa mère et
ses 12 frères et sœurs.
Le 3 février 2008 : Sœur Guiseppina
NICOLI, italienne (de Sardaigne) (1863- 1924) est béatifiée à Cagliari par le Cardinal Jose
Saraiva Martins, représentant du Pape Benoit XVI.
Enfin, le 24 mai 2008, sera béatifiée à Lvov Sœur Marta
WIECKA, polonaise( 1874- 1904).
a) Sœur Rosalie RENDU (1786- 1856)
Sœur
Rosalie RENDU, Fille de la
Charité, est née le 9 septembre 1786 à Confort (Ain).
Durant les
troubles de la Révolution
française, ses parents accueillent et cachent des prêtres pourchassés. C’est
dans ce climat religieux difficile qu’elle grandit.
Le 25 mai
1802, elle entre au Séminaire (noviciat) des Filles de la Charité, rue du Bac à
Paris.
Elle est
ensuite envoyée dans la
Communauté du Quartier Mouffetard, l’un des plus pauvres de la Capitale à cette époque.
Nommée Sœur
Servante (Supérieure) de sa Communauté en 1815, elle encourage ses Sœurs : « Les
pauvres vous diront des injures. Plus ils sont grossiers, plus vous devez être dignes.
Rappelez-vous que ces haillons vous
cachent Notre Seigneur »
Pour
répondre aux multiples besoins des pauvres : Enfants sans instruction,
mères de familles surchargées, ouvriers écrasés par un rude travail, vieillards
abandonnés, Sœur Rosalie sait faire appel à des collaborateurs compétents.
Elle initie
les jeunes étudiants de la
Sorbonne à la visite des Pauvres et conseille Frédéric Ozanam
lors de la fondation de la
Société de Saint Vincent de Paul (qui compte aujourd’hui plus
de 500.000 membres à travers le monde)
Durant les
journées d’émeute de juillet 1830 et de février 1848, Sœur Rosalie n’hésite pas
à monter sur les barricades au risque de sa vie pour secourir les blessés de
quelque camp qu’ils soient. Elle tient tête au préfet de police qui l’accuse
d’avoir secouru des émeutiers. Son courage et son esprit de liberté forcent
l’admiration.
Les
habitants sont aussi profondément marqués par son dévouement et celui des Sœurs
de sa Communauté lors des terribles épidémies de choléra qui sévissent de 1832 à 1849 à une époque où le
traitement consiste à administrer des décoctions de plantes. Ce sont surtout
les plus pauvres qui succombent à la maladie et les Sœurs, jours et nuits, les
assistent.
De nombreuses
Sœurs meurent également, victimes de ce terrible fléau.
La mort de
Sœur Rosalie, le 7 février 1856, à l’âge de 70 ans, provoque une émotion
considérable dans tous les milieux sociaux de Paris.
Ses
obsèques sont un véritable triomphe pour cette humble Fille de la Charité.
Sa tombe,
au cimetière Montparnasse est encore constamment
fleurie par des mains anonymes. Il y est érigé une Croix avec cette inscription :
« A la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les pauvres
et les riches. »
A la fois
tendre et intrépide, Sœur Rosalie est tant aimée que « Tout Paris a pleuré à
l’annonce
de sa mort » (extrait de l’homélie du Père Maloney lors de la Béatification).
Monsieur
Gilles de Robien, Ministre des Transports en 2003 souligne le fait suivant :
Dans
l’église St Médard, du Quartier Mouffetard, un panneau annonçant la
béatification de Sœur Rosalie porte ces lignes :
« La figure de Sœur Rosalie, avec cette primauté de la Charité, répond aux
besoins des hommes et des femmes de notre temps. Aujourd’hui, plus que jamais,
le besoin d’aimer et d’être aimé, se fait entendre. Paradoxe de notre société
moderne, enivrée de moyens de communication de plus en plus sophistiqués :
les pauvres ne sont pas tant ceux qui ne possèdent rien que ceux qui n’ont
personne avec qui partager »
Et il conclut : « Insuffler dans le cœur de nos
concitoyens l’intérêt et la compassion pour l’autre est la voie majeure d’une société conviviale, solidaire et
unifiée »
Sœur
Rosalie a passé sa vie à faire le bien (Ac 10,38)
Elle aime
répéter à ses Sœurs : « Il faut qu’une Fille de la Charité soit comme une
borne qui est au coin d’une rue et sur laquelle tous ceux qui passent puissent se
reposer et déposer les fardeaux dont ils sont chargés »
Puisse Sœur Rosalie faire de nombreux émules !
