Conférences
/ L'idée du Pélerinage dans les grandes religions
Se sont retrouvés au casino des
Faïenceries en compagnie de Jean Marie Meyer
archiprêtre, Pierre Männlein
pasteur, Victor Scheidt responsable diocésain des
pèlerinages, Claude Fima
rabbin, Hassan El Yagoubi imam de la communauté marocaine,et
michel
Guerrier pasteur pour parler des lieux
de pèlerinages dans nos religions respectives.
Claude Fima entre dans le vif du sujet en indiquant que la
notion de pèlerinage fixée par la Torah
possède trois dimensions qui s’inscrivent dans la
vie
du croyant.
La première est
le
temple de Jérusalem, auquel un juif se rend
trois fois par an.
La seconde est le pèlerinage sur
le lieu de sépulture
des
parents et sages .
La troisième
une
visite au rabbin trois fois par an.
Le pèlerinage se caractérise par
l’approche de l’évolution
humaine dans une relation à Dieu. Dans le service de Dieu,
la visite au Temple
permet de redécouvrir une dimension de la Torah.
L’éloignement prend alors une vraie valeur
car le fait de vivre en proximité trop grande peut conduire
à une
incompréhension. L’habitude est l’ennemi
public numéro 1. le glissement de
l’habitude vers le droit est très facile. La
proximité du Temple, la trop
grande familiarisation conduit alors à une attitude
hautaine.
L’offrande révèle une approche mais pas
un contact. On
découvre Dieu mais on ne vit pas Dieu. L’offrande
est une démarche qui crée
dans mon esprit une approche de mon créateur.
La seconde forme de pèlerinage sur la tombe renferme une
dimension plus affective qui mène au souvenir, mais aussi
à la fidélité à un
enseignement. Cette forme restaure un lien qui a
été rompu.
La
troisième forme montre le chemin, ce qui compte le plus
est cet enseignement de vie, et nous sommes là loin de
l’image d’un
judaïsmedépassé. Et pour
éclairer mon sujet je m’appuierai sur
l’histoire du
bris des
tables de la Loi. Lorsque
Moïse redescend de la montagne et constate
l’attitude du
peuple il brise les
tables et ensuite en demande d’autres au Seigneur. Que sont
devenues ces tables
brisées ? On raconte que longtemps il exista deux
arches
qui marchaient en
tête du peuple , dans l’une les tables
brisées et
dans l’autre les nouvelles .
Les sages expliquent que même brisées ces tables
ont droit
à notre respect n’en
est il pas de même dans ce que nous vivons.?
Hassan El Yagoubi nous rappelle que le pèlerinage est un
voyage vers un lieu de dévotion. Pour nos frères
musulmans ils y en a trois essentiellement
La Mecque,Médine et Jérusalem.
Le premier à
La
Mecque comporte quatre
étapes :
la
sacralisation où le pèlerin exprime sa
volonté de
faire le pèlerinage, il quitte ses habits pour
revêtir une tunique blanche,
la gravitation autour de la pierre
noire , symbole de
la maison d’Abraham, le père des croyants, cette
gravitation symbolise aussi la
rotation de tous les éléments autour du
créateur,
le
parcours de Safa à Marwah en souvenir d’Agar et de
son fils Ismael chassé par Abraham dans le désert,
la station
d’Arafat en mémoire du
sacrifice d’Issac et
la lapidation de Satan qui introduisit le doute dans l’esprit
d’Abraham.
Ce pèlerinage est le cinquième pilier de
l’islam et
représente une obligation au moins une fois dans sa vie pour
tout musulman,
majeur,et qui a les moyens de le réaliser. La Mecque est
déclarée ville sainte car le Coran y
fut révélé au prophète et
c’est aussi le point de départ de son ascension.
Médine second
lieu car lieu de refuge du prophète, lieu
d’achèvement de la
révélation renferme son tombeau.
Jérusalem
vient ensuite car endroit d’escale du prophète
lors de son ascension, et première direction pour la
prière des musulmans.
L’orientation vers La Mecque
ne vint que dans la deuxième année de
l’Hégire càd 15 ans après.


Pour nos
frères protestants,
représentés à la tribune par
les pasteurs Männlein et Guerrier le pèlerinage trouve
ses appuis dans la
Bible :
Genèse 47v8/9
Pharaon dit à
Jacob : Quel est le
nombre de jours des années de ta vie?
Jacob
répondit à Pharaon: Les jours des
années de mon pèlerinage sont de cent trente
ans. Les jours des années de ma vie ont
été peu nombreux et mauvais, et ils
n'ont point atteint les jours des années de la vie de mes
pères durant leur
pèlerinage.
Et
dans l’épître aux Hébreux 11
v13
C'est dans la foi qu'ils
sont
tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont
vues et
saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient
étrangers et voyageurs sur laterre.
Toute notre vie chrétienne nous fait
pérégriner vers la
patrie céleste, nous devons être comme le Christ
et grandir en spiritualité.
Cela explique l’absence de lieux de dévotion, de
lieux consacrés.
Bien sûr il y des
lieux de mémoire, de souvenir. Ces endroits sont pour nous
des lieux et des
temps de reconstruction, des rappels de la
fidélité de Dieu, une reconnaissance
de la confiance en ses promesses.
Nous avons aussi les lieux de naissance et
d’activité des
grands du protestantisme, Calvin, Luther,Martin Luther King, A.
Schweitzer Ces
visites sont des temps de resourcement pour une marche dans
l’amour de Dieu et
de son prochain.
Michel
Guerrier fort de son expérience complète ces
réflexions par quelques
remarques.
Accompagnons
parfois les monuments d’une prière,
d’une
parole d’évangile.
Découvrons
nos racines mais aussi celles des autres
auxquels nous sommes liés par l’histoire et le
temps, réapproprions nous
l’histoire de l’autre en prenant aussi en compte le
côté sombre de nos
histoires, le voyage du croyant, nous fait aussi pleurer.
La ruine symbolise aussi notre
faiblesse, nos blessures.
laissons
le paysage parler par lui même.
Importance du voyage qui est partage, rencontre, élargissons
nos coeurs
laissons nous mettre en émotion et en mouvement
Victor Scheidt
responsable diocésain inscrit le
pèlerinage
dans une démarche de foi et s’appuie sur quatre
verbes : partir – cheminer
– demeurer – repartir.
Partir comme
le premier pèlerin Abraham mais non fuir ou
s’échapper, actuellement sur le diocèse
il s’agit de quelques deux milles
personnes qui se mettent en route annuellement.
Partir c’est aussi préparer quelque chose de
nouveau, affronter
l’inconnu, pour se retrouver ou retrouver Dieu.
Cheminer ,
aller à la rencontre et se contenter de
l’essentiel. Bien sur il peut y avoir le temps de la
nostalgie, la tentation du
retour en arrière mais c’est aussi le temps de la
visitation, d’échanges de
points de vues, il faut lier la visite des bâtiments avec des
personnes.
Demeurer comme
Dieu établi parmi les hommes, nous rompons
avec le temps pour écouter la Parole, vivre de la
Parole et suivre le Christ.
Les témoins nous montre la voie du Christ. Durant un
pèlerinage on évoque la
grande histoire du salut mais aussi on invoque.
Repartir
enfin avec ce que l’on a reçu. Il faut redescendre
de la montagne , retrouver la réalité
dont la lecture a été changé par notre
changement. Il s’agit de retourner dans
mon groupe avec plus de conviction pour alimenter la lampe de mon
esprit. Aller
en Galilée c’est entrer en mission avec le Christ.