Conférences
/ Etre chrétien
aujourd’hui
Enseignement
donné par Monseigneur Pierre Raffin
Qu’est- ce
qu’un chrétien ?
C’est un croyant, donc quelqu’un qui a la foi,
cela est d’ailleurs la première question que
l’Eglise pose au
catéchumène « Que
demandez – vous ? la foi . Pourquoi ? -
pour avoir la vie éternelle.
D’ailleurs
on retrouve chez Paul cette même affirmation
« je sais en qui j’ai mis la
foi.. »
Alors
la foi ? est une adhésion
personnelle à Dieu , un assentiment libre et intelligent que
Dieu a révélé et
qui a pris visage humain en Jésus.
Croire
à Dieu est lié à croire à
son fils qui nous le fait connaître. Et enfin on ne
peut pas croire sans croire à l’Esprit Saint.
Jésus
personnage historique est bien différent de
Jésus, seigneur de nos vies.
Quelles sont les caractéristiques de la
foi ?
Elle
est don de Dieu, elle est une vertu surnaturelle infusée par
Dieu. Nul ne peut
la donner. On peut préparer le terrain mais on ne
peut pas contraindre à la foi.
Croire est un acte authentiquement humain,
l’homme collabore volontairement et librement.
Ce
qui me pousse à cet acte de croire n’est pas
seulement une déduction
rationnelle mais une action de Dieu.
L’Esprit Saint me révèle des signes
certains , des motifs de crédibilité mais
ce ne sont pas les preuves qui me font
croire mais bien l’autorité de Dieu.
La
foi cherche à comprendre. Elle est en recherche
d’intelligence. Le désir de
mieux connaître grandit la foi. Une foi plus grande
s’embrase d’amour et c’est
l’Esprit Saint qui rend la foi plus grande.
Foi
et Raison ? Il n’y a pas de vrai
désaccord entre les deux. Dieu ne peut se
nier lui-même. Les deux notions
s’épaulent l’une l’autre. Jean
Paul II les
compare à deux ailes qui soutiennent le vol. Alors
n’ayons pas peur de faire
travailler notre raison par peur de déstabiliser notre foi
La
liberté de la foi. Volontaire et libre personne ne doit
être contraint. Dans ce
domaine l’Eglise il faut le reconnaître
n’a pas toujours été impeccable .Je ne
pense pas seulement
à la contrainte brutale et
délibérée mais il existe une
contrainte plus perverse
surtout liée à l’avantage
d’un statut social plus haut.
La
foi est nécessaire pour avoir le salut ;
c’est la voie normale mais tout
homme qui suit sa conscience, par la miséricorde de Dieu
peut atteindre le
salut.
La
foi peut se perdre, elle s’étiole si nous ne la
nourrissons pas par la Parole et les sacrements.
Je m’inscris en faux lorsqu’on dit
« je suis croyant mais non
pratiquant » c’est un sophisme
d’affirmer
cela. Mais il faut aussi prendre conscience que Dieu agit et pourvoit
lorsque
la situation n’est plus normale.
La foi
est le début de la vie éternelle, sa joie et sa
lumière sont béatifiques.
Nous croyons
On
ne peut pas croire seul. Nul ne s’est donné la foi
comme personne ne se donne
la vie.
Chacun est un maillon. Lorsque je dis « je
crois » je porte la foi
des autres et je suis porté par celle des autres et de toute
l’Eglise. Par
conséquent l’Eglise nous porte, elle devient donc
notre mère et éducatrice de
notre foi.
Référons nous maintenant au comment la vivre et
pour cela il faut se reporter à
la première Eglise qui est la
référence pour l’Eglise de tous les
temps. Les
textes fondateurs sont les textes des Actes des Apôtres.
Chapitre
2 versets 42 à 47
Ils
persévéraient dans l'enseignement des
apôtres, dans la communion fraternelle,
dans la fraction du pain, et dans les prières.
La
crainte s'emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et
de
miracles par les apôtres.
Tous
ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et
ils avaient tout en commun.
Ils
vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils
en partageaient le produit
entre tous, selon les besoins de chacun.