retour en haut de page Sœur Lindalva Justo
de Oliveira (1953-1993)

Autre Sainte,
Lindalva a, elle aussi, un cœur de feu.
Vivre la
fidélité évangélique en proximité avec les pauvres, donner le témoignage de
l’amour de Dieu, annoncer la Bonne Nouvelle
en vivant la simplicité dans l’esprit de Saint Vincent de Paul, tels sont les
objectifs de la jeune Lindalva.
Ils se sont
concrétisés par son admission dans la Compagnie des Filles de la Charité le 16 juillet
1989.
« Quelle joie de
pouvoir suivre Jésus ! Quel privilège ! Quel bonheur ! Il est
impossible de résister à tant d’amour » (Sœur Lindalva)
Sœur
Lindalva ,(Linda e Alva), son nom signifie « belle » et
« aube »
Cheminement
de Sœur Lindalva
Lindalva
nait le 20 octobre 1953 dans un petit village dans l’Etat du Nord-Brésil. Sixième enfant de la famille, elle est
baptisée le 7 janvier 1954. A 11 ans,
elle fait sa première communion, le 15/12/ 65. Elle
grandit dans un milieu chrétien et cultive les valeurs essentielles à la
cordialité; toute petite, elle éprouve une sensibilité envers les pauvres et
une inclination naturelle au sacré. Elle
commence ses études dans le milieu rural puis elle part à Natal-RN afin de
continuer sa formation professionnelle. A partir de
1971, elle travaille à Natal et aide à
élever ses trois neveux. Elle est proche
de ses frères et envoie régulièrement de l’argent à sa mère. Le soir,
plutôt que de regarder la télévision, elle préfère lire la Bible dans sa chambre. Elle a une
amie, Maria, avec laquelle elle partage beaucoup. Famille et
amis essaient de lui parler mariage mais elle détourne la conversation. Après le
décès de son père qu’elle a entouré de soins durant toute sa maladie, Lindalva
intensifie ses visites chez les Filles de la Charité de Juvino Barreto.Les Sœurs ont alors un
Accueil pour les personnes âgées ainsi qu’une école. Lindalva,
habituellement timide et silencieuse devient alors rayonnante de bonheur. Sa
disponibilité naturelle pour servir les personnes pauvres et marginalisées
grandit jusqu’à sa donation totale d’elle-même. Elle comprend que la personne
âgée est une personne privée d’affection, quelquefois abandonnée; voir le
Christ en elle transfigure le regard et le service. La Joie de Lindalva devient contagieuse.
Elle entre en chantant dans les chambres des personnes âgées qui l’attendent.
Elle a pour chacune un geste d’affection et leur joue des chants sur sa
guitare.
Sœur
Djanira, responsable de la
Pastorale des Vocations, qui l’observe dit à une Sœur :
« Pour moi, cette jeune fille a une vocation ! »
En 1987,
Lindalva reçoit le Sacrement de Confirmation puis écrit sa lettre de demande
d’entrée au Postulat des Filles de la Charité.
Un pas décisif
Lettre de
demande d’entrée au Postulat des Filles de la Charité :
«…Je
suis Lindalva Justo de Oliveira, j’ai 35 ans, grâce à Dieu j’ai une bonne
santé. Depuis l’obtention du
bac, je travaille dans un bureau comptable du lundi au samedi. J’appartiens à une
famille nombreuse, nous sommes 14 enfants, dont certains sont déjà mariés. Dans
la vie, j’ai presque tout, cependant il me manque un être cher, mon père, qui
est décédé. Ma mère habite avec mes frères. Notre famille vit dans la
simplicité et l’honnêteté. Depuis longtemps, je désire entrer dans la vie
religieuse, mais ce n’est qu’à présent que je suis prête à répondre à l’appel
de Dieu, en me consacrant à Lui dans le service des Pauvres.
