Conférences
/ Le problème des sans papiers
Cette soirée introduite par Conrad Mohr, citant les
versets bibliques sur les devoirs vis
à vis de l’étranger, se
déroulait au Casino des
Faïenceries.
M. Melic présenta l’auteur , ainsi que
la CIMADE au sein de laquelle
Michel Wenckel oeuvra de 1987 à 2006 . Cet organisme
crée en 1939 par les
églises protestantes s’occupa au départ
du problème des personnes déplacées au
sud de la France. Pendant
la guerre elle entrait en résistance contre
l’occupant.
A la sortie de la guerre la CIMADE devint un service
d’aide aux réfugiés. Elle remplit
aujourd’hui encore ce rôle en tant que
médiateur entre l’Etat et les
réfugiés. Elle entre tout à fait dans
le champ de
la diaconie et institutionnellement s’adosse aux
églises protestantes.
Conférence de Michel Wenckel :
Michel Wenckel parla peu en vérité de
son livre qu’il
situait entre la réalité et le roman. Pour faire
comprendre la situation et le
vécu des personnes sans papiers , il a
préféré inventer un
personnage avec sa famille qui vit cette situation , de
cette manière il pouvait aussi décrire les
états d’âme ressentis par le
héros
de ce livre mais fort de son expérience de 19 ans
à la Cimade il pense ne pas avoir
manqué le clou.
Pour
en revenir à la
conférence proprement dite il invita son public à
prendre
du recul et à gagner de la précision
car dans ce
domaine comme dans d’autres la tendance est de tout
mélanger, nous même parfois
mais aussi les médias , les commentaires et même
les
hommes politiques.
Les situations et les
réalités sont très complexes mais il
faut savoir mettre un contenu précis
derrière les mots.
L’immigration se situe
aujourd’hui sur 3 niveaux différents.
Il existe une immigration
légale. Ce sont les étrangers que l’on
accueille librement et donc affirmer que
les frontières sont fermées est une
absurdité.
Le second niveau est le
réfugié politique qui demande l’asile,
c’est quelqu’un qui ne veut pas quitter
son pays mais y est obligé.
La
troisième catégorie englobe les
étrangers en
situation irrégulière «sans
papiers »
La France a eu et aura toujours une politique d’immigration.
Lorsqu’un homme politique parle
d’immigration zéro cela frappe les esprits, mais
en réalité c’est une
annonce démagogique. De la même façon
dire que les frontières sont totalement
ouvertes et que l’on accueille tout le monde est aussi une
absurdité.
Entre ces deux extrêmes on
peut trouver ce que Michel Weckel appelle un consensus
républicain qui droite,
gauche ou centre ne varie guère.
Cette immigration légale se soumet
à la loi sur le séjour des étrangers
en France. Cette loi définit les critères et les
modalités , elle trace des
voies qui permettent l’entrée
légale .
Le regroupement familial en
est une sous condition de revenus, de logement etc..
L’installation de commerce
en est une autre . Le fait de faire des études en est une
autre et enfin celle
qu’on nomme la vie privée familiale qui englobe
les mariages et les soins
médicaux .
Par ces canaux différents la France accueille
entre 150000et 200000 étrangers nouveaux par
an . Donc parler de France forteresse et bien une bêtise
Ces étrangers obtiennent
donc un permis de séjour mais se trouvent bien sûr
comme tous les autres
habitants confrontés aux problèmes de recherche
de travail , de logement.
Evidemment lorsque les conditions
économiques se dégradent , ces facteurs se
résolvent avec plus de difficulté.
Dans
ce chiffre global de 200000 on compte entre 5000et 10000
réfugiés politiques .
Ceux ci dépendent non pas de
la loi française mais s’appuient sur la convention
de Genève, texte
international signé par la France , donc
applicable en France et basé sur les droits de
l’Homme. L’asile politique est
accordé à celui qui craint avec raison
pour son intégrité.
La demande d’asile se dépose
auprès de l’OFPRA qui ensuite juge du bien
fondé de la demande.
L’OFPRA ne dépend pas du
ministère de l’Intérieur qui est en
charge de la régulation des flux
migratoires mais du ministère des
Affaires étrangères.
Le
délai des réponses qui
dans les années 80/90
s’estimait entre 6
et 8 ans tourne
actuellement autour d’un an et
demi. Les
personnes déboutées par
l’OFPRA bien
sûr devraient quitter le pays mais on se
doute bien qu’ils ne le feront pas et
donc deviennent ceux qu’on nomme « sans
papier »
Combien sont –ils ?
200000 dit le chiffre officiel, B. Kouchner dans le Monde
dernièrement
affirmait 500000. En tout cas il faut remarquer que les chiffres ne
baissent
pas et que cela ne se présente pas comme un
phénomène uniquement français , il
touche tous les pays développés en Europe comme
en Amérique.
Ce problème se pose aux
associations , aux travailleurs sociaux mais aussi aux politiques qui
doivent
gérer ces flux de personnes. Bien sûr la
Bible nous place sur le
registre des valeurs mais définir une politique migratoire
fait partie d’un autre
registre .
Afin de ne pas être trop
long je vous communique ce qui s’est dit
au sujet : Arrêt de reconduite
à la
frontière : en chiffre 25000 pour 400000 cas Il est
prononcé par le
préfet , exécuté par la police et la
gendarmerie.
Les enfants mineurs ne
peuvent pas être reconduits et donc seraient susceptibles de
placement
DASS ; le cas ne s’est pas
présenté jusque là. Les effectifs de
sécurité
en général n’aiment pas faire ce
travail à la limite de la morale.
On n’a pas de suivi des
personnes reconduites
Les pays sûrs : cette notion s’appuie sur
une idée généreuse qui pense
qu’un
pays comme une personne peut changer. Par exemple aujourd’hui
la Roumanie est un pays sûr
alors qu’il y a une vingtaine
d’années sous Ceausescu ce
n’était pas le cas.
Ce critère permet de faire
le tri parmi les demandes auprès de l’OFPRA.
Autre critère qui doit aider
les fonctionnaires à rendre une décision
juste : le demandeur doit amener
les preuves qui font de lui un réfugié politique.
Cela pose parfois des
problèmes mais il existe toujours la parole du demandeur.
Mais c’est vrai que la tâche
se complexifie, comment faire la différence entre un
réfugié politique et un
réfugié économique ?
Les
centres de rétention : créés
en 1984 suite
à une bavure à Marseille
ils reçoivent pour une durée 1 mois les
étrangers
en situation irrégulière. La Cimade y est
présente
et
fournit une aide ou des conseils aux personnes détenues,
tout en
gardant un
regard critique quant au processus d’expulsion.