Communauté de paroisses

Saints Pierre et Paul

coup de coeur d'ailleurs  > félicitations mon père

Cher père Tritz,

C'est pour nous tous à ERDA CE, une grande émotion de savoir qu'une nouvelle fois, l'Etat français reconnaît la dimension exemplaire de votre oeuvre et de votre parcours de vie, en vous nommant officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Un parcours qui a marqué et continue à marquer tous ceux qui vous connaissent. Comme ces autres grands serviteurs de Dieu, vous inspirez le respect et une sincère admiration. Vous êtes un homme de parole non pas en  "fin diseur" mais en " faiseur déterminé " pour venir en aide aux plus démunis, aux plus pauvres, ceux que vous appelez les maîtres de votre vie parce qu'ils vous invitent, dites-vous, à vivre l'Evangile au quotidien.

 

Vous incarnez la première des béatitudes : le choix volontaire de la condition de pauvre. Ainsi vous faites votre tous les jours, la recommandation de St Paul « Lors donc que nous avons nourriture et vêtements, sachons être satisfaits.» Cette pauvreté pour vous est d’abord refus déterminé de la misère et l’indigence qui détruit la dignité humaine aussi sûrement que la course folle vers une accumulation sans frein d’argent et de pouvoir. A votre contact, à travers votre œuvre, nous avons appris et nous apprenons encore à faire la différence qui  sépare la pauvreté de la misère. Distinction essentielle car la confusion entre ces deux concepts dégrade l’idéal chrétien de pauvreté, ce juste milieu entre l’excès de richesse et cet excès de pauvreté qu’est la misère..

 

« Heureux, vous les pauvres,… » Ainsi s’ouvre la première des béatitudes ! Ne commande-t-elle pas l’accès à toutes les autres ? En effet, comment rester doux quand on s’engage, corps et âme, dans d’âpres compétitions  pour s’enrichir encore et encore ? Vous avez su toujours accueillir chacun avec un sourire lumineux ou espiègle qui apaise et réconcilie.

Comment rester miséricordieux quand l’autre n’est plus un prochain, un frère mais un concurrent à supplanter, un adversaire à vaincre, un ennemi à abattre ?  « Que le meilleur gagne ! » Combien de fois n’avons-nous pas entendu cette recommandation qui semble devenir la règle et l’unique mode d’emploi pour tisser les relations sociales ? Et nous l’avons tellement intériorisée qu’elle dicte trop souvent nos comportements ordinaires et nos attitudes. Et vous avez su franchir toutes les barrières pour gagner les cœurs à cette miséricorde et former cette belle équipe qui poursuit et amplifie votre oeuvre !

Comment devenir artisans de paix quand l’économie, aujourd’hui souveraine référence, est présentée, illustrée voire magnifiée comme un champ de bataille ! Un champ de bataille qui embrase la société tout entière ! Pour un gagnant combien de perdants ? Gagnant éphémère, gagnant vite amer car devant lui déjà se dressent de nouveaux concurrents, un nouvel adversaire qui sont autant de vains défis ! L’idolâtrie de l’enrichissement perpétuel et sans limite mènera notre société à la ruine par épuisement de notre environnement  et par tarissement des énergies spirituelles, si par notre foi nous ne sommes pas capables de crier  halte à cette dérive qui bafoue les vertus chrétiennes. Heureusement vous apprenez aux enfants égarés dans la misère  à aimer

la vie, à construire une vie meilleure dans la fraternité et la coopération jetant des ponts par-dessus les océans pour être artisan de paix dans notre monde déchiré.

Comment garder le « cœur pur » quand nous sommes en proie aux envies de richesses ? Ces envies suscitant jalousies, rivalités, conflits, désorganisent la société, en légitimant la violence faite à l’Autre, image de Dieu. Dans nos prières ne demandons à Dieu que « le nécessaire » dont parlait St Thomas d’Aquin,  ce « pain quotidien » et demandons-le fraternellement pour l’ensemble de la communauté humaine. « Notre Père…donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. »

Vous citant Don Helder Camara, vous nous avez appris, que « Dieu n’a pas d’autres mains que les nôtres ».  Une autre façon de rappeler la forte devise de Saint Ignace de Loyola  qui a éclairé votre route: « Prie Dieu comme si la réussite ne dépendait que de lui et agis comme si elle ne dépendait que de toi. » A chacune de nos rencontres, à chacune de vos conférences vous nous invitiez à l’action pour que « soit faite Sa Volonté sur la terre. » 

Vous gardez la modestie des humbles au service des hommes car vous savez que Dieu fait appel à nous tous.  « Je ne peux pas aider le monde entier mais aider au maximum. Alors tant que je peux me dire : aujourd’hui j’ai tout de même pu aider quelqu’un, il n’y a pas de raison de se décourager. » Et vous nous entraînez à votre suite pour participer à l’œuvre de Dieu en répondant aussi à son appel.

 

Et c’est dans l’action que nous nous sommes associés à votre prière  : « Quand vous travaillez pour un autre d’une manière désintéressée, c’est une prière et c’est même la plus belle qui soit. » 

Et nombreux sont-ils aujourd’hui à répondre à  votre appel à travers l’Europe et le Monde et ici à ERDA CE. Ils me chargent de vous transmettre leurs félicitations pour cette nomination qui honore toutes celles et tous ceux qui soutiennent avec fidélité et reconnaissance votre œuvre.

Recevez particulièrement les félicitations :

1        de Monsieur Céleste Lett, le député-maire de Sarreguemines qui soutient fortement votre œuvre en aidant ERDA CE

2        de Monsieur Gérard Lorang, le fondateur de « Noël en Partage » qui depuis 14 ans, année après année, contribue de manière importante au financement des programmes soutenus par ERDA CE

3        de Monsieur Robert CONRAUD, l’actuel Président d’Aidons les Enfants du Monde » qui a pris la relève de Monsieur Lorang et poursuit le magnifique engagement de Noël en Partage

 

 

 

Mon Père votre exemple nous inspire et nous soutient dans les moments de découragements. Le  seul modèle que nous devons tous envier non dans la rivalité mais dans l’imitation créatrice est le vôtre :  se  mettre vie au service des plus démunis. « Le Christ, dites-vous dans « Les anti-trottoirs de Manille », s’est avancé vers moi à travers les enfants des rues, à travers les lépreux. Il m’a appris à le reconnaître et à l’aimer dans la vérité » A d’acceptez comme vous de servir sa Cause quand Il invite par sa Parole à nous mettre au service des plus humbles : « C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Mt 20-28)

 

« Que se lève parmi nous un champion de la pauvreté et nous le suivons parce que nous l’aimons. Et nous l’aimons parce que seul son geste est humain. »  Vous faites assurément partie de ces champions

 

Camille Gubelmann