Humblement ? je
vous demande d’entrer au Postulat. En participant à différentes rencontres, ma
vocation à suivre Jésus-Christ avec plus d’amour, s’est fortifiée.
J’aspire au bonheur
céleste, je désire exulter de joie, aider mon prochain, être infatigable pour
faire le bien »
Lindalva Justo de Oliveira
Du 11
février 1988 au 15 juillet 1989, Lindalva fait son Postulat et enfin le 16
juillet 1989, elle entre au Séminaire(Noviciat)
Elle
progresse dans sa vie intérieure. « A chaque instant, dans mon oraison,
je sens un désir si fort d’aimer Dieu,
que je suis sûre d’y arriver, même si c’est le dernier jour de ma vie » (Lindalva
pendant son Séminaire)
Elle
termine son Séminaire le 26 janvier 1991 et est envoyée en mission à l’Abri Don
Pedro à Salvador-Bahia pour travailler dans une infirmerie de 40 personnes
âgées. Elle y est responsable du pavillon des hommes, service qu’elle remplit
avec compétence et détermination.
Elle fait
de ce service auprès des personnes âgées un véritable apostolat de la parole,
du témoignage, de l’écoute, préparant spirituellement les malades à vivre les
derniers moments de leur existence. Sa conduite modeste, simple et discrète, révèle
la pureté dans ses attitudes, et elle traite tout le monde avec charité.
En plus de
toutes ces tâches, elle trouve encore le temps de visiter les pauvres à leur
domicile, accompagnée de quelques dames charitables ; elle collecte des
dons afin de répondre aux nécessités de toutes les personnes qu’elles assistent Sa force
est Dieu. C’est ainsi que la jeune Sœur décrit son union et son amour de Dieu:
Nous devons servir
avec amour et don total le frère le plus pauvre, car c’est en lui que Dieu
habite et qu’il nous attend » (Sœur Lindalva)
Elle
dynamise tous ceux qui l’entourent. Elle sait encourager, trouver le mot juste.
Le Martyre
En 1993,
sur recommandation spéciale, l’Abri Don
Pedro accueille un homme de 46 ans, du
nom d’Auguste. Il poursuit
Sœur Lindalva en lui faisant connaître ses intentions. Elle se
confie alors à d’autres Sœurs et se réfugie dans la prière. C’est l’amour des personnes âgées qui la
retient à l’Abri Don Pedro. Le Vendredi
Saint 9 avril 1993, alors que Sœur Lindalva sort de l’Office du Chemin de
Croix, Auguste la suit et comme elle lui résiste, il la poignarde de multiples
coups de couteau. Ce Vendredi
Saint, unie au Sacrifice du Christ, Sœur Lindalva meurt dans son infirmerie. Pendant
toute la nuit, une foule de fidèles, prêtres, Religieux, personnes de toutes
conditions sociales se rendent à l’Abri Don Pedro pour essayer de comprendre
l’incompréhensible et s’unir à la prière et à la douleur de la Communauté et de tous
ceux qu’elle a servi avec tant de joie et d’amour. Le matin du
Samedi Saint, Monseigneur Lucas Moreira Neves, primat de Salvador célébre ses
obsèques. A la Messe
du Dimanche de Pâques, il explique que, malgré son jeune âge, Sœur Lindalva a
reçu la grâce du Martyre. Les faits
si glorieux des Martyrs, qui fleurissent partout dans l’Eglise, nous aident à
lire, avec les yeux de la Foi,
la victoire de cette Fille de la
Charité qui a suivi le Christ jusqu’au bout de l’amour. Que ce même
amour nous stimule dans notre quotidien !
retour en haut de page Sœur Giuseppina Nicoli (1863- 1924) 
Ce que l’on peut retenir de la vie
de notre bienheureuse Sœur, c’est son
regard qui fait grandir.
