Visite guidée de l'église Saint Denis

D’abord construite en style roman, revue et corrigée en style gothique au XIIIième siècle, elle a fait l’objet de nombreuses adaptations et rénovations. Réhabilitée au XVII ième siècle, elle s’est depuis, parée de tous les attributs d’une église historique mais moderne.

Les derniers aménagements sont remarquables : rénovation du clocher (lequel renferme pour la postérité le Républicain Lorrain du jour et une bouteille de schnaps de l’année), aménagement du parvis, rénovation de l’entrée, mise en lumière, et bien d’autres choses encore.

La nef gothique

L’église gothique mesurait 22 m de long, les murs ont 2 m d’épaisseur, l’emprise du clocher environ 5 m ce qui laisse 16 m pour la nef proprement dite. 

nef église St Denis

La porte d’entrée s’ouvrait dans le pignon ouest environ au milieu de la nef actuelle, c’est là que furent retrouvées en 1966 deux colonnes de style roman voire gallo-romain. 

Agrandie en 1770, une autre porte latérale en arc gothique qui donnait sur le cimetière permettait de déboucher sur la Grand’rue dénommée aujourd’hui «rue du Maréchal Foch». 

Elle fut murée pour gagner quelques places, toutefois c’est en 1850 que l’agrandissement eut vraiment lieu pour atteindre les dimensions actuelles de 45m. 

A l’époque le plafond était plat dans le genre basilical, ce qui laisse à  penser que les toits étaient couverts de chaumes?

La sacristie gothique et l’ossuaire

Située dans l’angle sud du clocher, elle était éclairée par une double fenêtre de type gothique. Elle mesurait environ 2.60 m sur 2.25 m.

En 1850 elle fut transformée en chapelle de la Vierge des Douleurs, dite le « Choerchen ». Elle fut victime de la restauration en 1966. 

Symétriquement et à l’opposé se situait l’ossuaire dont les archives du XVIII ième siècle font mention. Sa suppression définitive n’est pas datée. 

Sous un arc gothique découvert par l’abbé E. Wagner dans le mur de l’ancienne nef, se trouvait une représentation de la Sainte Trinité, œuvre très rare du gothique du XV ième siècle. On peut, de nos jours, admirer cette œuvre dans la chapelle baptismale de 1938. 

Une seule pierre tombale subsiste encore de l’ancien cimetière, elle est encastrée dans le mur de la nef, coté sud près de la porte gothique murée.

Le chœur de l’église

Construit en 1850, il s’ouvrait sur la nef par un arc triomphal qui rétrécissait son ouverture d’environ 1 m de part et d’autre. Son accès était protégé par une grille en fonte imitant le fer forgé. C’est devant cette grille, qui se parait d’un voile blanc, que les fidèles s’agenouillaient pour recevoir la sainte communion.

choeur église St Denis

Le chœur n’était éclairé que par les deux vitraux du fond, ils étaient peints en grisaille avec un médaillon chacun, représentant l’un l’apparition du Sacré - Coeur à Marguerite d’Alacoque et l’autre l’apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous. Ces deux vitraux ont été réalisés par la maison Woerner de Nancy et furent installés en 1883.

En Juillet 1932 l’Abbé E. Wagner fit percer deux nouvelles fenêtres au dessus de la porte de la sacristie de gauche et de la toute nouvelle sacristie de droite qu’il venait de faire construire. Les nouveaux vitraux étaient très beaux, ils sortaient des ateliers Heyden de Metz, l’un représentait Jésus au jardin de Géthsémani, l’autre Jésus devant Pilate, l’Ecce Homo.

Les statues

Statues St Pierre et Paul

Au dessus de la boiserie du chœur, six grandes statues de saints ornaient les murs. Au dessus de la porte de la sacristie était placée la statue de Saint Pierre avec les clés du paradis, en face de lui, Saint Paul, majestueux, avec son épée. Ces statues seraient un don de la famille Utzschneider. Les deux apôtres étaient entourés des quatre pères de l’Eglise : Athanase, Augustin, Ambroise et Chrysostome.