Ils
étaient chaque jour tous ensembles assidus au temple, ils
rompaient le pain
dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et
simplicité de
coeur,
louant
Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple.
Et le Seigneur ajoutait
chaque jour à l'Église ceux qui
étaient sauvés.
Chapitre
4 versets 32 à 35
La
multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un coeur et
qu'une âme. Nul ne
disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout
était commun entre
eux.
Les
apôtres rendaient avec beaucoup de force
témoignage de la résurrection du
Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur
eux tous.
Car
il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui
possédaient des champs ou
des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient
vendu,
et
le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on
faisait des distributions à chacun
selon qu'il en avait besoin.
Tous
les renouveaux qui ont eu lieu dans l’Eglise se sont
appuyés sur ces textes et
ils gardent encore toute leur actualité. Cette dimension
idéale dictée par
l’Esprit Saint aux premières
communautés « un seul coeur,
une seule
âme » donne une dimension essentielle et
fait souvent cruellement défaut
aujourd’hui. La communauté chrétienne
n’est pas une communauté de membres qui
se choisissent eux mêmes ; il n’y a pas de
cooptation. La mise en commun
des biens matériels et spirituels implique le partage comme
dimension de notre
vie chrétienne
Les axes de la vie communautaire
L’assiduité
à la communion fraternelle se
rappelle dans l’encyclique Lumen gentium
« .
..Tous
les fidèles donc sont invités - et même
tenus - à rechercher la sainteté et la
perfection
de leur état. A cette fin, qu'ils s'efforcent d'orienter
leurs tendances dans
la voie droite, de peur que l'usage des choses de ce monde et un
attachement
aux richesses contraire à l'esprit de la pauvreté
évangélique n'entravent chez
eux la poursuite de la charité
parfaite.... »
L’assiduité
à rompre le pain donc de
l’Eucharistie : geste
utilisé par Jésus Christ la veille de sa passion,
geste de reconnaissance des disciples d’Emmaüs et
des premières communautés
chrétiennes, élément constitutif de la
vie chrétienne ; se pose alors le
problème du nombre de prêtres et des formes de
suppléance comme les Adap.
L’assiduité
aux prières : il faut savoir
que les premiers disciple sont d’origine juive ,
qu’ils allaient au Temple pour
prier, la plupart du temps à la neuvième heure
càd en milieu d’après midi. De
là découle notre prière des Heures
(vêpres, complies, laudes)
Il
est regrettable que de nombreux chrétiens ne connaissent
plus que
l’Eucharistie. La liturgie des Heures peut nourrir la foi des
chrétiens.
La
mise en commun des biens matériels
en faveur des personnes dans le besoin et
l’organisation par les sept diacres
montre que la générosité fait partie
intégrante de la vie . Le chrétien se doit
d’être généreux envers autrui
et aussi au sein même de l’Eglise.
La
force du rayonnement trouve sa force
dans la vie communautaire,la catéchèse rayonne de
la présence du Seigneur.
Proposer la foi à la
société actuelle.
Si
nous rappelons la lettre des évêques de
France de 1996 nous voyons que le texte n’a pas pris une
seule ride.
Face à la déprime, il s’agit
de dépasser la culpabilité ou les rêves
d’antan, de comprendre la situation des
catholiques qui s’inscrit dans un contexte plus large de
mutation sociale
rapide et d’une crise de transmission
généralisée.
Quelle mission pour
l’Eglise ?
a) elle se doit
d’être missionnaire, elle passe de
l’héritage à la proposition. Comme le
dit un de nos pères de l’Eglise
Tertullien, on ne naît pas chrétien on le devient.
Nous devons retrouver le
geste simple de l’évangélisation.
Introduire et conduire à l’initiation, avoir
une pastorale de l’accueil mais aussi proposer la vie
chrétienne et ses
valeurs, par la catéchèse aller au coeur
même de la foi
b) avoir l’amour de
l’évangile qui est Bonne
Nouvelle : annoncer, proclamer
être présent au monde par la diaconie ,
être au
service de l’humanité
prier et célébrer
c ) se laisser surprendre par Dieu et par
les exemples des saints et saintes.