Comme Monsieur Vincent, Sr
Giuseppina a vu des familles en situation désespérée, des enfants et les jeunes
sans avenir à cause de la pauvreté, de l’ignorance, la guerre.
« Elle leur a donné son temps, son cœur et toutes les
ressources de son talent d’éducatrice.
Le sourire qui
traverse son regard invite à avancer avec confiance : il est le signe
extérieur d’un amour profond et sans limite. Les jeunes ont compris le langage
de l’amour et se sont mis en route ! » (Sœur Evelyne Franc, Supérieure Générale)
Sa jeunesse
Le 18 novembre 1863, une petite
fille vient égayer pour la 5ème fois la famille de Carlo Nicoli,
Juge d’Instance à Casatisma, petite ville de la Province de Pavie, en
Italie.Giusseppina est née de façon
inespérée car on n’attend plus d’enfant dans la famille ! Ce fait marque sa
personnalité : Durant toute sa vie, sa perception du monde et de
l’existence est vécue, au plus intime d’elle-même, dans un sentiment de
gratuité. Giusseppina n’est pas née sainte
mais Dieu lui a préparé une famille sainte, faite de crainte et d’abandon à la
divine Providence. La jeune Giuseppina est suivie sur
le plan spirituel par un vicaire, Don Jacques Prinetti.
Si la prime enfance se déroule sans
heurts, l’épreuve surgit par la suite avec la mort de sa petite sœur Pauline suivie de celle de son frère ainé d’un an,
Jean. Giuseppina apprend le caractère
provisoire de la vie et son mystère. Au contact de la douleur elle a pris l’habitude de regarder son Crucifix qui
devient son interlocuteur secret. C’était l’époque où mûrit un grand
désir : Celui de consacrer sa vie à Jésus, de devenir missionnaire de Son
Amour.
Conseillée par sa sœur aînée Italina
qui a fréquenté l’Ecole Normale d’Instituteurs, elle s’y rend elle aussi pour
préparer son diplôme d’institutrice. Revenue à Voghera, elle se donne au
service des petites filles qui n’ont pas pu fréquenter l’école. Sa maison
devient une véritable « Ecole de rattrapage » et cette expérience
illumine sa route.
Sa vocation
Don Jacques lui fait connaître le
charisme des Filles de la
Charité qu’elle ne connait pas. Séduite, elle écrit sa lettre
de demande d’admission et reçoit une réponse positive. Le 24 septembre 1883 elle entre au
postulat, puis trois mois après au
Séminaire de Turin. Sœur Giuseppina a alors le bonheur
de terminer son temps de Séminaire à la Maison
Mère, à Paris. Voici ce qu’elle écrit à sa mère :
« Je suis heureuse de me
trouver au berceau de notre Compagnie où l’on reçoit des grâces toutes
spéciales et où la Sainte Vierge
est apparue. »
Après son temps de Séminaire elle
est envoyée en mission en Sardaigne, à Cagliari. A cette époque, il faut trois jours
pour s’y rendre !
Sa Mission à Cagliari
C’est le 1er janvier 1885
qu’elle débarque à Cagliari. Elle est désignée pour faire la classe aux enfants
et aux jeunes filles de l’Institut de la Providence. Entre les Sœurs de la Communauté règne une
sincère fraternité aussi Sœur Giusseppina s’y intègre facilement et se donne
entièrement à sa mission d’éducatrice. Elle prononce ses vœux la nuit de
Noël 1888. Venue avec un grand esprit
missionnaire, elle découvre, dans les ruelles étroites de la haute ville
appelée « Castello », une multitude d’enfants et de jeunes
analphabètes. Elle s’interroge : « Comment
ces enfants et ces jeunes pourront-ils devenir des hommes et des chrétiens,
s’ils ne reçoivent aucune éducation ? » Avec l’aide du Diocèse, les
Sœurs ouvrent une école primaire pour
les enfants pauvres du quartier et Sœur Giusseppina organise le catéchisme du
dimanche pour les enfants de la rue. Elle a tant d’ardeur que les jeunes
l’écoutent avec sympathie. Elle leur apprend les notions
fondamentales du christianisme, les éduquant à se reconnaître entre eux en amis ; elle confie aux plus
grands la responsabilité des petits et c’est ainsi que nait la 1ère
association « Les Petits Louis » parce qu’elle les a mis sous la
protection de Saint Louis. Ils préparent la grande fête
annuelle de leur patron et la représentation est donnée à l’Archevêché ;
c’est le triomphe des pauvres qui se sentent accueillis et considérés.