Saint Pierre et Saint Paul ont leur place actuellement dans les fenêtres du porche. Les quatre autres ont reçu lors de la restauration de 1930 une nouvelle dénomination soit : Saint Nicolas, Saint Clément, Saint Benoît, père des bénédictins de St Denis, le quatrième Saint Wendelin patron des agriculteurs (Wadgassen). Ils trouvèrent place dans la nef d’où ils disparurent à la restauration de 1966. Les

Les autels

maître autelLe maître-autel de 1850 était le même que dans l’ancienne église, il nous est connu car il sert actuellement de maître–autel de l’église de Dieding. C’est un maître–autel du XIII ième siècle en bois doré, les petits écussons de l’ordre de St François permettent de penser qu’il provient de la chapelle des pères Capucins de Sarreguemines où il avait été mis aux enchères lors de la révolution pour être brûlé comme bois de chauffage.

En 1883, l’Abbé Colbus, l’avait remplacé par un autel en bois construit dans le style néo-gothique flamboyant. Au centre était le tabernacle surmonté d’une niche en forme de clocheton très élancé dont la flèche touchait presque le plafond. Dans la niche était placé la statue du Sacré – Cœur d’environ 0.80 m de haut, devant elle était placé, entouré d’une guirlande d’ampoules électriques le Saint – Sacrement pendant les messes d’exposition.

Des deux cotés du tabernacle et de la niche d’exposition il y avait 4 niches formées de colonnettes abritant les 4 évangélistes : St Luc, St Marc, St Mathieu et St Jean, le tout était surmonté de deux clochetons ou flèches de moindre importance. Le maître–autel et les deux autels latéraux sortaient des ateliers Canaux de Nancy, les statues étaient de Walter de Trèves, et ont été acquises partiellement grâce au don de Melle Joséphine Walter. 

En 1919, suite à un incendie, le maître autel subit de graves dommages qui furent réparés par M. Minnerath père ébéniste – menuisier. 

Les restaurations d’abord en 1933 puis en 1966 ont abouti à la suppression de cet ancien maître –autel au profit de l’autel actuel.

Les autels latéraux

Du côté gauche, appuyé contre le mur et l’arc triomphal donc à la même place qu’actuellement, se trouvait l’autel de la Ste Vierge, symétriquement, sur le côté droit se trouvait St Denis, le patron de l’église. Les deux autels étaient en bois dans le même style que l’autel du chœur mais dans des dimensions moindres, ils étaient du même sculpteur. La statue de la Ste Vierge représente Notre Dame des Victoires.

La restauration de 1938 supprima totalement ces deux autels pour les remplacer par ceux qui sont encore en place de nos jours et qui ont été réalisés par M. Valentin Jaeg de Strasbourg. Depuis 1974 St Denis fit place à une statue de St Joseph, en bois de chêne de M. Boshardt de Tannenkirch.

Le Choerchen (chapelle de la Vierge des Douleurs)

Le ChoerchenLes transformations de 1850 créèrent une petite chapelle dans la sacristie de l’ancienne église. Ce petit chœur était éclairé par une baie jumelée en accolage, c'est-à-dire par deux petites fenêtres accolées du style flamboyant du XIVième siècle. 

Dans le fond de la chapelle il y avait un autel en bois très simple sur lequel était placé une «piéta», la Vierge de Douleurs, en grandeur naturelle, devant laquelle brûlaient des cierges. Il n’y avait que deux bancs très frustes où s’asseyaient quelques dames auxquels ils étaient peut-être réservés. 

Du côté gauche se trouvait la cuve baptismale, et dans une niche correspondant à celle qui existe encore dans le porche, une statue en bois de St Jean Baptiste du XVII ième siècle qui a trouvé sa place, quoique fortement détériorée, dans la chapelle baptismale actuelle.

Le Choerchen fut victime de la restauration de 1966.


Le clocher et la saga de ses cloches

Situé lors de l’édification de l’église en style roman au dessus du chœur de l’église, il se trouve aujourd’hui placé en aplomb de l’entrée. Déjà restaurée en 1811, rehaussée de 7 m en 1837, la flèche était alors constituée de 8 pans, de nos jours elle n’en a plus que 4.

On disait que ce clocher servait également de refuge aux habitants lorsque les pillards d’alors conduisaient leurs razzias.

Trois cloches animaient jusqu’à la révolution les préludes aux offices, hélas, contraintes et guerres obligent, deux d’entre elles sont réquisitionnées et fondues pour la fabrication de canons. En 1836 la commune acheta 3 nouvelles cloches. L’abbé Colbus les bénit en 1878, mais à nouveau deux d’entre elles furent confisquées en 1917. En 1923 deux nouvelles cloches qui pesaient pas moins de 2 tonnes, fondues par Farnier à Robécourt (Vosges) furent à nouveau bénies. Celles – ci furent à nouveau confisquées en 1942.