Mission à Sassari
A 36 ans, Sœur Giuseppina est nommée
Supérieure de l’Orphelinat de Sassari. La maison est une ruche bourdonnante
mais la Communauté
vit un malentendu avec l’Administration. La cause en est l’existence d’un
groupe nombreux d’anticléricaux actifs qui tentent de développer une mentalité
laïque. Avec patience et fermeté, Sœur Giusseppina donne avec sa communauté une forte impulsion
à l’instruction religieuse de la jeunesse et la formation des futures
institutrices qui auront ensuite la responsabilité de l’éducation dans
l’arrière-pays.
Sa méthode ? Donner de
l’importance à la préparation des fêtes liturgiques afin que la vie chrétienne
soit incarnée dans les activités quotidiennes.
L’Orphelinat devient un
établissement pédagogique proposant un cycle complet de formations, de l’école
maternelle au diplôme d’institutrice. De plus notre Sœur équipe divers ateliers
de coupe, de couture, de lingerie pour offrir aux jeunes la possibilité d’obtenir
un métier. Elle ouvre des classes de langue française, de musique et propose
aux étudiantes des voyages culturels. Par cette passion missionnaire, elle
se trouve en parfait accord avec le Père Manzella, Prêtre de la Mission(Lazariste) qui,
avec ses confrères, parcourt les zones les plus abandonnées de la Sardaigne, prêchant des
missions populaires et aidant les pauvres à garder ou à retrouver la
Foi. Il est souvent appelé à la
« Providence » pour s’entretenir avec les jeunes qui fréquentent
l’Ecole de la Foi.
Depuis l’âge de trente ans, Sœur
Giuseppinna souffre de tuberculose, maladie très grave à cette époque ;
or, malgré la maladie, elle continue son œuvre
En 1910, elle est nommée Econome
Provinciale, puis dix huit mois plus tard, Directrice du Séminaire de Turin.
Mais à cause de sa maladie, elle ne supporte pas l’air de la ville et les
médecins lui conseillent de retourner en Sardaigne.Elle retourne donc à Sassari mais là
elle ne reçoit pas un bon accueil de la part du Conseil d’Administration.Aussi est-elle envoyée à Cagliari, à
la crèche de la Marina
.en mai 1915. En cette période, l’Italie est en
guerre.
C’est la période où elle assiste à
l’enrôlement massif de jeunes soldats ce qui provoque l’écroulement de
l’agriculture et la faim de la population. Le nombre de pauvres augmente démesurément
et la crèche accueille et restaure gratuitement les enfants. Sœur Giuseppina
crée le mouvement « Louise de Marillac » pour la visite des familles
en difficulté. Elle engage aussi des jeunes filles à se rendre dans les
quartiers les plus insalubres, leur apprenant à aborder les pauvres avec
discrétion. Ils vivent, en effet, comme ils peuvent sans hygiène et sans argent
et la tuberculose et la malaria se propagent rapidement.
Grâce à la collaboration avec les
« Dames de la Charité »,
des pavillons sont installés sur une plage et 600 enfants, la plupart orphelins
de guerre, sont accueillis.
Sœur Giuseppina découvre aussi les
blessures encore plus secrètes de la pauvreté morale et spirituelle et comprend
l’urgence de la formation de la jeunesse qu’elle réunit à l’Institut de Marina.
Elle s’occupe aussi des jeunes de la
ville qui travaillent dans des Manufactures de tabac ou dans des familles
aisées et qui arrivent de leur campagne. Sœur
Giuseppina les rassemble et crée une Association : « Les
Zitines », sous la protection de Sainte Zita pour leur donner des leçons
de lecture et d’écriture.
Mais par-dessus tout, la renommée de
la Bienheureuse
est liée aux « Gamins au panier » très connus par leur instrument de
travail particulier : Le panier.Ces jeunes de la rue deviennent sa
préoccupation : Des nuées d’enfants parfois très jeunes et d’adolescents,
nu-pieds, mal vêtus et mal nourris se pressent à proximité du marché de la
ville, proche de la
Maternelle de Marina. Ils gagnent leur vie en portant pour
quelques pièces, depuis la gare ou le port, les bagages de ceux qui arrivent en
ville; ou encore, ils accompagnent les Dames qui font leur marché en portant le
panier.Ils vivent en bandes et dorment dans
la rue. Souvent, ils frappent à l’école pour apaiser leur faim.
Sœur Giuseppina et sa Communauté
cherchent une solution pour remédier à cette injustice sociale. Elles décident
de les « apprivoiser » avec une délicatesse toute maternelle. Ce que la Police n’a pas pu obtenir
par la force, les Sœurs le réalisent par la patience et l’affection. Il faut
rencontrer ces jeunes, ne pas les tromper, inventer un langage commun, leur
témoigner de l’amitié. Ainsi s’établit entre les jeunes et les Sœurs un
« accord éducatif » pour les amener à découvrir leur propre dignité et
vivre en société. Leur nom est changé en celui de « Marinelli », les
gamins de Marie. Ce nom nouveau leur fait sentir qu’ils ont une Mère au Ciel. Sœur
Giuseppina trouve une salle assez grande où quelques Sœurs peuvent leur donner
chaque jour une instruction élémentaire. La socialisation est lente mais elle
était amorcée.
Sœur
Giuseppina est aussi responsable de sa
Communauté et surtout de la vie communautaire. Elle s’efface toujours pour
laisser la place, comme le voulait Saint Vincent de Paul qui donnait le titre
de « Sœur Servante » aux Responsables de Communautés.
En
conclusion, nous pouvons signaler le charisme exceptionnel d’éducatrice de Sœur
Giuseppina. Instruire et éduquer sont pour elle deux aspects complémentaires et
indissociables dans la formation de la personnalité des jeunes dont elle a la
charge.
Sa vocation
de Fille de la Charité
la rend sensible aux souffrances et aux besoins des enfants et des jeunes et
elle a pour unique objectif de les préparer à devenir des adultes responsables
et engagés.
Comment ?
« Il faut les
aimer tendrement et les respecter fortement » disait Louise de Marillac.
Elle sait,
avec ses Sœurs mettre en œuvre, au jour le jour, cet amour et ce respect qui
constituent la base de toute éducation et se gravent peu à peu dans le cœur des
jeunes.
Proche de la Croix du Christ
Si Sœur
Giuseppina a des passages joyeux : Le premier don, la découverte de sa
vocation, le service des pauvres, la vie communautaire, elle traverse de
nombreux passages douloureux :
En toute
circonstance elle accueille avec Foi et amour ces passages.
La maladie : La tuberculose est à cette époque
incurable. La fatigue l’oblige à s’arrêter.
« Merci mon Dieu,
vous qui me faites éprouver et vivre ma faiblesse pour que je m’abandonne à
vous et me confie en vous seul » (Sœur Giuseppina)
La calomnie : Après son passage à Turin, elle
doit rejoindre Sassari mais là le Président de l’Association refuse son retour.
C’était une disqualification que Sœur Giuseppina vit comme une grâce qui la fait
grandir dans l’amour.
Puis c’est
en janvier 1924 une nouvelle épreuve : A la crèche de Marina a lieu
l’élection du nouveau Président dont les exigences dépassent ses pouvoirs.