Les cloches actuelles viennent des fonderies de G. Paccard & fils de Annecy le Vieux, l’une se prénomme St Denis (1900kg), la seconde Ste Vierge (1465 kg) et la troisième St Joseph (1020 kg) ; elles furent toutes trois bénies par Mgr Heintz évêque de Metz.

Les vitraux

La nef actuelle agrandie en 1850 comporte 10 grandes baies vitrées ornées de vitraux plusieurs fois renouvelés depuis 100 ans. Les derniers avant la récente rénovation, proviennent de la maison des frères Ott de Strasbourg .

Le chemin de croix

Le 7 Février 1853 le Curé Richert avait disposé 14 tableaux, peints à l’huile sur toile, sur les murs latéraux de la nef. Ceux-ci provenaient de MM Vagner et Chevreux de Metz. Par ailleurs le 15 Avril 1857 M. Max Utzschneider offrit un grand tableau représentant St Denis et la descente de la croix. Celui – ci fut placé sur le coté droit en face de la chaire à prêcher.

En 1935, l’ensemble du chemin de croix fut revu, les anciens tableaux étaient remplacés par des petits sculptés, faits par Valentin Jaeg de Strasbourg et que l’on peut voir encore de nos jours.

LA GROTTE DE NOTRE DAME DE LOURDES (Par M. Léon ALTMEYER)

Historique: Nommé Curé de la Paroisse Saint Denis à Neunkirch le 10 Octobre 1958, l’Abbé Jean Fourny y réalisait une idée qui lui tenait à cœur : l’érection d’une « Grotte de Lourdes ».

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Pour ce faire il s’adressait à ses paroissiens en ces termes :

« Chers amis Dès mon arrivée, j’ai connu la filiale affection de mes chers paroissiens à Notre Dame. Un groupe d’hommes et de jeunes gens généreux et décidés sont prêts à bâtir bénévolement un monument, une grotte de Lourdes digne de Neunkirch… Que Dieu bénisse tous ceux qui aideront par leurs offrandes nos ouvriers bénévoles et courageux,… et permettront ainsi à notre population si sympathique de posséder au milieu de ses vergers l’image de Marie Immaculée ».

Les autorisations de construire accordées, les travaux démarraient rapidement sur un terrain accordé par don par Melle AST joséphine, parcelle de 0,93 are au lieudit « Rodenbitzchen » le 28 Juin 1960. Un comité des « Amis de Lourdes » fut créé ; Mr Joseph FABING, douanier en retraite en fut le 1er Président. Menés avec enthousiasme, amour et persévérance, les travaux avançaient rapidement et c’est le dimanche 11 Septembre 1960 en la solennité de la Fête de la Très Sainte Vierge Marie, devant une foule immense, qu’eut lieu la bénédiction rituelle. Monsieur le Chanoine DIETER, Curé archiprêtre de Sarreguemines, assisté de 11 prêtres, présidait la cérémonie et bénissait la statue de N.D. de Lourdes. La très nombreuse assistance écoutait dans un profond silence l’homélie de l’Abbé KIEFFER de la Paroisse du Sacré Cœur.

Parmi les nombreuses personnes qui contribuèrent quotidiennement aux travaux, nous mentionnons quelques noms :

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M. DERR Marcel, Maire du Village,
M. MINNERATH Alphonse, Chef d’entreprise,
M. BERNHADT François, infatigable et méritant constructeur,
MM. GOTTWALES Jules et GASSER Robert qui réalisèrent les travaux de ferronnerie.
L’entreprise DEMMERLE pour le transport du matériel.

Le matériel nécessaire à la construction fut trouvé ou extrait à Wittring, Bliesschweyen, Neunkirch et Rahling (ferme du Finkenhof). Le 28 Juillet le gros œuvre fut terminé. 