Devant le refus des Sœurs d’exécuter ses ordres, des calomnies et des injures
paraissent dans les journaux à l’encontre des Sœurs.Cette
action de propagande révolte la population. En
septembre, lorsque tout est rentré en bon ordre, Sœur Giuseppina , atteinte de
pneumonie, doit s’aliter . Elle fait appeler le Président qui l’avait injuriée
et lui dit en souriant :
« Je prierai pour
vous, pour votre famille et pour la crèche de Marina » Le Président
est ému aux larmes
La Rencontre
Dans sa vie
de FDLC, Sœur Giuseppina vit les
caractéristiques de la mystique chrétienne: Joie intérieure, amour du Christ
crucifié et identification à son Mystère.
Le 31
décembre 1924, elle reçoit la
Communion avec joie et émotion. Ses dernières paroles sont : « Oui,
merci ! » expression de sa reconnaissance à l’égard de tous.
Elle a 61 ans.
Aujourd’hui comme hier les jeunes ont
besoin :
D’éducateurs
solides qui les aident à faire des choix, D’adultes
convaincus qui leur donnent des raisons de vivre et d’espérer, De témoins
proches qui les comprennent et les aiment.
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SŒUR MARTA WIECKA (1874-1904)

Sœur Marta
va être béatifiée à Lvov le 24 mai 2008.
En Ukraine,
au cimetière de Sniatyn, une tombe toujours décorée de fleurs, de lumières et
de tissus brodés-selon la tradition du Pays- attire de nombreux croyants. Catholiques,
orthodoxes, juifs…sont tous convaincus que la Sœur qui est enterrée là depuis cent ans est une
sainte : Ils l’appellent Matuska « Bonne maman » et viennent lui
confier leurs soucis quotidiens, persuadés qu’elle s’en occupera près de Dieu
comme elle le faisait lorsqu’elle était parmi eux.
Qui est Matuska ?
Sœur Marta
Wiecka -c’est son nom-est née le 12 janvier 1874 à Nowy Wiec, en Pologne, dans
une famille nombreuse profondément chrétienne. Marta est la
troisième de treize enfants. Elle est
baptisée, le 18 janvier 1874, dans l’église paroissiale de Szczodrowo et reçoit
le nom de Marta Anna. La prière
quotidienne se fait en famille, de même que la lecture de la Parole de Dieu. La maison
familiale est ouverte à tous : On peut s’y ressourcer au plan de la Foi et du patriotisme. L’enfant fait
sa première Communion le 3 octobre 1886 : Elle a douze ans et déjà une
grande maturité pour son âge. A l’école, on remarque son influence positive sur
ses camarades par ses paroles et surtout par l’exemple de sa vie.
L’appel
A quinze ans son avenir se précise : Elle
se sent appelée par Dieu. Elle écrit au Père Dabrowski, son Directeur
spirituel, puis aux Filles de la
Charité de Chelmno, pour demander son admission dans la Compagnie. En réponse,
elle reçoit une invitation pour Noël. Avec la permission de ses parents et
pleine de joie, Marta passe le Noël 1890 avec la Communauté des Sœurs de
Chelmno. A son retour à la maison, elle dit avec un peu de tristesse : « J’aurais
bien voulu rester, mais je suis trop jeune et Sœur Visitatrice (Provinciale)
m’a demandé d’attendre encore deux ans ! »
Quelques
mois avant de prendre la décision d’entrer dans la Compagnie, Marta apprend
que son amie, Monica Gdaniec, désire suivre le même chemin. Cependant, en
raison de la situation politique, Monica ne peut pas être admise à Chelmno
aussi doit-elle aller au Séminaire (Noviciat) de Cracovie. C’est ainsi que Monica et Marta sont toutes les
deux admises à Cracovie pour se préparer à devenir Filles de la Charité.
Après quatre
mois de Postulat et neuf mois de Séminaire, Sœur Marta est envoyée en mission
auprès des pauvres.
Sœur Marta, Fille de la Charité
En 1893,
Sœur Marta arrive à l’hôpital de Lvov. Auprès des Sœurs, elle apprend à bien
soigner les malades et aussi à avoir le souci de leur vie spirituelle.
En 1894,
Sœur Marta commence son service à l’Hôpital général de Podhajce. Dans cette
Communauté, elle se prépare aux vœux, qu’elle prononce le 15 août 1897.
La Croix
En 1899,
elle est placée à l’hôpital de Bochnia. Ce lieu est pour elle une période d’épreuve
et de souffrance. Elle est calomniée par un malade, un horloger de mauvaise
réputation. Dans la même
salle se trouve un autre malade, un futur séminariste. Sœur Marta le soigne
avec beaucoup d’attention, ce qui provoque la jalousie chez l’horloger.
Celui-ci en sortant de l’hôpital, se rend chez le Curé et accuse Sœur Marta de
faute contre la chasteté. Le Curé croit
l’accusateur et avertit le Père Directeur et la Visitatrice qui ont foi, eux aussi dans la parole du Curé. Seule, la Sœur Servante, Sœur Maria
Chabbo, est convaincue que Sœur Marta est innocente. Elle obtient de laisser
Sœur Marta à Bochnia certaine que le mensonge serait découvert. Le
calomniateur comprit et pour se venger persécute la Sœur Servante et essaye même
d’attenter à sa vie le Jeudi Saint 1901.
Cette menace fait réfléchir le Curé et le conduit à rétablir la vérité : Sœur Marta est
alors innocentée.
La même
année, Sœur Marta vit une autre épreuve, celle de la mort de son frère Franciszeck.
A l’occasion
de la visite à Bochnia d’un autre frère, elle confie avoir vu la Croix rayonnante d’où le
Christ lui dit : « Ma
fille porte patiemment toutes les souffrances et croix ; travaille pour
les tiens, bientôt je t’appellerai chez Moi. Ton frère Franciszeck est
sauvé »
Les dernières années
En 1902,
Sœur Maria arrive à l’hôpital de Sniatyn pour servir les malades, mais son
service ne se limite pas aux malades de l’hôpital. Elle met son
expérience et sa Foi au service de tous. Souriante, pleine de bonté et de
patience, elle porte secours à tous ceux qui en ont besoin tant physiquement
que spirituellement. Tissée
d’actes d’amour, la vie de Sœur Marta s’achève dans un ultime acte d’amour. Sa charité
sans limites la conduit à remplacer- bien que consciente du danger qu’elle encoure-
un jeune employé, père de famille, chargé de désinfecter la chambre d’une
malade atteinte de typhus. Le
lendemain, les premiers symptômes de la maladie apparaissent chez Sœur Marta. Tous les
efforts sont déployés pour la sauver. Durant la dernière semaine de sa vie à
l’hôpital, les croyants des différentes confessions demandent à Dieu sa
guérison. Le 30 mai,
après avoir communié, Sœur Marta se plonge dans une prière profonde, puis elle
s’éteint dans la paix.
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Quatre vies
de Filles de la Charité proposées par l’Eglise comme Servantes des
Pauvres et témoins de l’Evangile, n’est-ce pas un encouragement à vivre
pleinement en Dieu nos propres vies et les Appels que Dieu nous adressent
au long de notre quotidien? Sœur
Rosalie, Sœur Lindalva, Sœur Giuseppina, Sœur Marta, nous vous remercions pour
le message que vous nous transmettez pour aujourd’hui et pour demain ! Sur les
barricades ou au chevet de vieillards délaissés, pédagogue ou infirmière, vous êtes des
lumières pour le cœur des hommes qui ont capté que la Source vient d’Ailleurs. Si nous
avons découvert des Sœurs heureuses, la Croix ne leur a pourtant pas été épargnée, Croix
connue et Croix portée dans le secret de leur cœur parce que « le Serviteur n’est pas
plus grand que le Maître » Que la vie
de ces humbles Filles de la
Charité inspire chacun de nous à vivre plus intensément la Mission unique que Notre
Seigneur Jésus-Christ confie à chacun là où il est et là où il en est.
Les Filles de la Charité
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