L’inauguration eut lieu le 11 Septembre 1960 moins de 3 mois après les débuts des travaux. « Œuvre exemplaire réalisée par des paroissiens enthousiastes, « « Notre Dame de Lourdes, Notre Dame de Chez Nous » est bien là comme un témoignage de notre foi en la grandeur ineffable de la Sainte Vierge et de notre amour indéfectible pour la Mère de Jésus - Christ et notre Mère du Ciel » (J.F. Jean Fourny). Retenons encore la présence de la musique municipale qui clôturait cette cérémonie au son de ses airs religieux et profanes. Les pompiers bénévoles assurèrent le service d’ordre et de sécurité.

LES CROIX DES CHAMPS

Au nombre de 13, elles sont presque toutes aujourd’hui situées à l’intérieur de l’agglomération. Quatre d’entre elles se situent près de l’église de Neunkirch.

La croix de la Ste Trinité
Datant du XIV ième siècle, elle est l’une des plus ancienne de notre proche région. Il s’agit d’une sculpture sur un bloc de grès rouge des Vosges mesurant 1,75 m de haut sur 0,80 m de large. Elle se trouvait au fond de notre église dans la chapelle baptismale.

La croix de la rue du Maréchal Foch
Datant du début du XVIII ième siècle ( 1716), elle est située à 20 m du carrefour avec la rue du Champs de Mars. Selon nos voisins Allemands du Palatinat elle serait du genre « Lothringer Kreuz ».

La croix de la rue de Folpersviller Aussi en grès des Vosges, elle se trouve dans une haie de troènes au n°2 de la rue de Folpersviller. Elle date de 1809, et a été déplacée en 1900 alors qu’elle se trouvait sur la coté droit du carrefour. A l’époque, les champs qui se trouvaient au-delà ont été nommés « Oben am Kreuz ».

La croix St Wendelin Elle est adossée côté gauche à la hauteur du n°10 de la rue de Bitche, elle date des années 1750.

La croix St Wendelin (St Denis) D’une hauteur exceptionnelle (5 m), elle est située à l’extérieur de l’église au côté droit de la nef. Elle date elle aussi du XVIII ième siècle (1750) et serait d’un style « Lothringer Kreuz » plus évolué. En 1938 elle se trouvait côté droit de la porte d’entrée mais elle a été déplacée par M. l’Abbé Wagner vers son emplacement actuel.

La croix du « Kritzgarten » ou « Paxekritz » Datant de 1805, figurant 2 haut-reliefs de St Jean et de Marie, initialement située sur l’emprise du n°57 rue de Deux-Ponts, elle a été transférée en 1905 dans un des champs de la rue de Folpersviller. En 1969 elle subit un nouveau déplacement un peu plus en retrait du fait de l’aménagement du carrefour.

La croix Ste Catherine Datant de 1828, elle est située du côté droit de la rue des Romains, à l’est de l’ancienne place communale, en bordure de la ruelle qui permet de rejoindre la rue de Ruffec.

La croix de St Jean ( StJohann ou Saker Han)
C’est la croix qui se trouve à l’intersection de plusieurs rues et notamment les rues des Romains, Gräfinthal et St Jean (totenweg ou Dolleweg). Ce Calvaire a été réalisé en 1843, restauré en 1945.

Les croix du « choléra » Témoignage de l’esprit de pénitence de nos anciens en période de calamité, les 3 croix en bois ont été érigées.

« S’ Helzene Kriz » rue de Gräfinthal, Entourée de 2 marronniers, agrémentée d’un banc, elle se situe au bout de la rue de Gräfinthal sur le côté gauche. Elle date de 1854, année où sévissait une forte épidémie de choléra dans la commune

La croix en bois rue de Bitche Elle porte la date de 1865, elle aussi année difficile, le choléra affectait la commune à nouveau. Naguère adossée plus de 100 ans à l’ancienne maison du berger, embranchement de la rue de Sarreinsming, elle est aujourd’hui placée en face de l’entrée du cimetière dans le jardin de M. Altmeyer.

La croix en bois rue du Maréchal Foch Située à l’emplacement appelé le « Brunnegässel » elle daterait des environs de 1862.

La croix de mission de 1865
Erigée en souvenir d’une mission intérieure cette croix se trouvait sur le côté gauche de l’entrée de l’église. En 1938 elle fut déplacée sur coté gauche de la nef, son emplacement actuel.

La croix du « garde-chasse » de N. Beckerich Datant de 1874, elle est située près de la maison Bickel, sur le côté gauche de la route de Sarreinsming

La croix « Mosser » ou « Biswi’s Kriz » Près du dépôt de matériel de la commune, route de Bitche, se trouve une croix de style moderne qui date de 1929 et réalisée par Jean Mosser.

La croix « Jung » Cette croix de granit noir, érigée en 1966, est située sur la route de Bitche à hauteur de la sortie de Cora

La croix du « Chœur » Le Christ en croix dans le cœur de l’église sort des ateliers de sculpture de Valentin Jaeg à Strasbourg. Donation de Mme Pax-Necesson, Il fut placé entre la 4ième et 5ième chaire à prêcher en 1938 par l’Abbé Wagner. En 1968 l’Abbé Fourny donna à la croix la place liturgique qui lui revenait au dessus du Maître – autel.

La croix « de Mgr Georger » Mgr Georger, évêque d’Oran, fit don à l’église de la croix qui se situe aujourd’hui au dessus de la porte latérale droite. Cette croix provient du diocèse d’Oran en Algérie où elle avait été amenée par des colons espagnols au début du XXième siècle. Cette croix parvenue jusqu’à nous, en pièces détachées et partiellement détériorée, fit l’objet d’une restauration dans les ateliers spécialisés de Strasbourg. La commission des arts religieux lui accorde une grande valeur artistique.

LES PROCESSIONS (Par Marie – Odile D.)

Jusque dans les années 1970, la pratique religieuse se manifestait par la réalisation de plusieurs processions dans les rues du village.

La Procession à l’occasion des « Rogations » :

Celle – ci se déroulait lors de la 6ième semaine après Pâques, les lundi, mardi, mercredi matin précédent le jeudi de l’Ascension. Tôt le matin, à 6h15, avant la messe de 7h00, le cortège s’ébranlait vers les champs : les enfants de chœur portaient la croix, suivis par les enfants du village, puis par le curé et les fidèles. Chaque jour, ils empruntaient un autre chemin (rues de Ruffec, de Graefintal, de Folpersviller) en psalmodiant la litanie des Saints. Le prêtre bénissait alors les champs en chantant « Ut fructus terrae dare et conservare digneris … » (daignez nous donner les fruits de la terre et les conserver….), et les fidèles de répondre « Te roganus audi nos » (Nous vous en supplions, écoutez nous).

La Procession de la « Fête Dieu » : 

C’était une grande fête très solennelle et très colorée qui se déroulait tous les ans quinze jours après l’Ascension. Le cortège descendait la rue Foch puis les rues du Général Leclerc, de l’Allmend, de Bitche, de Deux-Ponts, et enfin la rue des Romains jusqu’à la croix Pour l’occasion, on couvrait la route d’herbe fraîchement coupée, on installait dans les rues des reposoirs (petits autels) recouverts de nappes blanches et décorés de branchages, de bouquets de fleurs champêtres, iris, pivoines , marguerites. Chaque foyer décorait ses façades et jardinières de petits drapeaux jaunes et blancs. Le cortège était précédé par la fanfare de Neunkirch et par le suisse : sorte de gardien de l’église en uniforme coiffé d’un bicorne et portant une canne à pommeau et une hallebarde. Suivaient les pompiers qui portaient le dais qui abritait le prêtre et le Saint Sacrement (hostie consacrée placée dans un ostensoir en or). Tout le monde était endimanché, les garçons en costume de communion, les hommes en chemise blanche et cravate, les femmes portaient des chapeaux et les petites filles en robe blanche, portaient des petits paniers en osier attachés autour du cou par des rubans remplis de pétales de pivoines. Lors du passage du Saint Sacrement, à chaque station, les enfants jetaient des pétales de fleurs sur la route, les gens s’agenouillaient puis s’inclinaient en fermant les yeux. Le prêtre posait alors l’ostensoir sur le reposoir et tout le monde, à genou, chantait en latin « o salutaris, tantum ergosacramentum » pendant que le suisse s’inclinait et croisait la canne et la hallebarde jusqu’à terre.

La procession de l’assomption

Encore d’actualité de nos jours, cette procession qui célèbre le culte marial, se pratique le 15 Août, fête de l’Assomption de la Vierge Marie. C’est une retraite aux flambeaux qui s’effectue de l’église jusqu’à la grotte de Lourdes via la rue des Romains. On chante les hymnes à Marie notamment l’ « Ave Maria » et « Chez nous soyez Reine ». La procession se termine par le chapelet à la grotte.


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